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Le sacre Scorsese à la Cinémathèque

Magali Lesauvage 12 octobre 2015

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Après Pasolini, Truffaut, Jacques Demy, la Cinémathèque française ouvre ses cimaises et ses écrans à un autre monstre du cinéma, Martin Scorsese. L’expo très attendue est à la hauteur du mythe.

Vue de l’exposition Scorsese à la Cinémathèque française, Paris, 2015.

 

« Je ne m’attendais pas à voir autant d’objets personnels dans l’exposition, je me demandais où ils étaient passés ! Il y a même la table de salle à manger de mes parents ! » Martin Scorsese rit, d’un rire large et enfantin, petite silhouette trapue tassée dans son fauteuil, agitant de grandes mains volubiles. L’archétype de l’Italo-Américain de New York. Il semble ravi d’être là, à la Cinémathèque française, lui qui consacre une grande partie de son temps à la Film Foundation qu’il a créée, destinée à la préservation du patrimoine filmique.

Le Scorsese que l’on voit aujourd’hui en conférence de presse devant un parterre de journalistes conquis d’avance est aussi gai et lumineux que l’exposition qui lui est consacrée est sombre et torturée. Découpée en scansions thématiques, celle-ci réussit la gageure d’éclairer d’un vif éclat noir une filmographie archi-rebattue, des grands chefs-d’œuvre populaires (Taxi Driver, Les AffranchisCasino, ou plus récemment Aviator) aux films peut-être moins connus mais précieuses pépites (After HoursWho’s that knocking at my door?, La Valse des pantins), mettant l’accent sur la fabrique de l’image scorsesienne.

Chef de gang

Pour cela, il fallait rentrer dans la chair même de l’œuvre d’un cinéaste qui n’a eu de cesse de montrer les tripes de l’humanité : celle obsédée par l’argent (CasinoLe Loup de Wall Street), l’ambition (Raging BullAviator), la rédemption (La Dernière Tentation du ChristAfter Hours), la destruction (Taxi DriverGangs of New York). C’est donc tout naturellement par la famille même de Martin Scorsese que débute l’expo, en particulier ses parents Charles et Catherine. Et leur table de salle à manger, donc, où, raconte le cinéaste, se sont souvent réunis Harvey Keitel, John Cassavetes, De Niro… La table, objet fétiche autour de laquelle gravitent, dans l’imaginaire scorsesien, aussi bien les mafieux préparant un coup que les joueurs du casino. Plus loin une vieille télévision, là des reproductions de tableaux (Mona Lisa notamment) encadrées comme des images pieuses, des photos de famille : tels sont les talismans d’un cinéaste obsédé par le sacré.

Photographie et storyboard de Raging Bull (1980).

 

De la famille, on passe à la fratrie (celle, entre autres, de ses acteurs, de Robert de Niro à Leonardo Di Caprio, en passant par Harvey Keitel, Joe Pesci, Daniel Day-Lewis), et aux rapports entre hommes et femmes (généralement victimes). Toujours, au cœur de la mythologie scorsesienne, sont les liens du sang, celui qui court dans les veines d’une même famille ou celui qu’on verse, en martyre ou en bourreau. Pour cadre, souvent, à ces scènes de sacrifices, une ville : New York, la Babylone, la Grande Prostituée des temps modernes, dont une maquette reconstitue ici une géofilmographie.

« Je voulais être artiste »

Mais si Scorsese, ce sont des histoires, c’est aussi un œil, et l’expo de la Cinémathèque vient à juste titre rappeler quel grand créateur de formes il est. « Je voulais être artiste », confie aux journalistes venus d’un peu partout en Europe celui qui dessine chaque plan de ses films dans des storyboards précis, présents en nombre dans l’exposition, et qui se dit aujourd’hui limité par la technique, clamant qu’il faut revenir à la liberté des petits moyens. « Je dessine beaucoup, et j’ai besoin de voir mes dessins originaux pour filmer, car la manière dont j’ai appuyé le crayon sur la feuille m’indique quels doivent être l’axe et le mouvement de la caméra ».

C’est en artiste, donc, que Martin Scorsese a réalisé certaines scènes dont l’impact rétinien nous marque encore. La danse en slow motion du boxeur dans Raging Bull, le New York punk et suintant de After Hours, le psychédélisme survolté des travellings de Casino, la crudité brûlante des déserts de La Dernière Tentation du Christ, les tourbillons fleuris du Temps de l’innocence, et jusqu’au crash époustouflant d’Aviator : Martin Scorsese est peut-être le dernier grand artiste baroque.

 

MARTIN SCORSESE

14/10/2015 > 14/02/2016

La Cinémathèque française

PARIS

Photographies de tournage, storyboards dessinés par Scorsese lui-même, costumes, affiches, musiques de films et objets cultes extraits des...

Exposition terminée
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