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Goya à la National Gallery : y a t-il un pastiche dans l’expo ?

Jéremy Billault 9 octobre 2015

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À Londres, la National Gallery ouvre son exposition consacrée à Goya (jusqu’au 10 janvier) avec une polémique. L’un des portraits phares de sa collection serait un faux, un pastiche démasqué grâce à la comparaison avec 70 portraits de l’artiste.

Un Goya, deux Goya, un pastiche ? L’histoire complexe du portrait de doña Isabel de Porcel pourrait avoir trouvé une issue surprenante. C’est dans le cadre unique de la grande exposition consacrée à Francisco de Goya à la National Gallery que les doutes se sont propagés. Au milieu de l’importante sélection de portraits (70 œuvres incontestablement réalisées par Goya), un tableau a malgré lui attiré l’attention des experts : comparaison oblige, il serait un pastiche.

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Autrefois attribué à Goya, Portrait de Doña Isabel de Porcel, National Gallery, Londres.

Le tableau en question (un portrait de doña Isabel de Porcel, épouse d’Antonio Porcel, mécène et ami de Goya) avait été acquis par le musée londonien en 1896 qui considérait à l’époque qu’il était le portrait de la doña en question que Goya avait présenté à Madrid en 1805. Plus tard, au début des années 1980, le musée découvre après rayons X un second portrait : celui d’un homme identifié comme étant  Antonio de Porcel. Surprenant mais pas impossible de la part d’un Goya que l’évolution des faveurs politiques a parfois conduit à subitement changer de modèle. Pendant plus d’un siècle, la National Gallery n’hésite pas à se féliciter de posséder ce qu’elle considère comme « l’un des plus éblouissants et des plus frappants portraits de Goya ».

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Analyse XRF du portrait © National Gallery, London and Delft University of Technology

Pourtant, le Goya en question dérange les experts. Selon Letizia Treves, conservatrice des peintures italiennes et espagnoles 1600-1800 du musée, le portrait « manque de la subtilité habituelle dans le rendu de transparences et des textures et les études techniques et la provenance des informations concernant ce portrait ne sont pas concluantes ». Devant près de 70 tableaux authentiques, le pastiche se dévoile enfin.

Si la découverte donne à l’exposition une drôle de dynamique au lendemain de son ouverture, les experts et le musée voient le bon côté des choses : s’il s’agit d’un pastiche, il est remarquable. Pendant plus de deux siècles, le faussaire a trompé son monde et les plus grands spécialistes et, il faut le dire, cela lui donne un certain cachet. Sans entériner définitivement l’attribution du portrait à un inconnu, la National Gallery a décidé de revoir la description de l’œuvre, écrite au conditionnel.

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