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Réjouissant Philippe Halsman au Jeu de Paume

Agathe Lautréamont 20 octobre 2015

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L’homme aux 101 couvertures du magazine LIFE et inventeur de la délirante jumpology est salué dans une riche et divertissante exposition au Jeu de Paume. Focus sur le travail du photographe américain via trois de ses modèles fétiches.

Philippe Halsman et Marilyn Monroe

Marylin Monroe, 1952 © Philippe Halsman Archives

Marilyn Monroe, 1952 © Philippe Halsman Archives

Ce qui caractérise toute la pratique de Philippe Halsman, et dont il ne dérogea jamais au cours de son existence, c’est bien l’attention qu’il accorde au naturel des poses prises par ses modèles. Las de ces clichés figés dans l’intemporalité et dans des postures qui correspondent à l’image que le grand public se fait d’une personnalité, Halsman se montre, au contraire, curieux de la personnalité profonde de son sujet.

Pas de fioritures donc, et encore moins de représentations stéréotypées et déjà vues des centaines de fois. Aussi, lorsqu’il croisa Marilyn Monroe, Halsman ne se doutait probablement pas que cette rencontre était le signe annonciateur de collaborations régulières étalées sur plus d’une décennie.

Marylin Monroe, 1959, Musée de l'Élysée © Philippe Halsman Archives

Marilyn Monroe, 1959 © Philippe Halsman Archives

À l’époque, l’actrice, chanteuse et icône glamour jouit d’une célébrité sans pareil, et le photographe entreprend alors une série de portraits de la jeune femme, en dehors des images que l’on connaît du « mythe » Monroe. Il la photographie ainsi dans l’intimité de son appartement, en train de soulever des altères ou lisant un livre. Mais le visage de la star demeure figé dans l’expression qu’on lui connaît tous : yeux mi-clos, bouche pulpeuse et menton relevé dans une attitude séductrice. On ne se refait pas.

Qu’à cela ne tienne ! Il soumet alors la comédienne à sa fameuse « jumpology » qui deviendra la marque de fabrique Halsman. En faisant sauter en l’air ses modèles, il désinhibait ces derniers qui ne pouvaient plus se concentrer sur leurs poses. Et l’astuce fonctionne à merveille : on découvre une Marilyn riant aux éclats et brushing ébouriffé, loin de la traditionnelle image de papier glacé idéalisée au possible.

Philippe Halsman et Salvador Dalí

Dali Atomicus, 1948 © Philippe Halsman Archives

Dalí Atomicus, 1948 © Philippe Halsman Archives

Lorsque la quête insatiable d’originalité d’Halsman rencontre l’excentricité de Dalí, le résultat ne pouvait être que détonnant. Les deux artistes restèrent amis durant trente-sept ans, et collaborèrent au cours de quarante-sept séances photos, aux résultats aussi extravagants que créatifs. Le peintre et sculpteur espagnol, figure majeure du surréalisme, avait en effet trouvé en son ami photographe un média original pour pouvoir se mettre en scène, et proposer une continuité à son art surprenant en prenant des postures loufoques qui encore aujourd’hui, restent dans la mémoire de tous.

Car la plupart des portraits que l’on connaît de Dalí, c’est bien Halsman qui les a pris. Qu’il soit en train de sauter palette en main, travaillant avec sa femme Gala en guise de bureau ou modelant sa longue moustache dans des formes toutes plus improbables les unes que les autres, l’alchimie entre les deux hommes est exceptionnelle.

Dali's mustache, 1953-1954 © Philippe Halsman Archives

Dalí’s mustache, 1953-1954 © Philippe Halsman Archives

Car au-delà de leur conception bien personnelle de l’art et du surréalisme, de nombreux points communs rapprochent l’Américain et l’Espagnol. Intérêt pour la littérature et la psychanalyse, goût pour le symbolisme, polyglottisme… Tous deux font également montre d’un humour décapant qui prend corps dans leur collaboration artistique, où chacun trouve son compte : Halsman expérimente encore et encore, tandis que le peintre surréaliste se voit offrir une publicité non-négligeable qui l’aide à devenir très populaire aux États-Unis.

Philippe Halsman et Fernandel

Fernandel, 1948 © Philippe Halsman Archives

Fernandel, 1948 © Philippe Halsman Archives

C’est en 1948 que les deux hommes se rencontrent, tandis que Fernandel est en voyage à New York. Attiré par le personnage de comique issu du music-hall qu’est l’acteur français, Philippe Halsman propose à Fernandel de poser pour lui, dans le cadre d’une expérience photographique des plus originales. Le principe est simple : le photographe poserait au comédien vingt-quatre questions techniques sur l’économie, la finance ou les sujets sociaux américains, et l’acteur ne devrait répondre que par des expressions faciales.

On connaît le long visage si expressif du comique préféré des Français de l’après-guerre, et c’est encore une fois un coup de maître, un coup de génie pour Halsman. Au-delà du ton humoristique de la série de photographies intitulée The Frenchman (qui sera un véritable succès en librairie), on ressent une véritable complicité entre Fernandel et Philippe Halsman. Surmontant la barrière de la langue (l’acteur français ne comprenant pas un traître mot d’anglais), les deux compères prouvent que l’on peut tout aussi bien faire comprendre des choses grâce à une simple mimique, un éclat au fond des yeux.

Fernandel, 1948 © Philippe Halsman Archives.

Fernandel, 1948 © Philippe Halsman Archives.

« Le Français moyen pince-t-il toujours les fesses des jolies filles dans la foule ? » ou encore « Que pensez-vous du base-ball, ce grand sport américain ? ». Voici quelques exemples des questions incongrues posées par Halsman à un homme qui ignore tout de la culture des États-Unis d’Amérique, et qui s’amuse des insinuations ironiques de son photographe. Les réactions de Fernandel sont bien sûr hilarantes, et rappellent l’art de Charlie Chaplin. Halsman et le comédien se moquent allégrement des clichés sur les Français et les Américains, tout en proposant un travail jamais vu jusqu’alors, ainsi qu’une belle leçon d’humanité. Dans l’édition originale parue en 1948, le photographe expliquait dans la préface : « Les accents et les différences sont là, non pas pour contrarier, mais pour être savourés ».

PHILIPPE HALSMAN. ÉTONNEZ-MOI

20/10/2015 > 24/01/2016

Jeu de Paume

PARIS

Cette exposition, réalisée par le Musée de l’Élysée à Lausanne à partir des archives de la famille Halsman, met en lumière, pour l...

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