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Quand communiquer était un art : l’estampe à l’époque de Louis XIV

Agathe Lautréamont 3 novembre 2015

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L’estampe a généralement mauvaise presse : figée, grisâtre, ou simple copie de grandes œuvres de peintres. Cette terne réputation est-elle cependant justifiée ? Que nenni. Tandis que le Petit Palais consacre une exposition à la gravure fantastique au XIXe siècle, la Bibliothèque Nationale de France propose un superbe accrochage des plus belles gravures réalisées sous le règne du Roi-Soleil.

louis

Pierre Drevet, Portrait de Louis le Grand, 1714-1715 © BnF.

Tandis qu’aux siècles précédents, les maîtres-graveurs étaient plutôt à chercher du côté des Flandres, Amsterdam ou Anvers, le XVIIe siècle français s’avère un terreau fertile pour la gravure. Celle-ci connaît une véritable apogée et gagne ses lettres de noblesse auprès de l’opinion publique, qui la considérait jusqu’alors comme un « sous-genre », un artisanat comme un autre qui se contentait de recopier des œuvres de maîtres en petits formats afin de les diffuser à travers l’Europe.

Aussi sous l’hégémonie de Louis XIV s’épanouit un art à part entière, qui varie en technique, en styles mais aussi en tailles. Qu’elles soient à l’eau-forte ou au burin, dans de grands formats ou dans des mesures plus modestes, les gravures ont toutes en commun de révéler une surprenante maîtrise technique et une remarquable finesse de trait.

Organisée en étapes thématiques, l’exposition Images du Grand Siècle à la BnF démontre la pratique absolument florissante et innovante d’un art injustement laissé en marge des autres pratiques artistiques.

Une pluralité de sujets où domine le religieux

sainte famille

Gérard Edelinck, La Sainte Famille de Jésus, 1677 © BnF

Si la gravure est utilisée au XVIIe siècle pour vanter le pouvoir monarchique (la figure de Louis XIV est omniprésente), relayer des événements internationaux majeurs (naissances royales, mariages princiers…) ou poser les prémices de ce que deviendra deux siècles plus tard la publicité (gravures de mode, intérieurs de boutiques de textile…), une thématique bien particulière se détache tangiblement des divers thèmes : celui de la religion.

À compter de la seconde moitié du XVIIe siècle, la foi catholique garde une primauté certaine dans les productions d’estampes, et ce thème sert aussi bien à appuyer le roi dans ses décisions (comme la dramatique révocation de l’Édit de Nantes en 1685) qu’à inciter le petit peuple à la piété, via la diffusions de petites images pieuses portatives qui sont distribuées pour quelques sous dans les villages de France, grâce aux carrioles des colporteurs.

Cependant, le grand format domine sensiblement dans le parcours de l’exposition, reflétant les importantes et régulières commandes qui sont passées aussi bien par les particuliers que les institutions religieuses (couvents, églises), qui peuvent ainsi orner leurs murs pour un prix moindre que celui des peintures.

Diffuser le goût français

église invalides

Pierre Lepautre, Façade de l’église des Invalides © BnF.

Par ses conquêtes militaires mais aussi par le rayonnement de la culture hexagonale, Louis XIV fait de l’Europe un continent où le français se parle dans toutes les cours et où la mode des nations s’inspire de celle de France. Et l’on parle de toutes les modes, qu’elles soient textiles, artistiques ou architecturales.

En ce sens, la place accordée dans l’exposition à la gravure d’architecture n’est pas à négliger, puisqu’elle permet de se rendre compte de la « politique de grands travaux » avant l’heure menée par le Roi-Soleil, pour qui rien n’est trop beau. Le Louvre se trouve ainsi rénové et doté d’une impressionnante colonnade qui, compte-tenu des méthodes du secteur du bâtiment de l’époque, représente une véritable prouesse technique. De même, la construction du monumental Hôtel des Invalides, achevé en 1679, est un point majeur du règne de Louis XIV.

Aussi, à grands renforts d’estampes cartographiant le site ou se focalisant sur les divers éléments architecturaux du bâtiment, l’achèvement de cet hôpital destiné à accueillir les mutilés de guerre est-il vanté, magnifié, diffusé dans tout le royaume de France et de Navarre, et bien sûr au-delà. Toute la maestria des artistes-graveurs (et non plus des artisans graveurs, ces derniers ayant connu une révision de leur statut les faisant de fait grimper d’un cran dans la hiérarchie sociale) est alors sollicitée, de sorte à ce que leurs gravures au burin rendent le moindre détail, le plus petit élément.

Leur travail doit être dédié à la grandeur des réalisations du Roi. Ces exigences esthétiques permettent un essor fulgurant dans la délicatesse de la pratique qui au fil du XVIIe siècle se défait de ses anciens oripeaux de « sous-art ». On peut y voir, dans un sens, un avant-goût de la future pratique publicitaire qui allait véritablement naître au XIXe siècle.

IMAGES DU GRAND SIÈCLE, L'ESTAMPE FRANÇAISE AU TEMPS DE LOUIS XIV, 1660-1715

03/11/2015 > 31/01/2016

BnF - Bibliothèque nationale de France – site François-Mitterrand

PARIS

En présentant plus de 160 pièces, issues en majorité de ses collections de gravures exceptionnelles, la BnF offre la première exposition...

Exposition terminée
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