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Les héritiers des Orléans dispersent leurs trésors chez Sotheby’s

Agathe Lautréamont 29 septembre 2015

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C’est une vente exceptionnelle qui va se tenir chez Sotheby’s les 29 et 30 septembre. Incapables de se mettre d’accord sur le partage de leurs biens séculaires, les descendants de Louis XIII ont décidé de s’en séparer, sous le marteau du commissaire-priseur.

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Élisabeth Vigée-Lebrun, Portrait de la duchesse d’Orléans, 1789 © Sotheby’s.

Meubles, tableaux, sculptures… En tout et pour tout, 232 objets datant pour certains de près de 500 ans seront bientôt vendus chez Sotheby’s à Paris (voir le détail de la vente), après avoir été proposés au regard du public.

À l’origine, une succession faramineuse : celle léguée par le comte de Paris à ses enfants. Mais qui dit succession dit partage à parts égales entre les différents membres de cette famille. Ce qui est extrêmement délicat, voire impossible, au vu de la richesse des biens, mais aussi de leur valeur historique. Une seule solution donc : vendre le tout.

En attendant, certains éléments furent déclarés « trésors nationaux » par le ministère de la Culture, ce qui signifie qu’ils ne pourront en aucun cas quitter le territoire national. Parmi eux, on trouve le manuscrit des comptes du château d’Amboise tenu entre 1495 et 1496, un service en porcelaine de Sèvres ayant appartenu à la reine Marie-Amélie, épouse de Louis-Philippe (1773-1850), ou encore une table de jeu du XVIIIe siècle réalisée par l’ébéniste Roentgen.

Du côté de la peinture, on compte également de nombreuses perles. Mais la plus exceptionnelle est bien ce portrait de la duchesse d’Orléans Louise-Marie-Adelaïde de Bourbon Penthièvre, réalisé par la peintre Élisabeth Vigée-Lebrun, à qui le Grand Palais consacre actuellement une exposition. L’œuvre est estimée à près de deux millions d’euros.

Au-delà du faste évident de ces pièces exceptionnelles sur le point d’être vendues, tous ces éléments offrent un saisissant panorama du goût français à travers les siècles, et un bel exemple de savoir-faire des artisans, créateurs et peintres qui mirent leur savoir-faire au service des têtes couronnées…

Mise à jour le 1er octobre 2015 : Les enchères ont été à l’image de la famille qui dispersait ses trésors : royales ! Car le moins que l’on puisse dire, c’est que les estimations pour les œuvres vendues en début de semaine chez Sotheby’s (et ce, sous l’œil scrutateur du PDG de l’agence Tad Smith) ont été largement dépassées; des records ont même été battus à cette occasion. Le portait du roi Henri IV par Frans Pourbus par exemple, a été adjugé pour la coquette somme de 330 000 euros, dix fois plus que son estimation haute !
Une illustration à la sanguine et pierre noire de Carmontelle, Les gentilshommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint-Cloud, a été vendue pour 531 000 euros, un record mondial pour Sotheby’s. Quant au service de porcelaine de la reine Marie-Amélie dont nous parlions plus tôt dans cet article, est quant à lui parti pour 495 000 euros.  Peintures et petits accessoires ont donc eu indéniablement la cote, leur provenance royale ayant probablement quelque peu enflammé les convoitises… Le mobilier fait grise mine mis en comparaison, puisqu’il fut vendu suivant les estimations.

Mais le bilan demeure plus que positif pour cette exceptionnelle vente au enchères, jugez plutôt : quatre records mondiaux, des préemptions par dizaines et 85 % de lots vendus.

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