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« Peace for Paris », un dessin plus fort qu’un slogan

Jéremy Billault 16 novembre 2015

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S’il fallait traduire l’émotion et l’élan de solidarité international qui a suivi les attentats du 13 novembre dernier, une image suffirait. Un dessin, celui de Jean Jullien, celui que le monde entier a vu, revu, partagé, retweeté, épinglé et photodeprofilé. Un dessin plutôt qu’un slogan, un dessin pour succéder à un « Je suis Charlie » réinterprété à toutes les sauces, un dessin impossible à récupérer, simple, modeste et sincère.

peace Jean Jullien, Peace for Paris, 2015.

 

De ce dessin surgit l’idée d’une ville devenue, paradoxalement, symbole d’un rassemblement (virtuel, certes) pacifique  sans précédent. Mais de ce dessin surgit surtout la surprise de l’harmonie parfaite des symboles unifiés, d’une Tour Eiffel littéralement soutenue et englobée par la paix. Graphiquement, la forme fait sens, allégoriquement, aussi.

« J’ai juste dessiné sur le premier bout de papier venu, déclare l’artiste dans le journal Ouest France. C’est un dessin de réaction à chaud, dans un souci de partage, d’unité, de paix ». Une réaction à chaud. Voilà le secret d’un message devenu, en quelques heures, la marque d’un soutien et la preuve d’une résistance, un coup de crayon sans arrière-pensée qui sous ses airs naïfs traduit une réaction universelle, une sorte de tristesse mêlée à l’espoir, une idée abstraite qui, soudain, sur papier, devient réelle.

Dans la soirée du 13 novembre, l’artiste publie et partage sa réaction graphique. En quelques minutes, celle-ci commence à surgir, entre les messages d’entraide et les rumeurs, elle prend possession du web, si bien qu’on l’attribue à d’autres, à Banksy notamment, comme si l’on avait besoin que cette bannière soit adoubée par la légitimité de celui qui, dans notre inconscient d’internaute, représente la révolte, la résistance et la rébellion.

Mais non, ce dessin vient presque de nulle part, d’un jeune graphiste inconnu de beaucoup qui s’est simplement, humainement, exprimé. Se réjouit-il ? Absolument pas. Son dessin a fait sa vie, il s’est envolé, loin de l’individu qui l’a créé, il est devenu un étendard, il est devenu un symbole, jamais il ne sera vidé de son sens, jamais il ne sera réorienté. Il dira toujours ce qu’il dira, il sera toujours la manifestation minuscule et lumineuse d’une culture qui, bien que meurtrie, n’a pas disparu.

 

Quelques autres dessins et réactions d’artistes face à la tragédie :

 

Dans l’ordre d’apparition : Jean Jullien, Massala K., Chloe Mayer, Joan Sfar (x2), Louison, Nik, Gwal 

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