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Voyage à Londres : les trois expos qu’il ne faut pas rater

Jéremy Billault 26 novembre 2015

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Au mois de juin, Londres sera au cœur du paysage artistique mondial : la Tate Modern, déjà l’un des plus beaux musées d’Europe, deviendra grande, plus grande, grâce à une nouvelle tour qui lui apportera 60% d’espace supplémentaire. Mais, pour patienter, Londres et ses musées ont fait les choses en grand. Exponaute a exploré pour vous le paysage artistique de la capitale britannique et les quelques expositions qu’il ne faut absolument pas rater si l’on en a l’occasion.

Alexander Calder : Performing Sculpture

calderhiAlexander Calder, Hi!, 1928 © 2015 Calder Foundation, New York.

 

On l’avait vu il y a quelques années au Centre Pompidou, cette fois-ci, c’est à la Tate Modern qu’il pose ses mobiles, grandioses et magistraux. Alexander Calder, artiste du mouvement et figure incontournable de l’art du XXe siècle, est exposé à la Tate Modern dans la plus vaste exposition qui lui ait jamais été consacrée. De ses débuts à ses travaux les plus tardifs (en passant par l’expérimentation du Cirque Calder et sa fascination pour les acrobates et les trapèzes dont il reproduit parfois le mouvement), l’expo se concentre sur la théâtralité du mouvement des mobiles, des jeux d’ombres et les différentes interactions des œuvres avec le public.

Les mobiles ont de la place, ils tournent plus ou moins vite en fonction de la densité de la pièce, on les voit de face, de profil, les murs bougent avec les ombres, les portraits étonnent par leur précision et leur forme absolument unique, de salle en salle les surprises s’enchaînent. Au mur, au sol au plafond, il y en a partout, pour tous les angles, pour toutes les curiosités (on regrette de ne pas être autorisé, comme à l’époque de Calder, à toucher et donner un coup de pouce à ces mobiles dont la taille varie du « joujou » au monumental).
Cerise sur le Calder, la dernière salle est entièrement consacrée à une œuvre récemment restaurée : la Veuve Noire gigantesque et émouvante, qui se déplace avec difficulté et semble à la fois l’aboutissement et la génitrice de tout un travail sur la matière et le mouvement. On en redemande, on fait un autre tour, on découvre, redécouvre le déploiement de ce qui au départ n’était qu’expérimentation et qui finalement, est devenu une poétique.
CTeGev3XAAAN5VFAlexander Calder, Black Widow, 1948 © 2015 Calder Foundation, New York.

 

The EY Exhibition: The World Goes Pop

Difficile d’imaginer le Pop art sans Warhol ou sans Lichtenstein. Et pourtant… Ce n’est pas tant la volonté de réhabilitation d’un aspect méconnu du Pop art qu’une redécouverte de ce qu’il est, de ce qu’il a été, partout dans le monde que nous présente la Tate Modern. Asie, Amérique du sud ou Europe de l’Est, l’exposition The World Goes Pop rassemble l’esprit pop, le délire des formes, des couleurs, de l’engagement et du détournement.

dollfestivalUshio Shinohara, Doll Festival, 1966.

 

D’un portrait de femme dégouline une langue, hors du cadre, un panneau de bois se transforme peu à peu en sculpture, partout les couleurs sont criardes, saturées. Dans le fond, le son d’une vieille émission de radio : on met le pied dans un monde scandaleux, excessif, subtilement exagéré et toujours critique envers une société de consommation internationalement envahissante.

En face de la blancheur éclatante et de la légèreté des mobiles de Calder, The World Goes Pop est un autre choc esthétique, drôle, exubérant mais, une fois encore, splendide.

Frank Auerbach

head-of-e-o-w-i-1960-by-Frank-AuerbachFrank Auerbach, Head of E.O.W. I, 1960.

 

A quelques minutes de bateau (de Tate Boat pour être plus précis), la Tate Britain accueille une rétrospective du travail de Frank Auerbach, conçue sous son œil bienveillant par la commissaire Catherine Lampert. Difficile de décrire la peinture de Frank Auerbach tant elle entre directement en rapport avec l’émotion de ceux qu’elle rencontre.

L’exposition est presque intégralement chronologique (6 salles sur 7, la dernière étant conçue par le peintre lui-même) et trouve sa pertinence dans son évolution. Au départ, des tableaux torturés, des impressions en bas relief qui joue sur la texture et la profondeur via un empâtement très marqué.

morningtoncrescentauerbach_0 Frank Auerbach, Mornington Crescent, 1965.

Ensuite, des souvenirs, déjà. Ceux de la première salle, des initiales qui semblent familières. On fait demi-tour et on s’en aperçoit : 10, 20, 30 ans après ses premières peintures, Frank Auerbach représente les mêmes modèles, les mêmes paysages. Au fil de l’expo, avec l’évolution de la technique de Frank Auerbach, les modèles eux-mêmes changent. La colline de Primrose Hill, le quartier de Camden Mornington Crescent mais aussi ses amies Juliet Yardley Mills (J.Y.M sur les tableaux), Stella (E.O.W) ainsi que sa femme Julia, tout nous semble sensiblement familier.

On reconnait les traits et on s’émeut de voir vieillir un environnement et des êtres qu’on a l’impression d’avoir toujours connus. Esthétiquement, le style évolue mais garde une patte, Auerbach est toujours reconnaissable, toujours très personnel et, peu à peu, au fur et à mesure de l’expo, l’émotion devient intense. On en sort bouleversé.

 

 

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