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Pauline Bastard crée « Alex », personnage fictif bien réel

Magali Lesauvage 20 octobre 2015

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Lauréate des Audi talents awards en 2014, Pauline Bastard présente au Collège des Bernardins Alex, personnage fictif mais bien réel. Rencontre avec l’artiste qui nous présente son passionnant projet.

Pauline Bastard, Alex, 2015.

 

On avait découvert Pauline Bastard il y a deux ans, à l’occasion d’un projet, déjà un peu fou, qui l’avait amenée à disperser dans le paysage landais les fragments d’une maisonnette. Avec Alex, la jeune artiste de trente-trois ans repousse encore les limites du possible. « Je ne me pose pas vraiment la question de savoir si c’est faisable avant d’avoir débuté le projet », nous confie-t-elle en toute sérénité la veille de l’ouverture de son exposition au Collège des Bernardins.

À l’origine d’Alex, une idée simple : créer un personnage fictif, lui donner une apparence physique (celle d’un interprète, François, soigneusement choisi par casting), et le plonger dans la vie réelle. Pour cela, Pauline Bastard s’est entourée d’une équipe solide : une psychologue, une scénariste, un avocat, une styliste, une anthropologue, qui ont défini les contours d’Alex en fonction de leurs diverses approches théoriques. À plusieurs, ils lui ont créé une mémoire immédiate, qui comme toute mémoire, tend à se déformer. Les possibilités ensuite (et les questionnements) sont nombreux.

Exposition-Alex-c-Pauline-Bastard-2015-1 Pauline Bastard, Alex, 2015.

 

Armée d’une caméra, Pauline Bastard a suivi Alex toute cette année dans ses diverses activités : au salon de massage, chez la psy, dans une réunion avec une « love coach », en rendez-vous à la banque. Tout est vrai, mais tout est faux. « Alex n’a pas de passé, et nous n’avons pas voulu lui en créer un ». Il existe pourtant, notamment de manière légale via la création d’une association à son nom. Il a une adresse, un compte Facebook, et un corps, celui de François, rencontré par Pauline Bastard grâce à une petite annonce publiée sur le site Craigslist.

« Il a fallu créer Alex morceau par morceau, un peu comme on crée une planche tendance dans la mode », nous explique cette ancienne diplômé de l’école d’arts appliqués Duperré. Depuis sa création, Alex existe donc par les personnes qu’il a rencontrées (généralement bienveillantes), mais aussi les objets et vêtements qu’il a portés ou ce qu’il a pu raconter de son existence condensée. Tout un réseau de signes qui constituent un être.

Pour Pauline Bastard, l’expérience « Alex » s’est déroulée à plusieurs, et lui a donné « une excuse » pour visiter, rencontrer, avoir des activités qu’elle n’aurait pas eues seule. Une véritable « projection collective », qui a débuté avec une réflexion de l’artiste sur la possibilité de domicilier de vrais individus dans des immeubles parisiens en trompe-l’œil. « L’idée de départ, assure Pauline Bastard, est de créer des failles dans le réel ». De la matière à fictions que l’artiste souhaite désormais porter au cinéma. Avec un avantage sur les films classiques : « Ce qu’on verra dans le film sera plus intéressant car c’est vraiment arrivé ».

Aujourd’hui François est retourné à sa vie, mais Alex existe encore.

 

ALEX, UN PROJET DE PAULINE BASTARD

21/10/2015 > 15/12/2015

Collège des Bernardins

PARIS

Poursuivant sa trajectoire auprès des artistes émergents, le Collège des Bernardins et le commissaire Gaël Charbau proposent à l’arti...

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