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Hong Kong juge que les œuvres d’Antony Gormley incitent au suicide

Agathe Lautréamont 5 novembre 2015

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Suite au suicide d’un homme depuis le haut d’un immeuble en 2014, la ville de Hong Kong préfère repousser sine die l’installation artistique d’Antony Gormley, qui prévoyait d’exposer des sculptures anthropomorphes sur les toits de la mégalopole.

1 © Antony Gormley

© Antony Gormley

L’exposition itinérante du sculpteur anglais, Event Horizon, qui devait se poursuivre en investissant les toits de Hong Kong, ne se tiendra probablement pas dans cette ville, alors que les trente-et-une statues grandeur nature de l’artiste sont prêtes à être installées. La raison de ce report ? Le suicide d’un homme du haut du toit d’un building qui appartient à HongKong Land, premier sponsor de l’événement culturel.

L’installation artistique avait pourtant bien débuté. Depuis 2007, le créateur britannique a eu l’occasion de placer ses hommes de métal sur les toits de nombreuses mégalopoles (New York, Rotterdam, São Paulo ou encore Londres). Et hormis quelques heurts mineurs en Amérique du Sud, les œuvres avaient été généralement bien accueillies.

Une sculpture d’Antony Gormley à Rio de Janeiro © Alexandre Loureiro/Getty Images.

Seulement, depuis 2014, la donne a considérablement changé. L’installation était prévue pour débuter le 19 novembre, mais suite au suicide d’un de ses employés depuis un immeuble de HongKong Land, le sponsor a jugé plus prudent de se retirer du projet, estimant d’un goût douteux d’exposer des sculptures humaines au bord de gratte-ciel.

Le rappel, trop direct, aurait risqué de choquer l’opinion publique, comme le souligne le Centre de Prévention du suicide de l’Université de Hong Kong. Cependant, l’artiste ne semble pas se décourager face à cette défection, et serait actuellement en pourparlers pour trouver d’autres bâtiments susceptibles d’accueillir temporairement ses créations.

Interrogé par le South China Morning Post, Gormley, célèbre pour ses sculptures inspirées du corps humain, est évidemment partagé par ce retrait de son sponsor. Pour lui, le public saura faire la différence entre une sculpture de fer et un véritable humain se trouvant debout au bord d’un immeuble, ignorant le fait qu’au cours de ses précédentes installations, de nombreux passants affolés avaient signalé aux autorités des tentatives de suicide.

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