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Jacques-Louis David, Marine Nationale, Lamartine… Quelques anecdotes sur le drapeau français

Agathe Lautréamont 27 novembre 2015

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En cette époque d’unité nationale et alors qu’en ce vendredi 27 novembre, le Président de la République appelle les Français à orner leurs fenêtres du drapeau de la nation, si nous revenions sur l’histoire de cet emblème ?

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Pourquoi les couleurs de Paris sont-elles le rouge et le bleu ?

Le choix des couleurs, on s’en doute, n’a pas été arrêté au hasard. Alors que la Révolution française n’en est encore qu’à ses premières heures, ces trois couleurs se sont trouvées réunies sous la forme ronde d’une cocarde. Revenons en juillet 1789, alors que la capitale est agitée d’événements sans précédents, mouvements populaires, scènes de liesses et de combats.

La prise de la Bastille n’a pas encore eu lieu que déjà une milice du peuple se constitue. Cousu sur le revers de leurs vestons, un signe distinctif reconnaissable entre tous : une cocarde composée des traditionnelles couleurs de Paris, le bleu et le rouge. Le bleu représente saint Martin, tandis que le rouge renvoie au martyr de saint Denis.

Pourquoi avoir ajouté du blanc ?

638px-Gilbert_du_Motier_Marquis_de_LafayetteJoseph Désiré-Court, Gilbert du Motier de La Fayette, 1834

 

L’ajout du blanc remonterait au 17 juillet 1789, lorsque le roi Louis XVI se rendit à Paris pour passer en revue la Garde nationale récemment formée. Pierre Bailly, alors maire de Paris, offrit au souverain une cocarde des révolutionnaires à l’œuvre à laquelle il avait pris soin d’ajouter du blanc, la couleur portée par les rois. Louis XVI épingla la cocarde à son chapeau, avant de saluer la foule qui s’était réunie sur la place de l’Hôtel de Ville. Le blanc, couleur de la pureté par excellence, renvoie également à tout ce qui est divin, tout ce qui est intouchable.

Or, le roi de France étant précisément de droit divin, cette couleur lui sied à merveille. Il faut faire remonter ce goût du blanc au roi Henri IV (le fameux panache…), car symbole huguenot ; mais le temps gomma l’origine protestante de la chose. Le marquis de La Fayette aurait par la suite conseillé au gouvernement d’adopter l’association de ces trois teintes, prémices de notre drapeau actuel. À noter que les versions varient et pour certaines, La Fayette aurait lui-même ajouté le blanc à la cocarde, et non Bailly.

Une idée de Jacques-Louis David

Jacques-Louis David, Autoportrait, 1794, Paris, musée du Louvre

 

Chef de file du style néo-classique, Jacques-Louis David est l’auteur d’œuvres picturales entrées dans la légende, à l’instar du Serment des Horaces, la Mort de Marat ou encore Napoléon franchissant le Grand-Saint-Bernard. Si l’on en croit la tradition, c’est à David qu’est attribuée la paternité du drapeau français dans sa forme définitive. En 1794, l’artiste aurait en effet dessiné le pavillon national de la Marine, qui allait ensuite devenir notre bon vieux drapeau tricolore.

Il en aurait ainsi choisi les proportions et l’ordre des couleurs : bleu à la hampe, blanc et rouge flottant au vent. L’anecdote nous est contée, entre autres, par l’historien spécialiste des couleurs Michel Pastoureau, auteur de nombreux ouvrages sur cette thématique. Cependant, l’universitaire précise prudemment qu’aucun dessin ni document ne nous est parvenu afin d’étayer pleinement cette hypothèse. L’histoire tient donc plus de la légende, mais il faut reconnaître qu’elle est des plus plaisantes !

Un soutien de Lamartine

lamartineFrançois Gérard, Alphonse de Lamartine, 1831, Château de Versailles

 

Après les peintres, les poètes ! Si le drapeau français naquit donc durant la période qui suivit la Révolution française, il fut destitué à plusieurs reprises ; comme par exemple en faveur du drapeau blanc en 1814, date de la Restauration. En 1848, on lui préféra un temps le drapeau entièrement rouge,  symbole de la loi martiale et de la répression du peuple.

Il fallut une intervention du poète Alphonse de Lamartine, figure incontournable de la littérature du XIXe siècle, pour imposer à nouveau le drapeau tricolore comme emblème de la Seconde République née des affrontements de la Révolution de 1848. Dans une harangue à la foule prononcée la même année, il défendit ces couleurs, expliquant que ce drapeau « a fait le tour du monde avec la République et l’Empire, alors que le drapeau rouge n’a fait que le tour du Champ-de-Mars dans le sang du peuple ».

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