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Un expo photo de la Samaritaine sur fond de bataille juridique

Agathe Lautréamont 16 octobre 2015

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Du 17 octobre au 20 décembre 2015, le projet photographique Ma Samaritaine revient sur les grilles de la rue de Rivoli pour nous révéler le travail de quelques photographes contemporains. Mais l’événement ne saurait masquer la polémique au sujet de la démolition prochaine du bâtiment.

 

Promouvoir la modernité par… l’art contemporain

La Mairie de Paris a mis les bouchées doubles afin de valoriser les travaux en cours pour le nouveau projet de centre commercial et d’hôtel de luxe mené par le groupe LVMH. Afin de faire comprendre aux visiteurs les travaux de réhabilitation du bâtiment dont le magasin principal est classé aux monuments historiques, une exposition de photos est accrochée à l’angle de la rue de Rivoli et de la rue des Bourdonnais.

Les artiste photographes livrent ainsi des interprétations toutes personnelles de ces lieux abandonnés, tout en révélant sous un autre jour l’architecture de cet immeuble de style Art nouveau fermé au public depuis maintenant dix ans. Regard original, interprétation tranchée, créativité foisonnante… chaque cliché livre l’univers du photographe, et ajoute une pincée de folie à la Samaritaine.

Oui, mais.

Le feuilleton dure maintenant depuis 2008. À cette époque, le groupe LVMH dépose un projet pour le réaménagement du site de la Samaritaine pour y créer des bureaux, des commerces, des logements sociaux et un hôtel de luxe. L’ouverture est espérée alors à l’horizon 2015. Un an plus tard, Anne Hidalgo confirme qu’un hôtel prestigieux sera livré côté Seine, tandis que des logements sociaux se trouveront côté rue de Rivoli.  Le projet semble définitivement établi.

FRANCE - JUNE 15: Occupation at the Samaritaine by its employees and customers to protest against the definitive closure of the store due to obsolescence in Paris, France on June 15th, 2005. (Photo by Thomas SAMSON/Gamma-Rapho via Getty Images)

La Samaritaine © Thomas Samson / Getty Images

Après dépôt  du permis de construire en 2011, pour des travaux devant coûter 400 millions d’euros, des associations de préservation de l’architecture parisienne et du patrimoine montent au créneau. La raison de leur colère est à chercher dans la décision de LVMH de détruire des immeubles datant des XVIIe et XIXe siècles. Pour les associations Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France et SOS Paris, cette démolition est un non-sens, et une atteinte au patrimoine national. Ces dernières déposent alors un recours en décembre 2012, qui est déclaré recevable en février 2014 par le Conseil d’État.

Cependant le recours n’est en rien suspensif, ce qui explique que la façade de la rue de Rivoli datant de 1852 soit tombée sous les pelleteuses. Nouveau rebondissement en janvier 2015, quand le permis de construire est annulé par le tribunal administratif de Paris : le projet présenté « ne correspond pas à l’obligation d’insertion de la construction projetée dans le tissu urbain environnant» selon la sentence de la cour d’appel.

Tout compte fait…

Les associations sont donc victorieuses… jusqu’en juin 2015 date à laquelle le Conseil d’État découvre subitement une faute dans le jugement rendu par la Cour d’Appel de Paris. Selon les mots du Conseil, donc, la Cour d’Appel se serait « fondée sur une interprétation inexacte du plan local d’urbanisme » commettant ainsi « une erreur de droit ». Une façade moderne, toute de verre sérigraphié et d’ondulations métalliques, verra donc bien le jour à la place d’un des derniers beaux bâtiments de ce type encore debout dans la capitale.

Photos : © Yves Marchand & Romain MeffrePierre-Olivier DeschampsSarah Moon, JH Engström et Michaël Ackerman

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