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La première Biennale de la Photo arabe révèle une génération engagée

Agathe Lautréamont 10 novembre 2015

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L’art pour parler de pays et cultures épars et d’une population qui est tout sauf homogène. C’est le but de la toute première Biennale de la Photographie du monde arabe contemporain, organisée sous la houlette de diverses institutions muséales parisiennes et de Jack Lang, président de l’Institut du Monde Arabe.

Huit lieux d’exposition différents, une cinquantaine d’artistes photographes pour représenter le monde arabe, une mosaïque pluriculturelle, plurilinguistique et géographiquement éclatée comprenant vingt-trois pays, parfois plus, selon les critères retenus pour définir précisément ce « monde ». C’est le vaste programme de la première édition de cette Biennale qui investit divers lieux de Paris, comme la MEP, la Cité Internationale des Arts, la galerie Photo 12 et bien sûr, l’IMA. Si parler des 50 artistes invités est impossible, attardons-nous sur quelques-uns d’entre eux…

Leila Alaoui

Souk of Boumia, Middle Atlas, 2011Leila Alaoui, Les Marocains, 2011.

 

Franco-marocaine née en 1982 à Paris, Leila Alaoui concentre son travail de photographe et de vidéaste sur ses différentes expériences à travers des cultures et des zones géographiques très contrastées. Formée à l’image à la City University de New York, elle part ensuite, appareil photo en bandoulière, au Liban puis au Maroc. Fascinée par la thématique de la construction identitaire, son œil s’attarde donc sur les rituels, coutumes, cultes et costumes traditionnels qui permettent à un individu de se dire et se sentir membre d’un groupe. Elle-même possédant une double nationalité, son travail de photographe l’amène à explorer le monde dans toutes ses diversités culturelles, souvent via le prisme des histoires migratoires qui ponctuent le monde méditerranéen.

Son travail exposé à la MEP, intitulé Les Marocains, s’attarde sur de nombreuses populations, groupes et ethnies qui vivent, épars, sur le territoire du Maroc, au sein des zones urbaines bruyantes comme dans les paysages escarpés et arides des montagnes de l’Atlas. Faisant poser ses modèles dans un studio mobile au fond parfaitement noir, Leila Alaoui révèle à travers ses portraits bigarrés et illuminés d’une myriade de détails une maîtrise exceptionnelle de la lumière, venant frapper génialement les objets métalliques et faisant rayonner les vêtements et les yeux des sujets.

Mouna Saboni

AyaMouna Saboni, La Peur, 2015.

Partageant avec Leila Alaoui sa double origine franco-marocaine, Mouna Saboni est née à Rennes mais travaille aujourd’hui dans la capitale française. Après une formation à l’École Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles dont elle sort diplômée en 2012, elle développe son travail artistique qui se focalise sur les notions de territoire, de frontières, d’identité et de préservation de la mémoire. Armée de son matériel et de son sac à dos, la jeune photographe sillonne alors les territoires palestiniens déchirés par la guerre, parcourt le Maroc qui constitue une part de ses origines, et traverse même les mers jusqu’au Brésil ; tous ces pays ayant en commun de devoir traiter régulièrement de la question difficile du territoire et des frontières, à des degrés de violence et de doutes très différents.

À l’Institut du Monde Arabe, Saboni expose pourtant une œuvre assez différente de ses thématiques de prédilection. Sensible à la question de la condition des femmes et de la reconnaissance de l’égalité entre les sexes, elle a posé ses valises en Égypte, un pays où 99% des femmes déclarent subir régulièrement des harcèlements sexuels dès qu’elles osent poser un pied en-dehors de leurs foyers. À travers son objectif, Mouna Saboni livre des images angoissantes, dans une série judicieusement intitulée La Peur. Ses compositions volontairement centrées mettent en exergue la crainte constamment ressentie par les Egyptiennes, leur sentiment d’oppression, tandis que le témoignage des viols qu’elles ont subis est placé en écho.

George Awde

George Awde, His Passing Cover, 2014.

Américain d’origine libanaise, Awde est diplômé des Beaux-Arts du Massachusetts et d’un Master en photographie de l’Université de Yale. Très vite arrive la reconnaissance internationale pour son travail, qui est exposé dans de nombreuses galeries internationales, tandis que ses clichés sont régulièrement couronnés de divers prix. Il travaille actuellement à Doha, la capitale du Qatar.

Le style parfaitement identifiable de George Awde laisse la part belle aux couleurs douces, dans des camaïeux de pastel qui atténuent les couleurs vives et baignent ses photographies dans une atmosphère sensible et délicate. Privilégiant les heures propices à la pratique photographique, il travaille tôt le matin ou à l’heure du crépuscule, quand le soleil ne brûle pas encore les teintes et les lumières.

Les images exposées dans le parcours de la Biennale 2015 sont issues d’une série publiée en 2014 et intitulée His Passing Cover, qui s’intéresse avec pudeur et réceptivité à cet âge entre-deux, où les jeunes garçons Arabes passent lentement mais irrémédiablement à l’état d’adulte. Ils sont encore jeunes, mais déjà se dessinent sur leurs corps les marques de la virilité et de l’âge ; des clichés qui permettent à George Awde d’interroger les codes traditionnellement accolés dans le monde arabe à la notion de masculinité. Ombres et lumières subtilement découpées mettent en valeur les musculatures, les peaux dorées et les cheveux de jais de ses modèles.

PREMIÈRE BIENNALE DES PHOTOGRAPHES DU MONDE ARABE

12/11/2015 > 17/01/2016

Institut du Monde Arabe

PARIS

La Maison Européenne de la Photographie et l’Institut du monde arabe s’unissent pour lancer un nouveau rendez-vous artistique : la Bien...

Exposition terminée
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