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Aux États-Unis, la restauration de la cathédrale de Chartres fait polémique

Agathe Lautréamont 9 octobre 2015

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Les travaux de restauration ont été lancés en 2008, et devront se poursuivre jusqu’en 2016. Un chantier pharaonique qui provoque des froncements de sourcils outre-Atlantique.

Façade de la cathédrale de Chartres © JTB Photos / Getty Images

D’abord, les deux chapelles du chœur. Puis, la nef. Enfin, les travées. Notre-Dame de Chartres ne devrait plus tarder à retrouver son bel habit de blancheur immaculée, une fois débarrassée de sa couche de pollution et de poussière revêtue au fil de siècles. Un passage de l’ombre à la lumière plus que bienvenu, mais qui suscite l’étonnement de la part des visiteurs, peu habitués à cette couleur si claire dans l’édifice religieux. À tel point que des murmures se sont élevés : aurait-on repeint la cathédrale ? L’équipe en charge de la restauration répond par la négative. Le décor mural fut simplement dégagé et nettoyé, permettant de révéler l’exigence de luminosité médiévale occultée par les méfaits du temps.

travaux

Évolution des travaux de 2010 à 2012 © DR.

À Chartres, on se réjouit de ces travaux monumentaux qui ont ôté poussière et suie sur les parois après un brossage demandant minutie et délicatesse. Se retrouvent de nouveau exposés aux visiteurs et croyants les décors du XIIIe siècle : de beaux parements de couleur ocre, ainsi que des colonnes et des arcs surlignés de blanc. Une façon de révéler au public la dimension originelle du lieu de culte, tel qu’il était au moment de sa consécration, il y a un peu moins de 800 ans !

Des travaux incompris… aux États-Unis

Pourtant, cette rénovation ne fait pas l’unanimité ; et il faut tourner le regard vers les USA pour trouver l’origine de la polémique. Martin Filler, influent écrivain américain, s’était fendu d’une lettre ouverte incendiaire dans les colonnes de la New York Review of Books, fustigeant fin 2014 le vaste ouvrage entrepris. Filler pensait lui aussi qu’un coup de peinture blanche avait été passé sur les travées de la cathédrale. L’écrivain juge que les monuments nationaux ne devraient pas rechercher l’originel, mais accepter les affres du temps, qui feraient partie intégrante des bâtiments historiques. On sait que des rénovations réalisées avec peu de soin peuvent, à la longue, détériorer les matériaux. Rénover relèverait donc du pur fantasme romantique ? Le débat reste ouvert.

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