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Que cache « Take me (I’m Yours) », l’expo à emporter chez soi ?

Jéremy Billault 28 octobre 2015

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La Monnaie de Paris accueille Take me (I’m Yours), vingt ans après son succès à Londres. Conçue par Christian Boltanski et Hans Ulrich Obrist, l’exposition, ludique ou symbolique, est composée d’œuvres que chaque visiteur peut emporter. On a testé pour vous cet événement interactif et mystérieux.

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Christian Boltanski, Dispersion, Paris, Monnaie de Paris.

Elle fait beaucoup parler sans donner trop de détails. À la Monnaie de ParisTake me (I’m yours) promet au visiteur curieux qu’il pourra repartir avec une partie des œuvres exposées dans un soucis d’interactivité qui, a priori, fait défaut aux expositions traditionnelles.

Fast-art

Avec cette simple information, on se prend évidemment à rêver (en se doutant bien qu’on ne repartira pas avec un Rembrandt), d’une œuvre unique qui voyagerait directement de l’atelier à notre salon après un passage par l’étape musée. Finalement, non.

Repartir avec quelque chose : oui (on peut même remplir son petit sac jusqu’à plus soif). Repartir avec quelque chose d’original : non (il  y a littéralement des tas, ici et là, dans lesquels il faut piocher). Mais pourquoi pas, les œuvres sont fragmentées et destinées à disparaître en étant disséminées et utilisées ou non par les visiteurs.

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Felix Gonzales-Torres, Sans titre, Paris, Monnaie de Paris.

À l’entrée de l’exposition, dans une grande salle, plusieurs tas de vêtements « de seconde main » (une œuvre de Christian Boltanski) entre lesquelles sont posées à même le sol des affiches empilées (une œuvre de Felix Gonzales-Torres). Le début d’une visite qui tourne rapidement au supermarché, l’œuvre étant soumise au jugement instantané de spectateurs acteurs (« Ouais allez, ça je prends, j’avais besoin d’une affiche de toute façon »).

L’exemple le plus significatif est probablement celui de Felix Gonzales-Torres, dont les piles d’objets du quotidien semblent perdre leur intérêt et leur puissance. Qu’ils symbolisent la propagation du virus du Sida ou le corps de l’artiste (son poids en bonbon) qui disparaît peu à peu, les travaux de l’artiste se diluent dans une exposition dont la seule logique est son caractère éphémère sans que le ludique ne soit utile ou didactique, sans que le côté attractif ne permette à tous d’entrer dans le vif du sujet, l’art.

« Pendant quelques secondes, j’ai mis quelque chose de sucré dans la bouche de quelqu’un et je trouve ça très sexy », disait Gonzales-Torres à propos de ses bonbons. Pas sûr que tout le monde ait saisi cette subtilité.
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Hans-Peter Feldmann, Postcards, Paris, Monnaie de Paris.

Clou de l’exposition, une salle à selfies transforme l’humain en œuvre. Via un photomaton lui aussi en libre service, le visiteur est invité à prendre une série de photos qu’il accrochera à un mur qui est également mis à disposition de la moindre inscription. Certains y citent Baudelaire (quitte à être créatif, autant citer les autres), d’autres leur prénoms (« Véronique et Sylvie étaient là » ou encore « On pèse dans le game », probablement d’auteurs différents).

Monnaie oblige, on prend souvent et parfois on donne, on échange. Dans une salle prévue à cet effet trônent des tickets de métro usagés, des feuilles à rouler et… des pilules de Gonzales-Torres qui auront décidément moins voyagé que prévu. S’ajoutent à cela un breuvage que l’on n’aura pas eu le courage de tester, composé de tous les nutriments nécessaires à un repas (signé Sean Raspet), un os de volaille à imprimer en 3D, et un arbre à souhaits de Yoko Ono.

On fait vite le tour, on ne repart pas les mains vides (beaucoup parlent de Take me (I’m yours) en évoquant son rapport qualité-prix, il faut tout de même y aller en affiches et en bonbon pour amortir les 12 euros d’entrée). L’expérience est ludique, sans plus.

 

TAKE ME (I'M YOURS)

16/09/2015 > 08/11/2015

Monnaie de Paris

PARIS

Après s’être transformée, à l’occasion de sa réouverture en octobre 2014, en usine de chocolat avec la Chocolate Factory de Paul Mc...

Exposition terminée
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