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Turner Prize 2015 : Manteaux, chantiers et chansons parmi les 4 finalistes

Jéremy Billault 2 octobre 2015

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Depuis 1984, le Prix Turner est décerné à un artiste britannique (ou du moins travaillant en Grande-bretagne) âgé de moins de 50 ans. Pour la première fois installée en Écosse, l’exposition de présentation des quatre finalistes a ouvert le 1er octobre et s’achèvera le 7 décembre prochain avec l’annonce du vainqueur.Cette année, parmi les quatre finalistes, quelques candidatures insolites :  des manteaux, des bâtisseurs de l’extrême, des chansons et la réalité… Ça promet.

Steve McQueen, Anish Kapoor, Damien Hirst… Ces trois noms vous disent probablement quelque chose. Le premier a un homonyme cinéaste (même si c’est lui qui a récemment réalisé le dernier clip de Kanye West), le deuxième a connu et connaîtra peut-être encore quelques mésaventures avec son Dirty Corner installé à Versailles, le troisième, Damien Hirst, vient d’ouvrir un musée à Londres et les trois ont obtenu le prestigieux Turner Prize.

Décerné chaque année à un artiste britannique âgé de moins de 50 ans , le Turner Prize est organisé depuis 1984 par la Tate Britain. Après un vote du public au mois de mai, quatre finalistes sont exposés à la fin de l’année avant le choix du jury. L’édition 2015 de l’exposition des finalistes, installée pour la première fois en Écosse à la Galerie Tramway, comprend les travaux du collectif Assemble, de Nicole Wermers, Janice Kerbel et de Bonnie Camplin.

Assemble :  Tous ensembles

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Granby’s Workshop par le collectif Assemble © Andy Buchanan / AFP

Surprise du casting et seul collectif en lice (18 artistes), Assemble est composé de designer et d’architectes qui ont marqué l’année en rénovant une dizaine de maisons victoriennes à Liverpool dans le quartier de Granby. Alors que sur place on s’indignait de voir ces joyaux laissés à l’abandon, Assemble, qui a pu compter sur la participation de la population locale, a redonné du cachet et du caractère à ce qui tombait en ruines. Évidemment il était difficile de transporter une maison dans son intégralité jusqu’en Écosse. Le public pourra donc admirer un atelier qui exposera un grand nombre d’élément de décoration utilisés sur place (meubles, poignées, cheminées…) pour s’immerger dans l’oeuvre d’un concurrent unique dans l’histoire de ce prix d’art contemporain.

Janice Kerbel : le chant des possibles

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Photo : Alan Dimmick © greengrassi

Intriguant encore, ce prix Turner. À l’origine, Doug devait être unique : une série de neuf chants (25 minutes au total, le plus court ne dure que dix secondes) performés dans une bibliothèque sans enregistrement. Puis le Turner est passé par là : Doug sera chanté tous les jours jusqu’à la fin de l’exposition. Neuf chants, donc, tous relatant les misères de Doug (selon l’artiste : « une attaque d’ours, un objet tombant du ciel sur sa tête, un coup de foudre (littéralement), une chute et une noyade») sous forme de poèmes tour à tour inquiétants, violents ou angoissants. Une sorte d’expérience empathique extrême dans la peau d’un Doug dont le prénom est justifé par Janice Kerbel en personne : «Comment appelleriez-vous un homme avec une lance dans le crâne ? Doug.» Logique.

Nicole Wermers : Manteaux mentaux

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Photo: Herald Street, London/Tate Britain/PA

Dans une pièce vaste, dix chaises. Sur ces chaises, des manteaux de fourrures sans propriétaires, comme la marque velue d’une réservation d’un espace de passivité (comprenez «non, désolé, il y a quelqu’un»). De fait, les manteaux ont été conçus avec les chaises et sont impossibles à retirer. Au mur, des céramiques blanches sur lesquelles figurent des petites annonces à numéros qui, pour le coup, sont détachables. «Les deux projets visent à cristalliser de brefs gestes sociaux -placer un manteau sur une chaise pour réserver une place, déchirer un numéro pour avoir une information- dans une forme rigide», a expliqué Paul Pieroni, l’un des deux commissaires de l’exposition à l’AFP.

Bonnie Camplin : Télé-réalité

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Patterns de Bonnie Camplin © Andy Buchanan / AFP

De la moquette, des télévisions, des livres. Les écrans parlent, cinq histoires différentes toutes surnaturelles et convaincues à des degrés différents. Autour, des livres, des articles, des magazines qui permettent au visiteur de confronter le point de vue de la voix et de l’image avec celui des mots, des faits, de la science. Paul Pieroni l’explique également : «Ce projet questionne ce que nous prenons pour la réalité. Il repousse les limites de ce que nous disons réel ou irréel, croyable ou incroyable». Projet ambitieux. Quatre candidats donc, un seul vainqueur, désigné le 7 décembre prochain. Un pronostic ?

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