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Sept artistes à découvrir à la FIAC 2015

Magali Lesauvage 22 octobre 2015

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Cent soixante-quinze exposants, 1733 artistes, plusieurs milliers d’œuvres : autant dire qu’opérer un choix à la FIAC relève de la plus grande subjectivité. On a préféré concentrer notre regard de prédateur esthétique autour de critères précis : des artistes dont le nom commence à émerger ça et là (mais pas forcément très très jeunes), et plutôt représentés par des galeries françaises (histoire d’avoir plus de chance de les revoir par la suite). On n’avait pas mentalement coché la case « sexe féminin », et pourtant sur les sept artistes dont on a griffonné le nom sur notre dépliant, cinq sont des femmes… et c’est peut-être tant mieux.

KAPWANI KIWANGA (galerie Jérôme Poggi, Paris)

Débarquant sur le stand de la galerie Jérôme Poggi, on pensait s’être trompé et avoir confondu avec le fournisseur de décoration florale, mais les gerbes présentées ici sur des socles et aux murs sont bien des œuvres d’art. Car dans le projet Flowers of Africa de la Canadienne Kapwani Kiwanga, trente-sept ansles fleurs reprennent les compositions affichées lors d’événements politiques ayant mené à l’indépendance de pays africains (non sans rappeler la série Est-il possible d’être révolutionnaire et d’aimer les fleurs ? de Camille Henrot). Un rappel iconographique éphémère d’événements par ailleurs gravés dans le marbre.

Kapwani Kiwanga, Flowers for Africa: Nigeria, 2014, courtesy galerie Jérôme Poggi, Paris.

 

LAËTITIA BADAUT HAUSSMANN (galerie Allen, Paris)

Son nom est un peu sur toutes les lèvres, ses œuvres ont été acquises par le CNAP, bientôt elle s’envolera pour la prestigieuse résidence de l’Institut français à la Villa Kujoyama, à Kyoto. Laëtitia Badaut Haussmann, trente-cinq ans, s’est fait connaître par ses performances (notamment lors de l’exposition générationnelle Dynasty en 2010 au Palais de Tokyo), et se voit cette année offrir un solo show à la FIAC par sa galerie parisienne. Où mémoire et formes de la modernité (en particulier celles de Charlotte Perriand) se répondent par séries avec une élégance énigmatique. À suivre.

Laëtitia Badaut Haussmann, vue du solo show sur le stand de la galerie Allen, FIAC 2015, Grand Palais.

 

LATOYA RUBY FRAZIER (galerie Michel Rein, Paris et Bruxelles)

À trente-trois ans, l’artiste et activiste africaine-américaine LaToya Ruby Frazier commence à acquérir une certaine notoriété en France, grâce notamment à une première expo personnelle organisée cet automne au Carré d’art de Nîmes. Dénonçant par ses photos et vidéos la crise qui saisit sa famille depuis trois générations, elle se situe dans une démarche résolument politique. Un coup de fouet de réel brut qui ne fait pas de mal dans le contexte surnaturel de la FIAC.

LaToya Ruby Frazier, Aunt Midgie and Grandma Ruby, 2007, courtesy galerie Michel Rein, Paris et Bruxelles.

 

DAVID RENGGLI (galerie Valentin, Paris)

Moins il y a d’œuvres et mieux on les voit, ce truisme n’est jamais autant valable qu’à la FIAC. Preuve en est sur le très beau stand de la galerie Valentin, qui présente dans des accords précieux de formes et de couleurs les toiles et sculptures de David Renggli. L’artiste suisse de quarante-et-un ans démontre que le formalisme, issu d’une certaine tradition moderniste de l’abstraction chère à nos voisins helvètes, peut encore être source de délectation pour l’œil. Jubilatoire !

Stand de la galerie Valentin, avec des œuvres de David Renggli et Jean-Baptise Bernadet, FIAC 2015, Grand Palais.

 

ELISABETTA BENASSI (galerie Jousse Entreprise, Paris)

On a tout de suite été happé par cette figure gelée, comme momifiée. L’image, photo noir et blanc, représente le visage, entouré d’une fourrure comme d’une auréole, de Henri Boujon, membre de l’expédition française en Antarctique de 1951. On songe à une mutation post-apocalyptique, a contrario à une face primitive, ou, un peu entre les deux, à la cristallisation des êtres et des choses à l’œuvre dans La Forêt de cristal de J. G. Ballard. Glaçant.

Elisabetta Benassi, That’s me in the picture, 2015, courtesy galerie Jousse Entreprise, Paris.

 

OLIVER OSBORNE (galeries Giò Marconi, Milan et Catherine Bastide, Bruxelles)

Oliver Osborne a trente ans, est anglais, et on ne le connaissait pas avant la FIAC. Exception à notre tableau de chasse, il est représenté par des galeries belge et italienne, et il peint. Des grands formats noir et blanc bédéesques, mais aussi des natures mortes hyperréalistes. Un art simple et une ligne claire qui font un peu respirer au milieu des expérimentations compliquées de ses confrères.

Oliver Osborne, Untitled, 2015, courtesy galeries Giò Marconi, Milan et Catherine Bastide, Bruxelles.

 

LIZ MAGOR (galerie Marcelle Alix, Paris)

Elle est, de loin, l’artiste la plus âgée de notre sélection. À soixante-sept, la Canadienne de Winnipeg Liz Magor n’en impose pas moins un vent de fraîcheur par sa pratique, dont elle dit qu’elle est destinée à « réhabiliter le zéro ». Ses sculptures et assemblages, encore peu montrés en France, prélèvent et empaquettent les objets du quotidien avec amour. Une pratique sensible qui touche.

Liz Magor, Companion, 2015, courtesy galerie Marcelle Alix, Paris.

 

Voir également notre diaporama des stands du Grand Palais et notre revue des galeries en mouvement.

 

FIAC 2015

22/10/2015 > 25/10/2015

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