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Contre Daesh et pour l’unité : la diversité culturelle

Magali Lesauvage 16 novembre 2015

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En s’attaquant notamment à une salle de spectacle, le Bataclan, où se déroulait un concert de rock, l’Etat islamique visait en particulier une certaine idée de la culture et de la liberté.

Panneau de scène de jardin, Ispahan, XVIIe siècle, Paris, musée du Louvre, Département des arts d’Islam.

 

Prenant pour cibles ce qu’il nomme dans un communiqué « la capitale des abominations et de la perversion », et « des centaines d’idolâtres », qualifiés également de « croisés », Daesh poursuit son entreprise d’annihilation d’une culture jugée infâmante. Alors que la Syrie, l’Irak et sans doute bientôt la Libye voient leurs monuments millénaires détruits, l’organisation Etat islamique s’est attaquée vendredi 13 novembre à un événement culturel dans une volonté de nihilisme total.

Non loin de là les terrasses des cafés étaient criblées de balles, tandis que des kamikazes ont tenté, ne faisant finalement qu’une seule victime en dehors d’eux-mêmes, de créer le chaos au Stade de France, où étaient rassemblées des milliers de personnes pour un match de football. Au total, les attaques ont fait au moins 129 morts et 352 blessés, dont près d’une centaine restent encore à cette heure entre la vie et la mort.

Les cibles de Daesh vendredi soir furent principalement les notions d’unité et de communauté. Celle qui réunit des supporters dans un rassemblement sportif de grande ampleur autour d’une équipe de France qui compte en son sein un certain nombre de joueurs français issus de l’immigration, dont quelques-uns de confession musulmane. Celle qui vit dans les Xe et XIe arrondissements de Paris, et où règne une certaine paix entre habitants d’origines diverses (Europe, Maghreb, Afrique subsaharienne, Asie). Celle qui, allant voir un concert d’un groupe comme Eagles of Death Metal, rassemble des personnes de milieux socio-culturels divers, comme le révèlent les portraits des victimes publiés par le quotidien Libération.

La volonté claire ici est de défaire le lien social, d’opposer les individus, d’imposer une « culture » (qui n’en est pas une) face à une autre. Daesh fait l’amalgame entre un temple antique du Ier siècle, un monastère chrétien du Ve et un concert de rock du XXIe. Il frappe les lieux de culture : monuments antiques, musée du Bardo à Tunis en mars dernier, musée juif de Bruxelles en 2014, salle de concert. Il tue, au nom de l’Islam, des musulmans, des juifs, des chrétiens et des athées, des hommes, des femmes, des enfants.

Contre la logique de mort, l’art et la culture

Clairement engagé dans une logique de mort et de fin du monde, l’EI vise la culture sous toutes ses formes car il sait qu’elle est le premier rempart face à la barbarie. Les réactions immédiates, en France, ont été la célébration de la liberté de boire, de sortir, de célébrer la vie dans toutes ses formes. Un réflexe de survie qui, malgré tout, peut se révéler excluant par rapport à des modes de vie non « typiquement français » (comme celui exposé dans un commentaire plein de clichés du New York Times).

C’est, plutôt, autour des signes de nos cultures diverses et immensément riches que le combat contre Daesh sera le plus efficace. Et c’est dans les musées, en particulier, qu’il se mène. Samedi 14 et dimanche 15 novembre étaient fermés les musées et établissements publics de Paris et d’Île-de-France, pour des raisons de sécurité mais aussi de deuil national décrété par le président de la République. Ils devaient rouvrir le lundi 16 novembre à 13h, suite à la minute de silence observée à midi dans tout le pays.

Comme le soulignait l’ancien ministre de la Culture Jack Lang sur Twitter, « il faut que les institutions culturelles et écoles rouvrent dès que possible, c’est par elles que recule le fanatisme ». Interrogé par le Quotidien de l’art, le sociologue et philosophe Raphaël Liogier explique par ailleurs que « le djihadisme ne s’attaque pas seulement aux lieux du tourisme mais à ceux du transfert de savoir, de l’hybridation culturelle, de la coexistence qu’il considère comme de la souillure ».

Contre le repli culturel et pour rappeler que la religion prônée par Daesh n’est qu’un vaste mensonge, on ira donc, par exemple, rendre une nouvelle visite cette semaine au Département des Arts de l’Islam du Louvre, et s’émerveiller devant des œuvres qui célèbrent la vie.

 

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