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L’Arabie Saoudite détruit des sites archéologiques au Yémen

Agathe Lautréamont 27 novembre 2015

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Depuis le mois de mars 2015, l’Arabie Saoudite mène des raids armés contre le Yémen, pays de la péninsule arabique, afin de contrer l’avancée de rebelles chiites soutenus par l’Iran. Mais récemment, ce sont des sites archéologiques qui ont été détruits par les forces saoudiennes.

Vieille ville de Sanaa © UNESCOVieille ville de Sanaa © UNESCO

L’information a été révélée par l’Organisation générale des Antiquités et des Musées du Yémen, par la voix de son directeur Mohammad Al-Savani, et relayée par le site internet Fars News. Ce seraient ainsi vingt-trois sites patrimoniaux majeurs qui auraient été durement touchés par les bombes larguées par le royaume saoudien. On déplore ainsi des détériorations de sites situés dans la capitale yéménite de Sanaa, ou encore dans d’autres villes de ce pays pauvre classé 154e sur 187 pays à l’indice de développement humain de l’ONU (selon les chiffres 2014). Aden, Shadwa ou Marib déploreraient des destructions majeures.

Cités anciennes, musées, châteaux, mosquées, palais et quelques sites archéologiques auraient ainsi été victimes des agressions menées par Riyad, au prétexte de venir en aide au président du Yémen, Abd Rabbo Mansour Hadi, luttant contre l’avancée de troupes rebelles chiites vers Aden, deuxième ville du pays. Baptisée « Tempête décisive », l’opération militaire consiste en des frappes sur les positions des Houtis, miliciens chiites qui visent à destituer le gouvernement yéménite qui règne depuis plusieurs années dans ce pays partagé entre les deux branches de l’Islam (sunnite à 55 % et chiite à 45 %).

musee régional de Dhamar © Arabia AnticaMusée régional de Dhamar, avant sa destruction © Arabia Antica

 

Si les médias locaux se font le relais depuis plusieurs semaines des vagues de destructions perpétrées par Riyad, l’Occident en revanche n’entend parler que depuis très récemment de ces dégradations, occultées par les méfaits de l’organisation terroriste État Islamique depuis un an maintenant. Pourtant, Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO, avait bien lancé un appel à la prise de conscience en juin dernier, tandis qu’elle condamnait dans un communiqué les destructions de bâtiments historiques dans la vieille ville de Sanaa, classée sur la liste du Patrimoine mondial.

Malheureusement, circulaires officielles et gesticulations désespérées ne pourront pas rebâtir les maisons traditionnelles du quartier d’Al-Oasimi ou la cité antique de Ma’rib qui comptait un inestimable barrage bâti au VIIIe siècle avant J-C. En mai dernier, c’était le Musée Régional de Dhamar, bâti en 2002 et riche d’une importante collection d’antiquités (13 000 artefacts) et comprenant de précieuses œuvres d’art préislamiques, qui devait tomber en poussière suite aux attaques de l’Arabie Saoudite. Du côté de Riyad, on balaie d’un revers de la main ces accusations, niant fermement être responsable de ces destructions ; et pointant du doigt les rebelles Houtis.

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