Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS
expo_cercle_5 BRASSAÏ

09/11/2016 > 30/01/2017

Centre Pompidou - PARIS

LA NEWSLETTER

Le portrait du roi Philippe IV par Rubens quittera-t-il l’Espagne ?

Agathe Lautréamont 19 novembre 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Un exceptionnel portrait, par Rubens, du roi âgé de vingt-trois ans devrait être vendu aux enchères prochainement. Mais l’Espagne songe à intervenir, ne souhaitant pas que le tableau quitte le pays…

660px-Pieter_Paul_Rubens_-_Portrait_of_King_Philip_IV_(Hermitage)Une copie du portrait par l’atelier de Rubens, exposée à Saint-Pétersbourg.

 

Une œuvre qu’on croyait perdue

C’est le seul portrait connu du souverain espagnol peint par le maître néerlandais. Durant quelques jours, le tableau sera exposé au public avant de passer sous le marteau du commissaire-priseur ; la toile devant en effet être vendue aux enchères samedi prochain durant la Feriarte, un salon d’art et d’antiquités qui a lieu du 21 au 29 novembre en Espagne. L’œuvre, qui était déclarée comme disparue depuis cinquante ans, vient seulement de réapparaître : elle appartenait à un collectionneur privé.

Or, le possesseur de l’œuvre a récemment décidé de la mettre en vente, ce qui n’est pas au goût du gouvernement espagnol, qui songe user de son droit de préemption sur la peinture, l’empêchant ainsi de quitter le pays. Il n’est donc pas exclu que le gouvernement, conjointement avec le musée du Prado, s’accordent pour l’acheter.

La précieuse toile maintenant réapparue semble se plaire à un jeu de cache-cache depuis plusieurs siècles. Exécutée entre 1628 et 1629 par Rubens (1577-1640), elle fut déclarée une première fois perdue après le décès de l’artiste flamand. Redécouvert par hasard au début du XXe siècle, le portrait fut à nouveau égaré à compter des années 1960.

Si l’on en croit les règles sur le patrimoine en vigueur au royaume d’Espagne, ce portrait de Philippe IV (1605-1665) ne peut pas être exporté, étant considéré trésor national. La question demeure maintenant de savoir si l’État enchérira pour cette toile de 63,5 sur 49 cm. Son actuel propriétaire, qui tient à garder l’anonymat, n’a pas encore révélé son prix de mise en vente. À noter qu’il existe de nombreuses copies de ce portrait, à commencer par la plus célèbre, actuellement propriété du Musée de l’Ermitage, à Saint-Pétersbourg.

645px-Sir_Peter_Paul_Rubens_-_Portrait_of_the_Artist_-_Google_Art_ProjectPierre-Paul Rubens, Autoportrait, 1625, collection de la famille royale d’Angleterre.

 

Retrouvé dans une collection privée

Comme le rappelle très justement Mercè Ros, responsable de la vente du Rubens, au quotidien El País, l’extraordinaire valeur de ce portrait ne vient pas uniquement du fait qu’il s’agisse d’un original, mais réside aussi dans la très longue histoire de cette peinture, et de ses pérégrinations à travers l’Europe. L’historien de l’art et expert en peinture a été contacté il y a un an par le propriétaire du tableau, persuadé de posséder un Rubens et souhaitant le faire expertiser pour confirmer ses fortes suspicions. Après une rapide analyse, la paternité de la toile au grand maître flamand a été confirmée.

Réalisée lors d’un voyage de Rubens en Espagne entre 1628 et 1629 (où l’artiste fréquente l’influent Diego Velázquez), l’œuvre montre un jeune roi déjà sûr de lui, une main posée fermement sur le pommeau de son épée, le port de tête fier et droit. Puis, en 1629, l’artiste rentre dans son pays natal.

Toute la question pour les historiens de l’art est aujourd’hui de savoir si le tableau a été peint à la cour du roi, ou à Anvers. Il semble bien que cette deuxième option soit la plus plausible, puisque l’atelier du maître a réalisé par la suite de nombreuses copies du portrait royal, qui se sont dispersées ensuite à travers le continent européen. Quant à l’original, il est encore temps de l’admirer dans une salle d’exposition de Madrid, avant qu’elle ne quitte (peut-être) le sol ibérique.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE