Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_cercle_2 RENÉ MAGRITTE

21/09/2016 > 23/01/2017

Centre Pompidou - PARIS
expo_cercle_4 PICASSO – GIACOMETTI

04/10/2016 > 05/02/2017

Musée Picasso - PARIS

LA NEWSLETTER

Au Rijksmuseum, au lieu de prendre un selfie, dessinez !

Agathe Lautréamont 28 novembre 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Depuis le courant de l’année 2014, nombreuses sont les institutions muséales à travers le monde qui tentent de dissuader les visiteurs de prendre en photo les œuvres, en leur proposant des alternatives ludiques, plutôt que prôner l’interdiction pure et simple. Dernière illustration en date avec le Rijksmuseum.

Le Rijksmuseum © Ullstein – Bild-Getty Images

 

Dissuader plutôt qu’interdir

Musée le plus célèbre d’Amsterdam, le Rijksmuseum revendique fièrement un fonds de près d’un million d’œuvres, tandis que ses collections de peintures comptant un grand nombre de maîtres néerlandais (Vermeer, Rubens, Rembrandt…) attirent chaque année plus de deux millions de visiteurs (2 450 000 pour l’année 2014). Malheureusement, qui dit affluence, dit quelques désagréments naturellement posés par ce flux de touristes.

Et parmi eux, les fans de « selfie » qui n’hésitent pas à provoquer des embouteillages au niveau des œuvres les plus célèbres dans le but d’immortaliser leur visage souriant face à quelque peinture ou sculpture (en leur tournant ostensiblement le dos, donc). Ou plus simplement, les photographes peu scrupuleux, susceptibles de prendre un cliché au flash d’une peinture fragile. Et ce, malgré la forêt de pictogrammes et autres panneaux signalant de façon ostensible et récurrente cette proscription.

Si l’institution néerlandaise n’ose pas encore sauter le pas de l’interdiction franche et directe de prendre des clichés dans ses couloirs, comme cela se rencontre parfois dans certains musées, toujours est-il qu’elle a récemment orienté sa communication vers une tentative de dissuasion ; préférant enjoindre ses visiteurs à pratiquer un autre art que celui de la photographie : le dessin, une pratique largement encouragée par bon nombre de lieux de culture (à quelques exceptions près…). Selon le musée, rien de mieux en effet que de chercher à esquisser un croquis d’une toile qui attire particulièrement notre œil, plutôt que de la figer sur papier glacé.

Les collections du musée © Dean Mouhtaropoulos – Getty Images

 

Dessiner pour mieux regarder

La campagne lancée par l’institution muséale, appelée #startdrawing (paradoxe de faire usage d’un hashtag quand on demande aux visiteurs de ranger un peu leurs téléphones qui, de toute façon, prennent de mauvaises photos, quoi que pourra nous en dire Apple), est fondée sur l’idée de redonner envie aux curieux de découvrir les œuvres d’art qu’ils admirent autrement qu’à travers une photo souvenir, en les poussant à se mettre dans la peau d’un artiste, crayons et carnets de croquis en main.

Un encouragement idéal selon le musée pour amener les visiteurs à saisir une autre dimension de l’art et de sa très longue histoire. Et pour ce faire, le Rijksmuseum offrira même à ceux qui en feront la demande des petits calepins de papier blanc et des crayons gris, sans compter l’ouverture d’un atelier de dessin qui se tiendra tous les samedis.

Mais l’ire de la plupart des musées du monde concerne moins la prise de photographie que certains outils qui peuvent accompagner ces derniers. Si les trépieds ont toujours été désignés persona non grata (pour des raisons compréhensibles de place et de fluidité de la circulation dans les salles), l’objet des foudres plus récentes de la part de musée n’est autre que la fameuse perche à selfie, invention diabolique tout droit venue de Corée du Sud ; qui fut d’ailleurs le tout premier pays à chercher à légiférer sur son utilisation dans l’espace public suite à un engouement sans précédent de la part de la population.

Des touristes prenant un selfie © David Ramos – Getty Images

 

Après « Tous photographes », tous dessinateurs ?

Avançant l’argument selon lequel ces bras télescopiques peuvent être potentiellement dangereux pour les œuvres et les autres visiteurs, les musées cherchent peut-être aussi à ramener l’attention des badauds sur l’essentiel : les fonds des institutions.

Or, rien de plus délicat comme mission, dans un monde où les médias, les réseaux sociaux et les téléphones portables se sont solidement ancrés dans les mœurs, tandis que l’important a glissé du fait de visiter un musée à celui de montrer à qui voudra bien s’en soucier que l’on visite un musée. Pour que cette promenade culturelle ne devienne pas définitivement une balade passive et superficielle, le Rijksmuseum brandit ses crayons et ses feuilles blanches, dans une offre ludique et plutôt intelligente.

Sauf qu’il n’est pas certain que tout le monde voudra bien tenter l’aventure du croquis, la maîtrise du crayon à papier et du fusain n’étant pas donnée à tout le monde, tandis que la majorité des visiteurs a passé depuis belle lurette l’âge enfantin où dessiner une marguerite ou un bonhomme en fil de fer est encore une source de ravissement véritable et ingénu. Mais le musée néerlandais se montre encourageant, l’important selon lui n’étant pas tant le résultat final, mais bien le fait de prendre le temps d’observer l’œuvre.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE