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« Dust » : quand une photographie montre l’invisible

Magali Lesauvage 5 novembre 2015

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Novembre est traditionnellement le mois de la photo à Paris. A cette occasion, Exponaute vous présente chaque semaine une exposition consacrée au médium à deux dimensions. On débute avec Dust, au BAL, qui à partir d’une photographie de Man Ray, tente de nous montrer l’invisible. Vertigineux.

Man Ray, Elevage de poussière, 1920.

 

Voilà une exposition passionnante, très « anglée », dont l’arc de réflexion se plie aux inspirations de son commissaire, mais ne rompt pas. Au départ, il y a une image, une photographie de Man Ray, réalisée en collaboration avec Marcel Duchamp. Baptisée Elevage de poussière plus de quarante ans après sa prise de vue (en 1920), cette photo représente, vue à ras d’œuvre, l’accumulation de poussière visible sur le Grand Verre de Duchamp, volontairement abandonné dans l’atelier new-yorkais de l’artiste aux aléas de l’entropie.

Une lumière rasante glisse sur les fils de plomb incrustés dans du verre à la manière des vitraux. Vu du dessus, l’objet évoque le dessin de ruines archéologiques ou de crop circles (ces énigmatiques sillons creusant les champs).

Ecrivain et commissaire de l’exposition, David Campany développe une subtile réflexion à partir de cette image. « C’est un document, écrit-il. C’est une œuvre d’art. Elle est réaliste et abstraite. C’est une nature morte et un paysage. Une performance ? ». Dans l’image de Man Ray, Campany voit « à la fois un ordre caché de la photographie et la révolution qu’elle préfigure dans l’histoire de l’art ». La fondation d’une nouvelle ère, où l’art ne montre plus, où il n’y a même plus rien à voir, hormis le temps dans son épaisseur poisseuse.

Cartes postales de tempêtes de poussière, Kansas.

 

Renversant les points de vue, les œuvres présentées là confondent infiniment grand et infiniment petit, perspectives de face et du dessus, passé et présent dans une vertigineuse plongée dans les images. Des tempêtes de poussière du Kansas à l’effacement d’Hiroshima, en passant par les vues de la guerre en Irak de Sophie Ristelhueber ou les poussières récupérées par Robert Filliou sur des tableaux célèbres, l’exposition procède par couches, enfouissant les certitudes du spectateur.

Le statut de la photographie − et des images − y est interrogé, pour devenir incertain, ambigu. Qu’est-ce que l’on nous montre qui est caché par une pellicule de matière, que devient l’objet quand il n’est plus visible ? Les thèmes de la guerre, des mutations post-industrielles et de la place de l’homme dans l’environnement se croisent là.

La littérature elle-même est convoquée. Ainsi ces vers précieux de T.S. Eliot issus de The Waste Land, et qui résument l’ambition de l’expo comme un manifeste :

Et je te montrerai quelque chose qui n’est
Ni ton ombre le matin marchant derrière toi
Ni ton ombre le soir venue à ta rencontre ;
Je te montrerai ta peur dans une poignée de poussière.

 

DUST / HISTOIRES DE POUSSIÈRE DE MAN RAY ET MARCEL DUCHAMP

16/10/2015 > 31/01/2016

Le BAL

PARIS

L'exposition porte un regard décalé, poétique sur une œuvre particulièrement marquante pour l’histoire de l’art moderne et contempo...

Exposition terminée
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