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Spécial COP21 : Alberto Kalach, l’architecte qui veut rendre Mexico à ses lacs d’antan

Agathe Lautréamont 27 novembre 2015

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En amont de la conférence sur le climat (COP21) organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre, Exponaute vous propose une série consacrée aux projets artistiques et architecturaux liés à l’environnement. Aujourd’hui, un projet de lacs pour Mexico.

mexico 3Le projet © Alberto Kalach

 

Tout le travail de l’architecte mexicain Alberto Kalach est de redorer le blason des grandes villes de son pays, à commencer par Mexico, via des constructions harmonieuses et respectueuses de l’environnement. En témoigne son vaste projet de recréer des lacs sur le territoire de la capitale. Un défi qui ne verra cependant probablement jamais le jour…

Une des premières critiques lancée par Kalach au sujet de Mexico concerne ceux qui la gouvernent actuellement. Orientée à gauche sur l’échiquier politique, le créateur estime cependant que les travaux menés par la mairie de la capitale ne font que délaisser les zones les plus pauvres de la ville, pour concentrer tous leurs efforts et investissements dans les quartiers les plus aisés.

Illustration faite par le choix qui s’est porté sur un grand cabinet d’architecte britannique afin de construire le nouvel aéroport de la première ville du Mexique, encore une fois dans une région réputée de la capitale. Derrière ce choix, Kalach voit l’influence de Carlos Slim Helú, homme d’affaire mexicain et deuxième fortune mondiale selon le classement Forbes 2014.

mexico1Le projet © Alberto Kalach

 

Mais face à ces amères constatations, l’architecte ne perd pas espoir, et souhaite pouvoir un jour mener à bien son vaste projet de repenser entièrement la capitale du Mexique en lui rendant ses lacs et ses forêts originelles, pour offrir un cadre de vie bien meilleur à ses habitants tout en pensant une ville écoresponsable sur le long-terme.

Baptisé « La ville lacustre », le projet qui rêve de retrouver les anciens lacs qui s’étendaient à l’est de la ville, est un projet délibérément ancré dans les enjeux de demain. Kalach pense ainsi pouvoir limiter l’urbanisme effréné, aider au développement de la nature, et permettre un meilleur ruissellement naturel des eaux de pluie et des eaux souterraines vers les lacs qui pourraient ainsi recouvrir un espace de 10 000 hectares. Un retour aux sources donc, pour des zones lacustres qui étaient présentes depuis des millénaires, avant de se voir peu à peu asséchées par l’Homme au cours des derniers 500 ans.

Une eau mal gérée

Comme toute grande métropole, Mexico a connu un développement galopant de son urbanisme et de ses infrastructures, mais abandonnant comme souvent à sa périphérie des populations pauvres peinant souvent à accéder aux denrées de premières nécessités. Le plus gros enjeu pour la ville cependant, demeure l’eau, dont les apports sont terriblement mal gérés, selon l’architecte. La localisation de la capitale, en altitude et entourée de fleuves et autres bassins naturels, devrait cependant lui apporter suffisamment de cet élément indispensable à la vie, si seulement de réelles infrastructures étaient mises en place pour la collecter.

mexico 4L’architecte au travail © Alberto Kalach

 

Mais le projet rêvé par Alberto Kalach ne verra probablement jamais le jour, tant le gouvernement mexicain semble ne se soucier que d’un développement déraisonné et bitumé de sa capitale. L’idéalisme écologique de l’architecte ne fait manifestement pas partie de ses préoccupations. Pourtant, Mexico doit importer son eau, ce qui représente un gouffre financier ; alors que comme Kalach le souligne dans son projet, la ville reçoit naturellement de l’eau de ruissellement en quantité, qui pourrait lui permettre de subvenir aux besoins d’une population de 40 millions d’habitants. Aujourd’hui, la ville en compte 20 millions. Un non-sens aberrant, pour l’architecte.

Des forêts et des lacs contre le béton

Au cours des deux dernières décennies, plus d’un tiers des lacs Texcoco ont disparu, recouverts par du bitume, des immeubles ou des zones pavillonnaires. Cependant, ces espaces peuvent encore retrouver leur aspect d’origine, et le reste des lacs qui n’a pas encore été recouvert peut tout autant être sauvé.

Au lieu d’autoriser des plans de construction anarchiques et irraisonnés sur les espaces lacustres (ce qui représente un coût considérable du fait de la mauvaise qualité des sols qui doivent être renforcés), Kalach propose un élargissement raisonné de la capitale autour de l’eau, tout en recréant des espaces verts naturels partagés par tous les habitants de la ville, et qui impacterait en bien le climat et la qualité de l’air de la métropole. Reste à savoir si le vaste projet pourra voir le jour, ou demeurera éternellement à l’état d’utopie.

mexico 2Mexico aujourd’hui, et Mexico si le projet de Kalach voyait le jour © Alberto Kalach

 

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