Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Un vaste cimetière de bateaux découvert en Grèce

Agathe Lautréamont 13 novembre 2015

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

En Grèce vient d’être découvert le plus vaste cimetière d’épaves anciennes d’Europe, non loin de l’archipel de Fourni, situé à l’est de la Grèce et à quelques kilomètres des rives de la Turquie.

ship 2© Vasilis Mentogianis

Et la découverte est pour le moins incroyable. Pas moins de vingt-deux épaves, allant de 700 avant Jésus-Christ au XVIe siècle de notre ère ont été découvertes par une équipe d’archéologues américains et grecs, spécialisés dans la plongée sous-marine. Malheureusement, après un si long séjour sous l’eau pour certaines, il est difficile de discerner un quelconque reste de coque ou de mâts, seule la cargaison ayant subsisté après des siècles de bain forcé dans la mer Égée. Les épaves ne sont cependant pas forcément grecques, puisque la moitié des navires dateraient de la fin de l’Empire romain.

Pourquoi une telle concentration de reste archéologiques à cet endroit précis ? Tout simplement parce que l’archipel de Fourni est situé au beau milieu de la principale route commerciale traversant la mer Égée d’est en ouest, mais également au centre de celle qui reliait le continent européen à l’Afrique. Tous ces bateaux commerciaux transitaient donc par Fourni, qui posséda des ports très influents jusqu’au XVIe siècle. Les îles d’Icarie et de Samos, également situées sur cette voie de navigation, ne possédaient pas de ports ou de points de mouillage, ce qui explique la venue de toutes ces embarcations.

ship 3© Vasilis Mentogianis

 

C’est la première fois qu’une entreprise archéologique de cette ampleur a été organisée près de l’archipel de Fourni, et l’équipe de chercheurs gréco-américaine est allée jusqu’à demander de l’aide aux locaux (pêcheurs d’éponges, marins, plongeurs amateurs…) pour les aider dans leurs recherches, comptant sur leur bonne connaissance de la région pour les aider à mettre la main sur d’éventuels trésors archéologiques. Et ils ont été plus que récompensés.

En temps normal, comme le souligne le directeur de l’expédition George Koutsouflakis, de telles fouilles archéologiques permettent de retrouver quatre ou cinq épaves, mais certainement pas vingt-deux ! Et encore moins d’époques aussi variées, de la période archaïque (800-700 avant Jésus-Christ) à l’ère hellénistique (323-31 avant Jésus-Christ) jusqu’à la Renaissance (XVIe siècle). En en plus de l’incroyable diversité des épaves, les chercheurs ont été subjugués par la quantité des cargaisons abandonnées au fond des eaux. Des jarres d’huile, des pithos (grands vases pensés pour la conservation de longue durée), des amphores de vin révèlent ainsi de très longues routes empruntées par les bateaux, qui pouvaient aller vers la mer Noire, vers Chypre ou encore jusqu’en en Égypte.

ship 4© Vasilis Mentogianis

Mais les recherches autour de Fourni sont loin d’être terminées, et l’équipe d’archéologues espère faire encore de nombreuses découvertes. Ces derniers n’ont en effet cartographié que 5% des côtes de l’archipel, et se doutent que de très nombreuses carcasses de bateaux doivent être encore là, à les attendre au fond des eaux claires de cette région de la Méditerranée. Rendez-vous est donc pris, et après avoir examiné toutes les découvertes réalisées en cette fin d’année, l’équipe entend bien revenir dans ces îles dans le courant de l’année 2016.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE