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« Picasso.mania », ou comment ne pas tuer le père (de l’art moderne)

Magali Lesauvage 6 octobre 2015

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Un grand nom de l’art fait-il toujours une bonne expo ? C’est la question que pose Picasso.mania au Grand Palais, qui s’intéresse à l’impact de l’œuvre picassienne sur la création contemporaine. 

Vue de l’exposition Picasso.mania au Grand Palais, avec des œuvres de Chéri Samba, Zeng Fanzhi, Maurizio Cattelan et Yan Pei-Ming.

 

Depuis quelques années, le Grand Palais s’est fait une spécialité des expositions blockbuster, et c’est bien là son rôle de giga lieu d’expo de la Réunion des musées nationaux. Niki de Saint Phalle, Hopper, Hokusai, Matisse-Picasso (encore lui)… : l’institution fait dans le name dropping. Tout en mixant de temps à autre sa programmation de thématiques relativement pointues, comme Dynamo, en 2013, ou Mélancolie, en 2005, qui connurent malgré tout un énorme succès. On sait que l’histoire de l’art se synthétise autour de grands noms, quitte à laisser de côté certains artistes non moins géniaux (ainsi Kuniyoshi, sur lequel le Petit Palais place avec perspicacité le projecteur actuellement). Le nom de Picasso fait vendre, bien au-delà de la sphère du petit milieu de l’art (et c’est bien ce qu’a compris le rappeur Jay-Z avec le clip de Picasso Baby, présenté dans l’exposition).

Fallait-il pour autant remettre Picasso en haut de l’affiche ? La réouverture du musée qui lui est consacré à Paris, il y a tout juste un an, démontrait la ténacité du mythe. L’artiste prolifique, capable de remplir un musée entier (voire dix) de ses œuvres, exerce une fascination impérissable sur le public. Démultipliée, la vision de l’artiste se brouille avec celle de l’homme, bâtissant une figure quasi mythologique d’un démiurge géant du XXe siècle. Père du cubisme, érotomane, gentil papy, artiste « le plus cher du monde », Picasso à la plage, Picasso et ses femmes, Picasso en caleçon dans son atelier : le nom fait surgir tour à tour chacune de ces images, construisant un personnage quasi cartoonesque. Au point que l’intérêt de l’œuvre elle-même ne soit plus questionnée (oui, on a le droit de ne pas aimer Picasso, ou pas tout Picasso).

Quel est donc l’intérêt aujourd’hui, de faire une exposition sur Picasso et l’art contemporain ? Certes, un certain nombre des artistes présents au Grand Palais (pas forcément les plus jeunes), entretiennent un lien direct avec le « maître », et celui-ci est passionnant. C’est le cas de Frank Stella (79 ans), David Hockney (78 ans), Jasper Johns (85 ans), Martin Kippenberger (décédé en 1997 à l’âge de 44 ans), George Condo (58 ans). Ils sont assez rares, ceux dont les œuvres rivalisent de force visuelle avec celles créées par Picasso, et qui sont présentées ici de manière impeccable. Parce qu’on les a trop vues (sans même savoir si on les apprécie), parce que le diktat du goût l’impose inconsciemment, parce que ça vaut très cher… : quand on regarde un Picasso, on ne voit pas seulement un Picasso. Ses œuvres imposent d’elles-mêmes une présence sacrée, une aura qui écrasent par avance celles des autres. Concevoir une exposition sur Picasso et les artistes contemporains est donc une sorte de piège pour ces derniers. Non pas que leurs œuvres soient « inférieures », mais parce qu’elles ne sont pas (ou pas encore) chargées symboliquement comme le sont celles du maître espagnol.

S’il est intéressant de voir comment les artistes d’aujourd’hui reprennent, détournent, digèrent Picasso, on aurait aimé peut-être voir interrogés en contrepoint ceux qui le détestent ou qui l’ignorent carrément (et on sait qu’ils sont nombreux). Mais le colosse Picasso ne semble pas près de vaciller.

 

PICASSO MANIA

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