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Au Quai Branly, les folles métamorphoses de l’art du fleuve Sepik

Magali Lesauvage 2 novembre 2015

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Le musée du Quai Branly présente une exceptionnelle exposition sur les arts du fleuve Sepik, en Papouasie-Nouvelle-Guinée, où la folie des formes côtoie la puissance des mythes. Visite en images.

 

Des oiseaux qui se changent en lézards. Des vulves béantes et des phallus qui se dressent dans tous les coins. Des devenirs-masques et des anguilles « mères spirituelles ». Des crânes surmodelés d’où toute ressemblance humaine a disparu. Des pirogues comme des rêves et des échelles généalogiques au profil infini comme la Colonnne sans fin de Brancusi… On ne s’étonne pas, à la visite de la puissante exposition Sepik au musée du Quai Branly, que les arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée aient fasciné les surréalistes.

Au premier rang desquels leur chef de file André Breton, qui possédait un certain nombre d’artefacts provenant des rives du fleuve Sepik, notamment des colliers de coquillage, des boucliers ornés, un monumental bouchon de flûte, des crochets à nourriture, d’emblématiques crânes peints et plusieurs masques d’initiation (dont certains sont aujourd’hui conservés sur le mur d’atelier du poète, au Centre Pompidou).

Les métamorphoses

Tout une imagerie d’esprits et de forces occultes qui reste encore mal connue du public français. C’est en effet la première fois qu’est organisée en France une exposition sur les arts de cette région d’Océanie qui fut tour à tour, depuis la fin du XIXe siècle, envahie par les Australiens (sous l’autorité de la couronne britannique), les Allemands, les Japonais… avant d’acquérir son indépendance tardivement, en 1975. Si l’expo réunit les travaux de trois chercheurs (français, allemand et suisse), qui explorent les ressources de l’île depuis une trentaine d’années, l’essentiel des œuvres provient d’Allemagne, où l’ethnologie océanienne fit de nombreux adeptes au début du XXe siècle (pour en retour influencer les artistes, notamment ceux du groupe Die Brücke).

Et c’est une intense ode amoureuse à un art d’une liberté folle qui se raconte dans cette exposition, que l’on parcourt comme on longe les méandres de ce fleuve de plus de 1000 kilomètres de long. Là, comme dans un songe, se mêlent les formes et les croyances, les hommes et les animaux, les sexes masculins et féminins, les vivants et les morts. Des pirogues à tête de crocodile ou d’oiseaux aux « maisons des hommes » où se tiennent de mystérieux rites d’initiation (incluant scarifications et rites sexuels), en passant par le regard terrorisant de sculptures féminines aux jambes écartées et les crânes dessinés d’ennemis aux yeux exorbités, c’est tout un vocabulaire formel d’une intensité proprement médusante qui est offert aux yeux des visiteurs.

Une beauté littéralement physique, où l’image n’est jamais fixe mais fluctue en métamorphoses perpétuelles, où les masques se superposent à d’autres masques, où le sens se perd en interprétations complexes, et où, surtout, on recherche la présence de gestes en grande partie perdus.

 

Crédits : Linden-Museum Stuttgart/Ursula Didoni ; Bâle, Museum der Kulturen/Hughes Dubois ; musée du quai Branly/Claude Germain, Thierry Ollivier, Michel Urtado ; Berlin, Ethnologisches Museum/Martin Franken, Claudia Obrocki.
SEPIK

27/10/2015 > 31/01/2016

Musée du quai Branly

PARIS

L’exposition rassemble un ensemble de 230 sculptures liées à la vallée du Sepik, immense marais qui s’étend au nord de la Papouasie-...

Exposition terminée
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