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Russie : le musée du Goulag entre souvenir, ambiguïté et polémique

Jéremy Billault 2 novembre 2015

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A Moscou, un musée entièrement consacré au goulag vient d’ouvrir ses portes. Ce musée d’Etat autorisé par le gouvernement témoigne, objets et mobilier à l’appui, de l’expérience atroce des camps de la terreur stalinienne. Dans une époque où la Russie oscille entre rejet et réhabilitation, l’inauguration d’un tel musée pose de nombreuses questions.

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Arbres et pierres des jardins du musée proviennent des anciens camps © Gulag History State Museum.

Poutine était absent, l’Etat l’a ignoré, mais ce double événement a beaucoup fait parler. En Russie, le 31 octobre est le jour consacré au souvenir des victimes des répressions de l’époque soviétique qui ont fait des millions de morts. A Moscou, le 31 octobre dernier était aussi le jour de l’inauguration d’un musée, celui du goulag et de ses victimes, reconstitution précise et angoissante d’un calvaire ayant touché 20 millions de détenus.

A l’intérieur de ce musée, qui ne comptait auparavant que quelques salles, tout est sombre, les fenêtres sont condamnées, les murs sont sinistres, les portes métalliques sont rouillées (elles proviennent, elles et beaucoup d’autres objets, directement des camps). L’atmosphère est pesante. Dans chaque salle, des témoignages : des installations, sonores et vidéos, des histoires, celles d’anciens détenus, de leur proches mais aussi de gardiens. Étendu sur quatre étages en plein Moscou, le musée du Goulag expose des photos, beaucoup de photos (2500), des documents d’époque, des objets personnels et des installations : la représentation d’un réel traumatisme.

Progressisme ou suprématie soviétique ?

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Les escaliers du musée © Gulag History State Museum

Pourtant, dans le souvenir, quelques oublis. L’Histoire représentée par le musée s’achève en 1958 (en 1953, à la mort de Staline, 2,5 millions de détenus peuplaient encore les camps), et ne prend pas en considération les camps politiques présents jusqu’à la fin de l’URSS.

L’inauguration de ce musée (qui malgré tout est un musée d’Etat) a été, au même titre que la journée de commémoration, totalement ignorée par le gouvernement russe. S’il semble légitime, ce musée du souvenir va de pair avec une rupture et un rejet du passé que tous ne partagent pas. C’est le cas, selon l’opposition, de Vladimir Poutine dont les démarches nostalgiques et les hommages répétés tendent à réhabiliter un passé controversé, celui de Staline et d’un goulag à son « apogée ».

D’un côté, Poutine critique ouvertement la terreur stalinienne et permet l’ouverture d’un musée du Goulag, de l’autre son ministère de la Culture autorise la création de monuments consacrés à Staline. Dans le pays, les nostalgiques sont nombreux (presque un Russe sur deux, selon un sondage de l’institut indépendant Levada, évoque Staline avec des termes positifs). L’inauguration du musée est un symbole (la veuve d’Alexandre Soljenitsyne était présente), et l’attitude du gouvernement n’a prouvé qu’une chose : la Russie n’a pas encore tout à fait rompu avec son passé.

 

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