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Une carte du monde vieille de treize siècles au registre international de l’UNESCO

Agathe Lautréamont 21 octobre 2015

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Véritable trésor, la Mappa Mundi d’Albi fait partie des plus anciennes cartes du monde parvenues jusqu’à nous. Conçue vers la deuxième moitié du VIIIe siècle, elle vient d’être inscrite au registre international « Mémoire du monde » de l’UNESCO.

manuscrit 1

Mappa Mundi d’Albi © Réseau des médiathèques du Grand Albigeois.

Un manuscrit datant du VIIIe siècle

Mémoire du monde est un programme lancé par l’UNESCO en 1997, visant à préserver des collections d’archives et autres bibliothèques partout dans le monde, tout en leur assurant une importante promotion afin de ne jamais les voir tomber dans les limbes de la mémoire collective. Conçu comme un véritable registre universel, ce programme compte d’importants trésors déjà inscrits en France et en Europe, à l’instar de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789-1791), des films des Frères Lumières ou encore de la Tapisserie de Bayeux.

Non symbolique, ni abstraite (ce qui est exceptionnel pour une carte de cette époque), la Mappa Mundi d’Albi est d’une importance cruciale pour l’histoire de la cartographie mondiale qui n’en était alors qu’à ses balbutiements, mais aussi pour l’histoire plus large de la représentation et la compréhension de l’espace terrestre par l’Homme. Conservée au cœur d’un manuscrit composé de 77 feuillets en parfait état de conservation, le recueil intitulé au XVIIIe siècle Miscellanea (qui signifie simplement « recueil » en latin), comporte également un surprenant index des vents et des mers. Quant au manuscrit en lui-même, il fait partie de l’ancienne bibliothèque du chapitre de la cathédrale d’Albi, qui lui donne donc son nom.

Un trésor fragile

Médiatheques Grand Albigeois

Descriptif de la Mappa Mundi © Réseau des médiathèques du Grand Albigeois.

S’il nous est parvenu en excellent état, le manuscrit n’en demeure pas moins très fragile. Composé de parchemins issus d’une peau de mouton ou de chèvre, cette peau épaisse comporte des irrégularités naturelles, des défauts et des perforations ; des caractéristiques typiques d’un parchemin du VIIIe siècle. Aujourd’hui conservée à la médiathèque Pierre Amalric d’Albi dans des conditions la protégeant de l’air, de la lumière et de l’humidité, elle n’est que rarement montrée au public pour des raisons évidentes de préservation. Mais elle est également auréolée de mystère : on ignore encore aujourd’hui son auteur, ainsi que son lieu précis de réalisation. Sud de la Gaule ? Albi ? Espagne ? Les chercheurs continuent de s’interroger…

Aujourd’hui, tout est fait pour que la Mappa Mundi soit préservée dans des conditions optimales, car il s’en est fallu de peu pour que ce témoignage exceptionnel de l’érudition du Haut Moyen âge disparaisse. Endormie dans la bibliothèque de la cathédrale d’Albi pendant de longs siècles, sa reliure a fait l’objet d’une restauration d’abord au XVIIe siècle, puis au XVIIIe siècle. À la Révolution française, les archives de la cathédrale sont la proie d’un terrible incendie, mais le manuscrit subsiste par miracle, avant de devenir bien d’État et d’être placé dans la bibliothèque de l’hôtel Rochegude d’Albi en 1908. L’odyssée du manuscrit s’achève finalement en 2001, avec son placement dans la médiathèque de la ville.

 

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