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« Co-workers » : quand réseaux et nouvelles technologies investissent le musée

Agathe Lautréamont 19 octobre 2015

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Co-workers. Sous ce titre énigmatico-anglais se cache une sélection de jeunes artistes contemporains qui s’interrogent sur les notions de réseaux, et créent des installations essentiellement fondées sur une réinterprétation du processus créatif. Visite au musée d’Art moderne de la Ville de Paris.

co workers

Timur Si-Qin, Art pictured : Selection display : Ancestral prayer, 2012.

Troisième révolution industrielle

Le XXIe siècle sera digital ou ne sera pas. Et nous en sentons déjà les prémices. Travailleurs réunis dans des open-spaces ultra-connectés, riverains le regard vissé sur leur smartphone ou jeunes enfants jouant seuls avec leur console portable : le numérique et les nouvelles technologies ont opéré des bouleversements significatifs et sans précédents dans l’Histoire de l’homme. Tant et si bien que le musée de l’Homme récemment ouvert a inclus des coques de téléphone portable à ses collections permanentes.

Face à cet empire indétrônable du web, qui lie les populations dans une instantanéité qui touche au prodige, et isole dans le même temps dans un univers cloisonné où l’écran nous captive plus que le paysage alentour, créer des œuvres d’art a-t-il encore un sens ? Dans un individualisme connecté où l’important est l’information permanente, dans un flux incessant, qui nous captive comme le cobra l’est par la flûte, la force créatrice existe-t-elle seulement ? N’est-il pas temps, au contraire, de redéfinir les formes et les notions mêmes de l’art ? C’est ce que cherchent à faire la trentaine d’artistes qui a été réunie pour cette exposition par le musée d’Art moderne de la Ville de Paris ; chacun cherchant à sa façon à aborder des thématiques via des installations, des performances et des vidéos.

Cecile B Evans, Workspace_Haku 2014 © Cécile B Evans

Cécile B Evans, Workspace_Haku, 2014.

Omniprésence de l’image

Les créateurs rassemblés par Co-Workers ont bien saisi cette prévalence de l’image et du son dans notre période contemporaine, et la traduisent dans les travaux exposés. En produisant des installations essentiellement fondées sur le visuel, ils critiquent dans un sens cet envahissement de l’image dans notre vie, recréent les absurdités qui peuvent être montrées au grand public à la télévision ou dans les méandres peu fréquentables du web.

À une époque où cette image-reine passe également par la mise en scène constante de notre propre personne, touchant de ce fait à un égocentrisme revendiqué, les artistes de Co-Workers détournent ce nombrilisme étalé sur les réseaux sociaux pour les tourner en ridicule, mais aussi pour les interroger. Que nous apporte véritablement l’image ? Peut-elle nous aider à nous accomplir en tant qu’individu, ou risque-t-elle de devenir aliénante sur le long terme ?

DIS The Island (KEN) 2015 Created in collaboration with Dornbracht and co-designed by Mike Meiré Photography Heji Shin - Courtesy the artists

Mike Meiré, DIS The Island (KEN), 2015.

Les installations vidéo, étranges sculptures et semblants de peinture explorent donc, chacune à leur manière, la complexité des échanges dématérialisés qui dépassent l’échelle humaine, mais nous entourent pourtant de leurs ondes insaisissables. On touche parfois au trans-humanisme, lorsque ces créateurs venus de tous les horizons se penchent sur la façon dont la conscience humaine et l’intelligence peuvent s’étendre jusqu’aux machines, abordant cette éternelle thématique si chère à la science-fiction qu’est l’intelligence artificielle.

Si des pistes sont bien jetées par ces travaux, l’exposition peine cependant à véritablement approfondir la notion de réseau en mimant d’en prendre la forme par l’association de l’interactivité et des performances. Le musée d’art moderne ne parvenant pas à s’inscrire lui-même dans ce flux, dans cette circulation continuelle.

Mark Leckey Pearl vision, 2012 Quicktime video 3 minutes 6 seconds Courtesy Mark Leckey and Cabinet, London

Mark Leckey, Pearl vision, 2012.

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