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Bibliophilie : Pierre Bergé se sépare de son exceptionnelle bibliothèque

Agathe Lautréamont 9 novembre 2015

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Dante, Rabelais, Proust, Sonia Delaunay… Ces noms vous font rêver ? Ce n’est pourtant qu’un mince échantillon des trésors dont l’influent homme d’affaires Pierre Bergé s’apprête à se séparer lors d’une vente prévue le 11 décembre 2015.

bergé© Stéphane Briolant

 

Il se sera écoulé six années depuis la dispersion des effets personnels du couturier Yves Saint Laurent qui avait battu des records en 2009, puisqu’elle avait rapporté la somme astronomique de 374 millions d’euros.

À partir de décembre 2015, Pierre Bergé & associés proposera aux enchères, en association avec Sotheby’s, la bibliothèque personnelle de Pierre Bergé. Elle rassemble quelques 1600 livres, partitions musicales et manuscrits précieux du XVe au XXe siècle. Le 11 décembre, la première partie sera vendue à Paris à l’Hôtel Drouot, sous le marteau d’Antoine Godeau, commissaire-priseur et Vice-président de Pierre Bergé & associés.

La rareté des ouvrages qui s’apprêtent à être dispersés entre les mains de nombreux collectionneurs et bibliophiles fait donc de cette vente un événement incontournable de la vie culturelle de cet hiver.

Dante Alighieri, La Divine Comédie, 1487Dante Alighieri, La Divine Comédie, édition de 1487.

 

Mais cette première vente de 188 ouvrages n’est que le premier acte d’une pièce qui se jouera en plusieurs ventes (sept en tout, entre 2016 et 2017), puisque c’est la totalité de la collection de Bergé qui sera vendue ; et cette dernière compte plus de mille six cents œuvres, des livres bien sûr, mais également des manuscrits d’une valeur autant pécuniaire qu’historique extraordinaire (comme Les journées de Florbelle du Marquis de Sade, seul ouvrage sauvé de l’autodafé perpétré par l’écrivain lui-même, estimé 300 000-400 000 euros) ainsi que des partitions musicales ou de véritables œuvres d’art comme la Prose du transsibérien de Blaise Cendrars aquarellé par Sonia Delaunay (estimé 200 000-300 000 euros).

Au travers de cet ensemble unique, six siècles de création littéraire et musicale sont représentés, du XVe (Leon Battista Alberti) au XXe siècle (Yukio Mishima). L’esthète et directeur de la Fondation Pierre Bergé a cependant pensé aux curieux et amoureux de littérature qui, s’ils ne peuvent pas s’offrir ces trésors, souhaiteraient tout de même les admirer d’un peu plus près. C’est pourquoi une exposition itinérante des ouvrages a été organisée, et celle-ci passera par Paris du 8 au 10 décembre. Et parmi les ouvrages devant initialement être cédés aux plus offrants, une partie sera finalement cédée aux collections publiques, comme l’a annoncé l’homme d’affaires le 6 novembre.

Pierre Bergé a en effet estimé, à six semaines de la première vente à Drouot, que quatre volumes allaient finalement être retirés du catalogue, jugés si précieux qu’ils trouveront une meilleure place à la Bibliothèque Nationale de France.  Sont concernés le manuscrit de Nadja d’André Breton, le jeu d’épreuves des Poètes Maudits de Verlaine, l’édition originale des Maximes et pensées de Chamfort et enfin, une édition originale du Docteur Pascal de Zola. Une sage décision, certaines de ces pièces ayant effectivement davantage leur place dans un musée que chez un collectionneur.

transsBlaise Cendrars, La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, illustré par Sonia Delaunay, 1913.

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