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Spécial COP21 : le Garden Bridge de Londres, jardin suspendu en eaux troubles

Agathe Lautréamont 19 novembre 2015

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En amont de la conférence sur le climat (COP21) organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre, Exponaute vous propose une série consacrée aux projets artistiques et architecturaux liés à l’environnement. Premier épisode : le Garden Bridge à Londres.

garden 1Le projet © Garden Bridge London Trust

 

Au départ, une idée réjouissante : construire un magnifique pont au-dessus de la Tamise, soutenant un jardin luxuriant dans lequel tout un chacun pourrait flâner selon son bon plaisir. Une touche de verdure dans la capitale Britannique dont les travaux doivent débuter en janvier 2016, alors que les financements manquent encore…

Séduisant certes, mais controversé. Les travaux pour élever le Garden Bridge doivent débuter dans deux mois, et il manque encore trente millions de livres sterling pour mener à bien le projet. Aussi des voix s’élèvent-elles, craignant que les politiques fassent encore davantage appel aux fonds publics pour construire ce jardin suspendu au-dessus du fleuve sinuant dans la ville de Londres.

Pourtant, si l’on en croit le Garden Bridge Trust, association en charge de l’érection du projet architectural dessiné par Thomas Heatherwick, le chantier sera bien lancé, même avec 85 millions de livres obtenues par dons privés, alors qu’il en faudrait 115 (sur un total de 175 millions en fonds privés et publics) pour donner le feu vert aux travaux.

garden 2Le projet © Garden Bridge London Trust

 

Kate Hoey, membre du Parlement britannique encartée au Parti Travailliste, voit rouge ; et comme elle le déclare au Guardian, l’association en charge du projet est « menée par des personnes qui ne semblent pas vraiment savoir ce qu’ils sont en train de faire ». Toujours selon Hoey, il est évident que l’argent nécessaire n’a pas été amassé, contrairement à ce qui était déclaré. Ils semblent du coup espérer que, une fois le projet définitivement lancé et donc tangible, ils recevront de l’argent venu du secteur privé.

Mais rien ne dit que la chose arrivera, et fonder la construction d’un tel projet sur des espérances n’est absolument pas sérieux. Autre crainte de la part de la femme politique : qui mettra la main à la poche si le chantier prend du retard, et coûte donc plus d’argent que prévu ? L’argent public sera alors certainement mis à contribution.

Apaiser les tensions

De son côté, le Garden Bridge Trust tente de tempérer ces inquiétudes, estimant qu’il est tout à fait normal pour un projet de cet envergure de débuter alors que la totalité des fonds n’a pas été récoltée, et demeure confiant quant à l’arrivée prochaine des 30 millions de livres encore manquantes.

Il balaie donc de la main les accusations de ceux prétendant que des projets architecturaux aussi importants prennent toujours du retard, et font généralement exploser leur budget dans le même temps. Les sceptiques brandissent ainsi l’exemple de l’extension de la Tate Modern supposée ouvrir en 2012 et coûter 215 millions de livres. Au bout du compte, l’aile supplémentaire n’ouvrira qu’en 2016, pour un total de 260 millions…

garden 3Le programme officiel © Garden Bridge London Trust

 

Du côté de la caste politique, on reste prudent. Si Sadiq Khan, candidat du Parti Travailliste à la mairie de Londres, assure que plus aucun fonds venu du public ne sera versé pour la construction du pont, un porte-parole de l’actuel maire, Boris Johnson, s’est voulu moins catégorique, estimant que l’association saura « certainement » trouver l’argent qui fait encore défaut. Une assurance répétée par l’association, qui déclare par la voix de son porte-parole qu’elle n’a pas l’intention d’utiliser d’autres fonds publics pour la réalisation de son projet. Un projet qui selon ce dernier, provoque l’enthousiasme puisque 85 millions de livres avaient été levées en l’espace de 18 mois, un résultat très important sur une durée très courte.

En lien avec la COP21, voir notre série d’articles « art et environnement » :

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