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Un artiste arrêté pour avoir mis le feu aux portes du siège des services secrets russes

Agathe Lautréamont 10 novembre 2015

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Quel meilleur symbole que de mettre le feu à ce que l’artiste appelle « Les portes de l’Enfer » ? C’est ce qu’a fait l’activiste politique russe Piotr Pavlenski ; un acte pour lequel il a été arrêté par les autorités moscovites.

screen shotCapture d’écran de la vidéo de l’artiste postée sur sa page Vimeo (aujourd’hui désactivée)

 

Datant de 1898, l’imposant immeuble de la Loubianka, dominant la place du même nom à Moscou, est connu pour avoir abrité le service de renseignement de l’URSS post-stalinienne, le KGB, aujourd’hui devenu le FSB. Le bâtiment est donc la dernière cible en date des manifestations de l’activiste Pavlenski, connu en Russie pour ses prises de position politiques et ses performances violentes et sans concessions.

Ainsi en 2012 a-t-il fondé un journal en ligne indépendant nommé sans détours Propagande politique, dans lequel il parlait art contemporain et l’implication de ce dernier dans les combats politiques russes. Il y critique ouvertement les gouvernements successifs de Dmitri Medvedev et de Vladimir Poutine, tout en parlant d’études de genre, de féminisme et d’homosexualité, des sujets tabous en Russie.

Soutenu par les Pussy Riot

pavlensky Reuters Handout ReutersPavlenski photographié en 2013 © Reuters

Lundi 9 octobre, au petit matin, Pavlenski a donc mis le feu aux portes de la Loubianka, avant de rendre public son acte sur le web via la plateforme de partage de vidéos Vimeo. Une action immédiatement saluée par Nadejda Tolokonnikova, une membre des Pussy Riot, qui a déclaré sur les réseaux sociaux : « Les services fédéraux de sécurité utilisent la terreur sans fin pour tenir sous leur pouvoir 146 millions de personnes ».

Cependant, la performance n’a évidemment pas été du goût des services d’ordre de Moscou qui ont immédiatement arrêté l’artiste. Selon l’avocat de Pavlenski, ce dernier risque jusqu’à cinq ans de prison ferme pour « incendie volontaire ».

Des performances extrêmes

Mais jouer avec le feu n’est que menu fretin pour l’artiste russe formé à l’Académie d’art et d’industrie Stieglitz de Saint-Pétersbourg. Son premier coup d’éclat date en effet de l’année 2012, lorsque l’artiste n’hésita pas à se coudre (littéralement) les lèvres en signe de protestation contre l’arrestation du groupe Pussy Riot, qui avait eu le malheur d’entonner des hymnes anti-Poutine en public.

Un an plus tard, en 2013, il réalisait une performance devant l’Assemblée législative de Saint-Pétersbourg, où il gisait entièrement nu dans une cage composée de fils barbelés. Enfin, en 2014, il se tranchait en public un lobe d’oreille en signe de protestation contre les pressions policières. Si jusqu’à présent, Piotr Pavlenski n’a pas été plus inquiété que cela pour ses protestations, le feu allumé aux portes du FSB pourrait bien cette fois-ci, transformer son cas en véritable affaire pénale, où il risque des poursuites pour vandalisme.

 

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