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Des détournements d’affiches publicitaires pour critiquer la COP21

Agathe Lautréamont 30 novembre 2015

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Un collectif d’artistes baptisé Brandalism a décidé de dénoncer de façon originale la tenue à Paris de la COP21, en détournant les codes traditionnels de la publicité. Résultat ? Des affiches percutantes et grinçantes…

voiture du peuple© Collectif Brandalism

 

Qui accorde encore une once d’attention à ces affiches publicitaires qui jalonnent notre quotidien, nos déplacements citadins, nos trajets de tous les jours, nous dictant comment consommer et quoi apprécier ? Aux arrêts de bus, les espaces alloués par JC Decaux sont envahis par ces publicités, vantant voitures, cosmétiques ou voyages de rêve. Mais ça, c’était avant que la Conférence sur le Climat ne devienne la dernière bête noire en date du collectif Brandalism, qui a décidé de dénoncer ce qu’il considère comme pure hypocrisie et vaste opération marketing visant à endormir les esprits au sujet d’un enjeu majeur des décennies à venir.

Sur leur site internet, ils se revendiquent comme « une révolte contre le mainmise des grandes entreprises sur notre sphère visuelle ». Actifs depuis 2012, ces artistes engagés cherchent à reprendre le contrôle des espaces alloués à la vente et au commerce par des opérations originales, laissant la part belle à l’humour, à la créativité et à l’engagement politique.

drown© Collectif Brandalism

 

En exemple, cette affiche en apparence banale pour une coccinelle cabriolet de la marque Wolkswagen, toujours au cœur d’un véritable ouragan médiatique suite à la révélation en septembre dernier de leur vaste système de fraude aux tests de pollution. Au lieu de nous vanter le dernier modèle de la gamme de la marque allemande, un slogan étrange : « Roulez plus propre, du moins en apparence », tandis que les fameuses-petites-lettres-en-bas-de-page-que-personne-ne-lit-jamais expliquent : « Nous avons omis de lever le voile sur nos émissions de CO2 parce que le réchauffement climatique ne fait pas partie de nos thématiques ».

Qui pourrait encore croire, en effet, qu’une multinationale tentaculaire comme Wolkswagen souhaite réellement s’engager durablement pour l’environnement en perdant de l’argent, tandis qu’un simple petit logiciel de truquage réglait le problème tout en leur assurant une image galvaudée de constructeur automobile propre ? Un peu plus loin, une autre affiche marquée du sigle du pétrolier Total, tandis qu’une phrase d’accroche en gros caractères blancs nous lance, méprisante : « Notre philosophie : vous n’avez pas besoin de savoir. »

total© Collectif Brandalism

 

Choquant ? L’objectif est bien évidemment de montrer du doigt ces multinationales qui vont venir parader sur les tapis rouges de la COP21 qui bat actuellement son plein au Bourget, tandis que leurs usines ne s’engagent pas durablement dans la lutte pour maintenir le réchauffement climatique en-dessous des deux degrés.

Du côté de JC Decaux, qui n’y a vu que du feu, on fait profil bas, tout en promettant que les affiches seraient retirées les unes après les autres dans les meilleurs délais. Il est en effet certain que François Hollande n’appréciera guère se voir brocardé de la sorte, dans une affiche lardée de banderoles « État d’urgence » tandis que s’étale sous lui une forêt tropicale dévastée.

Comment ces activistes à l’humour cinglant sont-ils parvenus à installer ces affiches ? Selon le collectif, il n’y a rien de plus enfantin que de trouver dans le commerce les clés ouvrant les panneaux estampillés JC Decaux. Les artistes se félicitent également de voir qu’en ce début de semaine, encore une petite centaine d’affiches n’ont pas été repérées par l’entreprise, et qu’elles continuent donc à alarmer les passants et citadins sur ce qu’ils considèrent comme une mascarade d’ampleur, devant se terminer fin décembre.

françois© Collectif Brandalism

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