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Spécial COP21 : l’artiste Olafur Eliasson installe 80 tonnes de glace à Paris

Agathe Lautréamont 13 novembre 2015

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À l’occasion de la Conférence sur le Climat de Paris (Cop21) qui débutera fin novembre, l’artiste danois Olafur Eliasson prévoit une installation monumentale sur la place de la République à Paris. Son nom ? Ice Watch

D’immenses blocs de glace ont été récoltés © Olafur Elisasson

 

Le temps d’une exposition éphémère, Olafur Eliasson installera en plein cœur de la capitale française plus de 80 tonnes de glace qui ont été récoltées dans un fjord du Groenland dans le but d’alarmer les consciences sur les enjeux du réchauffement climatique menaçant notre planète bleue. Une installation déjà présentée à Copenhague en 2014.

C’est ainsi que douze éclats d’iceberg seront disposés en cercle, à la manière d’un cadran solaire, tout autour de la Place de la République, dès le 29 novembre prochain, c’est-à-dire la veille de la réunion  des dirigeants internationaux venus négocier sur le climat au Parc des Expositions du Bourget, au nord de la capitale.

ice watch 2014 copenhagenUne horloge installée à Copenhague en 2014 © Olafur Eliasson

 

Bien évidemment, la glace venue du pôle Nord est appelée à fondre au milieu de l’atmosphère chaude et lourde d’une métropole comme Paris, ce qui permettra aux visiteurs et passants de prendre conscience de l’impact du changement climatique sur notre environnement. Car si les chiffres, les graphiques, les pourcentages et autres données en tout genre abondent sur le dérèglement climatique en cours, ces éléments abstraits peuvent ne pas frapper l’opinion publique, tandis que la fonte concrète d’une œuvre saura davantage marquer les esprits.

Olafur Eliasson se veut optimiste quant à la réussite de cette conférence et de l’effet de son œuvre. Comme il l’explique sur son site internet : « L’art a le pouvoir de changer nos perceptions et perspectives sur le monde, et Ice Watch rend les défis climatiques que nous affrontons plus tangibles. J’espère que cette œuvre inspirera l’engagement collectif à agir pour le climat ».

La glace arctique a peu à peu gagné dans les esprits le rôle de sentinelle du réchauffement climatique en cours, tandis que tout le monde a en tête ces mastodontes de glace se détachant chaque jour des icebergs flottant dans les mers arctiques et antarctiques.

[Mise à jour]

[24.11] En raison des événements tragiques du 13 novembre à Paris et d’une Place de la République devenue à la fois danger et symbole du recueillement national, l’artiste et les autorités ont décidé de ne pas installer l’oeuvre à l’endroit initialement prévu. Malgré tout, Olafur Eliasson tient à ce que son oeuvre soit installée à Paris pendant la COP21 et réfléchit actuellement avec la ville de Paris pour trouver un nouveau point de chute, même si la taille et le poids des blocs de glace limite les endroits qui, dans Paris, pourraient accueillir l’oeuvre.

[03.12] L’installation d’Olafur Eliasson a finalement été autorisée. Le 3 décembre au matin, les 12 blocs de glaces ont été installés dans le cinquième arrondissement de Paris, devant le Panthéon. Jusqu’à ce jour, les blocs de glaces avaient été conservés au Danemark dans des conteneurs réfrigérés et sont arrivés à Paris via des camions réfrigérés. Un moyen de transport pas très écolo que l’artiste justifie comme il le peut : «On peut m’objecter à juste titre que le transport de la glace a un coût environnemental, j’ai estimé son empreinte carbone et je l’ai mise en balance avec la force du message. J’assume ma responsabilité. Je pense qu’éthiquement, l’importance du projet, son impact, seront bénéfiques au final pour la planète». L’horloge de glace restera sur place jusqu’à ce que ce ses blocs fondent, inévitablement.

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