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Bertrand Dezoteux, de l’art contemporain à la science-fiction

Agathe Lautréamont 17 novembre 2015

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Cinéaste ? Plasticien ? Concepteur 3D ? Ou un peu tout cela à la fois ? Découvrons le travail de Bertrand Dezoteux, récompensé par les Audi talents awards 2015.

dezooooBertrand Dezoteux, 2015 © Audi Talents Awards

 

Passé par les Arts Décos de Strasbourg et le Fresnoy dont il sort diplômé en 2008, Dezoteux paraît comme un OVNI dans le paysage créatif français, tant son approche pluridisciplinaire de l’art semble unique en son genre. Réalisateur de films touchant à la science-fiction, il y glisse cependant de nombreux codes esthétiques propres à l’art contemporain ; un mélange détonant qui donne naissance à des œuvres drôles et parfois un brin naïves.

Comment au juste, définir ses travaux ? Créations un peu folles lorgnant du côté du documentaire, avant d’opérer un bond vers la fiction pour ensuite glisser subrepticement vers une expérimentation totalement démentielle… difficile de coller une étiquette à son travail. Ses réalisations éminemment hybrides, courts-métrages et vidéos sont exposées aussi bien en France (par le Centre Pompidou, entre autres) qu’à l’étranger.

La reconnaissance n’a d’ailleurs pas tardé à arriver, comme en témoignent les nombreux prix qui récompensent son œuvre. En 2008, il remporte ainsi le prix Jeune talent numérique de la Scam, tandis que deux ans plus tard, il prend conjointement part à l’exposition Reset organisée par la Fondation Ricard et à Dynasty qui rassemblait une quarantaine de jeunes artistes au Palais de Tokyo et au Musée d’art moderne de Paris.

 Bertrand Dezoteux, Picasso Land, extrait, 2015.

 

Fasciné par l’informatique, travaillant avec des logiciels de modélisation 3D, le jeune artiste crée des récits pleinement ancrés dans notre modernité, qu’il modélise selon son imaginaire et ses fantaisies du moment. Son monde en perpétuelle mutation est soumis aux aléas des logiciels qu’il utilise, mais aussi à ses élans créatifs qu’il laisse se développer sans aucune limite. C’est ainsi qu’on peut découvrir des dessins de Picasso insérés dans un univers digital aux surfaces indifféremment lisses ou pixélisées. Invitation au voyage digital ? C’est possible, tant ses films renvoient à une constante : celle d’un désir d’ailleurs, une envie de voyager hors d’un quotidien auquel on s’habitue trop.

Mais toujours, il revient à l’univers de la science-fiction qui semble littéralement le fasciner. C’est dans cette optique qu’il se penche sur le projet scientifique Mars 500, projet international simulant un voyage sur la planète Mars. Faisant à nouveau fi des frontières entre les domaines de création, il transpose la recherche dans l’art contemporain, et applique certains codes de ce projet sous forme de méthodes et de représentations. Ce faisant, il apporte à la production artistique des pistes inédites qu’il peut être intéressant d’explorer plus avant, incluant la philosophie et le design dans son champ d’expérimentation. C’est cette idée innovante qui lui a valu d’être couronné par les Audi talents awards en 2015, saluant ainsi son travail protéiforme.


Bertrand Dezoteux, Le Corso, extrait, 2008.

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