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La Dame en rouge de Bronzino, ou la beauté du maniérisme florentin

Agathe Lautréamont 1 octobre 2015

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Têtes couronnées, membres de l’aristocratie et simples allégories se sont donné rendez-vous au musée Jacquemart-André, le temps d’une exposition vantant la maîtrise des portraitistes de Florence aux XVe et XVIe siècles. On s’est arrêté devant cette œuvre : le somptueux Portrait de dame en rouge de Bronzino.

bronzino dame en rouge

Bronzino, Portrait d’une dame en rouge, circa 1525-1530 © Städel Museum

L’artiste

Peintre maniériste du XVIe siècle, Bronzino (de son vrai nom Agnolo di Cosimo) entre dans l’atelier du peintre italien Pontormo en tant qu’apprenti, où il se forme en l’aidant dans divers commandes importantes (fresques, portraits, décorations de chapelles…). Ayant appris tout ce qu’il pouvait de son maître, il décide alors de se lancer à son propre compte, et se met au service de l’influente famille Della Rovere, au sein du riche Duché d’Urbino, dès 1530. Dessin d’une précision minutieuse, couleurs claires et compactes dans le même temps, lumières vives caractérisent son style qui lui permet de se faire très vite un nom dans la sphère picturale italienne. Par la suite, il rentre à Florence où il décore quelques villas.

C’est ce dernier qui introduit Bronzino auprès des Médicis en 1539. Ses portraits ne reflètent alors plus simplement la vérité de ses modèles, mais deviennent des moyens de propagande et d’exaltation du pouvoir en place, hors de toutes bassesses matérielles et terrestres. Entre deux commandes, l’artiste s’essaie à la poésie avec plus ou moins de succès, et réalise quelques peintures d’influence maniériste à dimension religieuse et mystique.

Le sujet

Si l’identité du modèle ne nous est malheureusement pas parvenue, Bronzino nous livre ici le portrait d’une aristocrate, dont la richesse et le milieu social élevé transparaissent aussi bien dans son élégant port de tête que dans ses somptueux vêtements. Elle est vêtue d’une ample robe rouge aux sous tons chauds et orangés. Le choix de cette couleur dominante n’est en aucun cas anodin. Le pigment rouge, précieux et excessivement cher au XVIe siècle, renvoie à l’aisance financière du modèle, tandis que cette teinte symbolise clairement pouvoir, force et prestance. À cette couleur se mêle une autre, le vert, que l’on retrouve dans les épaisses manches de la dame et dans les franges du siège sur lequel elle est assise.

La richesse donc, encore et toujours. Cette dernière se trouve constamment rappelée dans cette toile, que ce soit dans le choix des tissus portés par la dame (essentiellement du velours) ou dans les bijoux arborés au cou, aux doigts et en guise de diadème (tous d’or et rehaussés de pierreries). Aucun détail n’est laissé au hasard, et la précision est poussée jusque dans la coiffure du modèle, composée d’une épaisse natte entourant sa tête, à la façon d’une couronne qui viendrait ceindre ses cheveux châtains. Un port de tête digne des reines…

On en oublierait presque la présence du chapelet noir, porté autour du poignet droit par la femme posant pour Bronzino. Relégué à un intérêt moindre, celui-ci est étonnamment austère comparé au reste de la mise de cette dernière, comme si la religion, même si elle se doit d’être présente chez une femme de bonne morale, n’était que d’une plus faible importance dans le message qui doit être délivré par le tableau. Mais qu’en est-il, de ce message ?

La symbolique

Un paradoxe évident frappe lorsque l’on se penche sur cette œuvre de Bronzino. En effet, à un sens du détail extrême (les franges vertes du siège, par exemple, ont été peintes une à une) et soigné dans le vêtement et les bijoux, répond un visage comme figé dans le marbre, très pâle, au regard perdu dans le vague et comme éteint. Ces traits d’albâtre quasi inexpressifs nous en disent en vérité long dans ce mutisme des traits : la femme représentée ici est inaccessible, comme maintenue hors du temps par son rang et par ses aisances pécuniaires, et ne semble même pas nous voir, nous pauvres mortels qui osons poser les yeux sur elle.

Derrière elle, quelque peu dans l’ombre du siège, reposent deux livres reliés de cuir, fermés et empilés. Que veut nous dire le peintre ? Ces ouvrages sont-ils présents dans le but de nous expliquer que cette dame est une éminente lettrée ? On pourrait le croire, à l’exception que les livres sont présentés fermés, et non ouverts. Peut-être ne sont-ils ici que des objets témoignant, encore une fois, de la richesse de la dame en rouge, les volumes reliés pouvant coûter très cher à cette époque.

Sagement assis sur les genoux de sa maîtresse, un chiot épagneul lève une patte dans une pose tout aussi noble que celle de sa propriétaire. Or, dans la tradition picturale, le chien symbolise la patience, et surtout la fidélité. En choisissant d’être représentée avec son animal de compagnie, la dame représentée livre à l’observateur une autre information : elle est une épouse exemplaire, fidèle en tout point à son mari à qui elle est entièrement soumise. Autour d’elle, deux colonnes blanches encadrent l’alcôve devant laquelle elle prend la pose ; ce duo de piliers sont représentés  également dans un sens symbolique, puisqu’ils disent l’équilibre et la constance ; deux autres vertus que doit donc posséder cette femme mystérieuse.

Face à cette toile du maître florentin Bronzino, nous ne sommes donc moins face à un portrait qu’à une allégorie de valeurs morales et domestiques. Cette aristocrate cherche via ce tableau à exprimer sa droiture d’esprit et ses qualités qui siéent à toute femme et épouse du XVIe siècle.

 

FLORENCE, PORTRAITS À LA COUR DES MÉDICIS

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Exposition terminée
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