Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 VIVRE !

18/10/2016 > 08/01/2017

Musée de l'histoire de l'immigration - PARIS

LA NEWSLETTER

Ces artistes du Moyen-Orient condamnés pour leurs prises de position

Agathe Lautréamont 23 novembre 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Ils s’appellent Raef Badaoui, Ashraf Fayadh et Hadi Heidari. Leur tort ? Oser prendre des positions contraires à celles des régimes dans lesquels ils vivent. Retour sur ces trois figures contestataires, artiste, écrivain, penseur… menacés pour leurs idées.

hadi instagramHadi Heidari, Ashraf Fayadh et Raef Badaoui © DR.

 

Prisonnier pour un dessin

Le dernier signe de vie du caricaturiste Hadi Heidari remonte au 16 novembre dernier, date à laquelle il posta sur son compte Instagram un dessin rendant hommage aux victimes des attentats de Paris qui ont fait 130 morts, selon le dernier bilan. Figurant une silhouette noire se détachant d’un fond rouge sang, un visage en pleurs arbore la Tour Eiffel en guise de nez et de bouche, tandis que des larmes bleu-blanc-rouge glissent le long de ses joues.

Un crime, aux yeux des autorités iraniennes, qui firent alors irruption sur le lieu de travail du dessinateur, le quotidien Shahrvand Daily, dont il occupe le poste de directeur artistique. Transféré sur le champ à la prison d’Evin, il n’a pas donné de nouvelles depuis.

Ce sont deux collègues d’Heidari, encore très choqués par cette arrestation, qui ont confié leur témoignage aux journalistes de la Campagne Internationale pour les Droits de l’Homme en Iran. Suite à cette nouvelle, Reporters sans Frontières s’est fait le relais de cette incarcération arbitraire, annonçant sur son site internet cette interpellation qui, hélas, s’inscrit dans une vague de mise au banc des journalistes de ce pays chiite de 80 millions d’habitants.

Pour Hadi Heidari, c’est la quatrième arrestation qu’il subit au cours de sa vie, après plusieurs peines purgées entre 2009 et 2010.

HadiLe dessin d’Hadi Heidari publié sur son compte Instagram

 

Un parmi tant d’autres

Mais le caricaturiste iranien n’est que l’exemple le plus récent d’un grand nombre d’incarcérations d’artistes au Moyen-Orient. En témoigne le cas du blogueur et poète Raef Badaoui, qui a été condamné en 2014 à dix ans de prison ferme assortis, comme si cela ne suffisait pas, de 1000 coups de fouet pour « insulte à l’Islam ». En octobre dernier, il a été décoré du Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit.

Que reproche l’Arabie Saoudite au jeune journaliste de 31 ans, au juste ? Ses prises de position libertaires et avant-gardistes publiées régulièrement sur son blog personnel ? Selon l’épouse du blogueur, le procès intenté à Badaoui remonterait plutôt à une déclaration de ce dernier faite sur les plateaux de la chaîne internationale France 24, en décembre 2010 : « Un athée a le droit de dire ce qu’il veut […] et personne n’a le droit de lui réclamer des comptes pour ses opinions ».

L’explication serait peut-être aussi à chercher du côté de ses régulières critiques envers la muttawa, police religieuse de sinistre réputation qui sévit dans plusieurs pays arabes, dont l’Arabie Saoudite. C’est d’ailleurs dans ce dernier qu’elle est la plus active, forte de 3500 membres officiellement déclarés, ayant le droit d’arrêter quiconque est soupçonné d’homosexualité, d’apostasie, de non-respect des codes vestimentaires ou de posséder des médias et biens culturels jugés contraires à la loi coranique.

amnestyLes tristes chiffres 2014 en matière de peine de mort © Amnesty International via Le Monde

 

Condamner pour museler

Toujours du côté de l’Arabie Saoudite, on apprenait en cette fin de mois de novembre que le Palestinien Ashraf Fayad, âgé de trente-cinq ans et incarcéré depuis janvier 2014, venait d’être condamné à mort sur le motif de « propagande athéiste » et « blasphème ». Selon la loi saoudienne fondée sur un regard scrupuleux de l’islam wahhabite, l’écrivain et artiste a le droit de faire appel de cette condamnation dans un délai de trente jours. Après, il devra connaître le terrible sort de la décapitation au sabre.

Artiste contemporain reconnu, Fayad s’était illustré lors de l’édition 2013 de la Biennale de Venise, où il représentait le royaume saoudien, dirigé par la même dynastie depuis sa création, en 1932. Il avait également livré des performances artistiques remarquées à Djeddah, deuxième ville d’Arabie Saoudite. Tout bascule pour le poète et artiste lorsqu’en 2014, une plainte est déposée par un particulier au sujet d’un recueil de ses poèmes publié par en 2008. Selon le plaintif, les textes lyriques représenteraient une « propagande athéiste » couplée au « blasphème », deux crimes passibles de mort dans le plus vaste pays du Moyen-Orient.

Selon les chiffres pour l’année 2014 publiés par l’ONG Amnesty International, le Moyen-Orient conserve le triste haut du panier en matière de peine capitale. Ainsi l’Iran, l’Arabie Saoudite et l’Irak figurent-ils sur le sinistre podium des exécutions. Les artistes sont des symboles frappants de ces condamnations, et sont particulièrement visés. En effet par leur renommée internationale, leur art, leurs écrits peuvent avoir un véritable impact sur la communauté internationale en matière de droits de l’Homme et de liberté de penser. La peine de mort est alors souvent appliquée, dans un but de dissuasion et de musellement des esprits libres qui pourraient représenter un danger pour les pouvoirs établis.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE