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Le graffeur Azyle VS la RATP : qui obtiendra gain de cause ?

Agathe Lautréamont 19 octobre 2015

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Véritable mythe dans le milieu du graffiti, Azyle est un artiste atypique qui fuit la médiatisation et refuse la commercialisation de son travail. Condamnée en première instance, la légende du tag Azyle avait fait appel de la décision du tribunal. L’artiste et son avocat ont cependant revu leur copie en matière de défense…

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Reportage Le droit d’Azyle, Clique. TV – Capture vidéo Youtube.

Le 7 octobre dernier, Azyle a retrouvé la RATP au tribunal, pour son procès en appel. Attaqué par la régie des transports en commun pour dégradation de biens publics, le dossier du taggeur est pourtant bien épais : pas moins de dix-sept ans de peintures à la bombe sur les wagons du métro parisien. Il se fait pourtant pincer en flagrant délit en 2007, et décide donc de ne pas nier les faits ; déclarant même accepter de payer une amande pour ses forfaits. Mais pas n’importe laquelle. Il conteste en effet vivement la première somme de dommages et intérêts réclamée par la RATP, arguant que cette dernière se serait tout bonnement trompée dans ses calculs !

On prend les mêmes, et on recommence

En effet, l’entreprise de transports parisiens réclame à Azyle 195 000 euros, une somme colossale qui intrigue l’avocat de l’accusé. Celui-ci se procure alors les documents qui ont servi au calcul de cette somme, et fait une découverte étrange : la méthode de calcul est fondée sur un barème très précis, expliquant qu’un mètre carré de métro demanderait une heure pour nettoyer les traces de peinture en bombe. Qu’à cela ne tienne, Azyle tente lui-même l’expérience, et obtient des résultats très différents. En usant des mêmes produits d’entretien, du même type de peinture apposée sur le même support, celui qui dans la vie de tous les jours se prénomme Sylvain constate qu’il ne faudrait qu’une petite dizaine de minutes pour rendre à la surface en question tout son éclat.

Revoir sa copie

Compte tenu de ces nouveaux éléments, l’amende devant être payée par l’accusé devrait donc s’élever au maximum à 40 000 euros. Le procès s’ouvrait donc la semaine dernière, mais la Régie Autonome des Transports Parisiens est parvenue à renvoyer l’affaire à une date ultérieure, à savoir mars 2016, cherchant par là à éviter de se retrouver sous le feu des projecteurs, affublée du mauvais rôle.

La RATP a toujours fait montre de prudence lors des procès qu’elle a pu attenter au cours de son histoire, et dans le cas d’Azyle, elle espère surtout éviter un effet Barbra Streisand et voir ses rames de métro brusquement repeintes par une armée de graffeurs venus rendre hommage à leur façon au condamné. À l’heure où le graffiti s’expose dans les musées, la RATP a donc préféré attendre que les choses se tassent un peu…

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Reportage Le droit d’Azyle, Clique. TV – Capture vidéo Youtube

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