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A l’Institut des Cultures d’Islam, le kitsch contre-attaque

Jéremy Billault 7 octobre 2015

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Au cœur du quartier de la Goutte d’Or, l’Institut des Cultures d’Islam (ICI) accueille l’exposition Kitsch ou pas kitsch ?. L’occasion de découvrir (en entrée libre !) le travail d’une quinzaine d’artistes issus des mondes arabes, de Turquie et d’Iran dans une réflexion autour d’une esthétique inversée : l’extravagance du kitsch. 

Des paillettes, des couleurs criardes, des collages photos : aucun doute, on est dans le kitsch. Encore faut-il savoir lequel. A l’Institut des Cultures d’Islam (Paris XVIIIe), une quinzaine d’artistes interprète et remet en question ce concept plus complexe qu’il n’y paraît et qui devient esthétique revendiquée du mauvais goût, du trivial, du populaire. Dans la perspective de l’ICI, ce que le goût occidental considère comme mauvais est pris à contre-pied par l’art oriental, qui exagère et grossit le trait au point de faire du kitsch une partie de son identité.

Sissi Sissi Farassat, Esfahan musee, 2009.

Puisqu’une réflexion autour du kitsch n’en serait pas vraiment une sans paillettes, l’artiste iranienne Sissi Farassat vise juste. Des passeports brodés de paillettes vertes et rouges, des grandes toiles, recouvertes elles aussi de paillettes au milieu desquelles flottent des portraits photos incrustés dans un océan sombre et brillant : les œuvres amusent et font réfléchir. « Le kitsch n’est plus dès lors le mauvais goût oriental présumé par les occidentaux, estime Victoria Ambrosini-Chenivesse, comissaire de l’exposition. Il est bien plus un retournement esthétique et un renversement politique et ouvre sur un horizon profondément démocratique.»

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Ashraf Fawakhry, 2012.

Au deuxième étage de l’espace Goutte d’or (un second se trouve rue Léon, juste à côté), l’âne d’Ashraf Fawakhry s’incruste un peu partout :  à la place des étoiles du drapeau américain, dans le bec d’un aigle, au milieu d’une nuée d’avions multicolores. Là encore, ludique, esthétique et plein de sens. Deux autres séries marqueront sans doute les esprits. La première, signée Shirin Aliabadi, est une série de portraits de jeunes femmes, foulard dans les cheveux, perruques blondes et lentilles bleues. Des clichés ultra-pop pour représenter une tendance esthétique de plus en plus répandue en Iran.

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Shirin Aliabadi, Miss Hybrid 4, 2008 © The Third Line, Dubaï.

L’autre, brillante, est l’œuvre du jeune artiste Murat Palta. Exposés dans l’espace de la rue Léon, ses travaux fusionnent les arts classiques persans et ottomans avec des références contemporaines. Ici, le jeune artiste présente sa propre version de différents films, dont Pulp Fiction, The Dark Knight, The Big Lebowski, Interstellar ou encore plusieurs Star Wars. Kitsch ou pas kitsch ? La question est vaste, l’exposition est riche, pleine d’humour, d’enjeux esthétiques et politiques. Le kitsch devient signifiant, il est un parti pris, une revendication. Et ce kitsch là, on en reprendrait bien une part.

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Murat Palta , Ghostbusters / Hayalet Avcıları, 2015.

 

01/01/1970 > 01/01/1970

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