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La Pinacothèque de Paris placée en redressement judiciaire

Agathe Lautréamont 25 novembre 2015

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L’histoire a été révélée par le site UnPointCulture : la société Art Heritage France, qui gère la Pinacothèque de Paris, a été placée en redressement judiciaire, le 3 novembre dernier. Face à cette nouvelle, le musée s’est fendu d’un droit de réponse dans les commentaires du site en question, tandis que Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque, s’expliquait dans les colonnes du journal La Croix.

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Des reproches et des justifications

Et si on peut reconnaître une chose à l’article du site UnPointCulture, c’est qu’il n’y va pas avec le dos de la cuillère. Les accusations pleuvent. Grève des agents de sécurité suite à des retards de salaires, ennuis judiciaires pour l’associé de Restellini, Yves Bouvier, affiches à la limite du mensonger… La Pinacothèque aurait-elle un peu trop tiré sur la corde ?

Dans un commentaire publié sur le site accusateur, l’institution se défend point par point, battant en brèche l’article et précisant quelques éléments. Premier point d’accroc : les prix des billets d’entrée. Entre 13,30 et 15,30 euros le ticket, ces tarifs ont en effet de quoi rebuter, lorsque de nombreux autres musées parisiens offrent des prix tournant autour de la petite dizaine d’euros, sans compter les offres réduites et autres gratuités pour les jeunes et les étudiants. Réponse des principaux intéressés ? La Pinacothèque étant une institution privée, elle ne vit que sur les recettes des entrées et sur les ventes de sa boutique, et ne jouit d’aucune subvention.

En ce qui concerne Yves Bouvier, actuel administrateur de la Pinacothèque de Singapour, Marc Restellini (dans l’interview donnée à La Croix) botte en touche, s’empressant de rajouter que pour le moment celui-ci est présumé innocent de ce qu’on l’accuse (escroquerie, blanchiment et recel d’œuvres volées), et qu’il n’est qu’un simple actionnaire à 25% de cette antenne asiatique. Même son de cloche pour la grève des agents de sécurité : ils ne sont pas engagés par le musée, mais dépendent d’une société de gardiennage privée.

pinaaLa façade du musée © Francesca G – Tripadvisor

 

Une fréquentation en berne

Comment alors expliquer ce placement en redressement judiciaire ? La fréquentation du musée a baissé de 20 à 25% en l’espace de deux ans, concède son directeur, tandis qu’un nouveau coup dur était porté suite aux attentats du 13 novembre à Paris. Les touristes et visiteurs fuyant logiquement la capitale et ses lieux culturels, la fréquentation était en berne ; poussant la Pinacothèque à songer à de nouveaux locaux (ceux de la Madeleine affichant des loyers excessivement chers) et à l’arrivée d’autres investisseurs.

Or, un des points de friction revenant le plus souvent entre le musée privée du quartier de la Madeleine et le public reste bien le contenu des expositions proposées. Un tour dans les commentaires laissés sur le site de notation Tripadvisor ou dans les messages laissés sous les articles de presse relayant la nouvelle ne permet pas de s’y tromper : certains visiteurs ont le sentiment d’avoir été dupés. La faute à des affiches d’expositions jouant avec la limite du mensonger.

kakarlKarl Lagerfeld à La Pinacothèque © Anasam Prod – Capture vidéo

 

Des affiches trop belles pour être vraies ?

De grands noms de l’histoire de l’art sont régulièrement avancés : Klimt, Van Gogh, Rubens, Van Dyck… Pour au bout du compte, n’être que peu représentés dans les accrochages.  Soit il n’y a tout simplement pas beaucoup d’œuvres de la main des maîtres vantés par les affiches, soit ces dernières sont noyées dans un ensemble de tableaux réalisés par d’autres artistes bien moins célèbres, en rapport avec ces derniers.

Au sujet de cette accusation, la Pinacothèque sort encore une fois les griffes. Soit elle invite les visiteurs à se renseigner précisément sur le contenu de l’exposition en consultant la page qui lui est dédiée sur son site internet, soit elle rappelle que les événements sont toujours assortis d’un sous-titre précisant l’angle de celle-ci. Des sous-titres certes, mais bien souvent imprimés en petits caractères, restant relativement dans l’ombre des noms célèbres affichés avec fierté sur les publicités. Vous avez dit mauvaise foi ?

Quoi qu’on puisse reprocher à la Pinacothèque, une fermeture de ce musée resterait une perte dans le paysage culturel de la capitale française. Parviendra-t-il à renflouer les caisses avec son exposition sur les photographies de Karl Lagerfeld ? Ou peut-être les visiteurs se presseront-ils aux portes de l’exposition Léonard de Vinci qui promet fièrement : « Les secrets révélés du Codex Atlanticus » ? Espérons que ces fameux secrets seront bien présents dans le contenu du parcours.

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