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Dominique Gonzalez-Foerster au Centre Pompidou, la rétro futuriste

Magali Lesauvage 24 septembre 2015

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A l’occasion de son exposition au Centre Pompidou, l’artiste française Dominique Gonzalez-Foerster nous guide dans les méandres de son espace-temps. Bienvenue dans une rétro futuriste.

Dominique Gonzalez-Foerster, Lola Montez in Berlin (M.2062), film, 2015 © Adagp, Paris 2015.

 

DGF. Trois initiales synonymes d’un certain art contemporain. Celui des Philippe Parreno et Pierre Huyghe, de cette génération d’artistes français nés dans les années 1960, salués internationalement, et que Paris, un peu tardivement, a mis à l’honneur récemment.

DGF = Dominique Gonzalez-Foerster. Il est 11h ce lundi matin au Centre Pompidou, les premiers visiteurs pénètrent dans le Forum. Nous sommes à quarante-huit heures pile de l’ouverture au public de l’exposition. L’artiste arrive, silhouette petite mais énergie tourbillonnante, pour superviser les derniers réglages avant le vernissage VIP du soir. L’heure précédente, nous l’avons passée dans la Galerie Sud, à nous perdre dans ces espaces parallèles qui sont la marque de fabrique de DGF depuis le milieu des années 1980.

« L’année de naissance de notre monde artistique »

1887-2058, c’est le sous-titre de cette rétrospective dilatée. Pourquoi ces dates ? DGF : « 1887, pour moi c’est un peu l’année de naissance de notre monde artistique : c’est l’ouverture du Splendide Hotel à Lugano, mentionné par Rimbaud dans ses Illuminations. C’est aussi l’année de naissance de Marcel Duchamp et de Georgia O’Keeffe, celle de nombreuses découvertes autour des ondes, de livres fantastiques magnifiques comme Le Horla de Maupassant ». Et 2058 ? « 2058 fait référence à l’exposition TH2058 que j’ai conçue en 2008 pour le Turbine Hall de la Tate Modern à Londres. C’était une exposition de science-fiction et d’anticipation, qui imaginait le lieu en 2058, comme un gigantesque abri pour les réfugiés climatiques. Ces dates correspondent à une sorte de temps intérieur des œuvres ».

« La rétrospective est une machine à voyager dans le temps », souligne-t-elle. Le temps comme matière même des œuvres : temps des films, que l’artiste réalise en cinéaste expérimentale depuis ses tout débuts ; temps du voyage, pour elle qui vit entre Paris et Rio et est invitée à exposer partout dans le monde ; espace-temps, pour cette fan de science-fiction qui se dit plus intéressée par « l’art du futur » que par l’art contemporain ; temps intime de celle qui décline sa vie dans l’exposition en une « autobiographie textile » mélangeant des vêtements qu’elle a portés depuis son adolescence ; temps de la mode, pour la collaboratrice de Nicolas Ghesquière sur l’architecture intérieure de boutiques Balenciaga ; temps de la vie, qu’elle demande aux visiteurs de lui raconter lors de Séances biographiques, etc.

Dominique Gonzalez-Foerster, R.W.F. (Rainer Werner Fassbinder), Schipper & Krome, photo : Lothar Schnepf © courtesy de l’artiste et Esther Schipper, Berlin/Adagp, Paris 2015.

Chambres d’échos

Et comme Proust qui matérialise à partir du souvenir de sa chambre d’enfant l’évocation du temps qui passe, Dominique Gonzalez-Foerster ponctue l’itinéraire de pièces meublées, véritables chambres d’écho aux pensées intérieures des visiteurs. Intérieur et extérieur, temps et espace communiquent dans ces zones intermédiaires. Ainsi explique-t-elle au sujet des Sessions biographiques« C’est proche de la méthode qu’a utilisée Stendhal pour son autobiographie Vie d’Henri Brulard, où à partir de plans des appartements qu’il a habités, il reconstitue les moments de son existence ». L’espace comme seuil d’entrée vers un autre temps, c’est aussi la fonction de Splendide Hotel, où chacun est invité à s’asseoir dans des chaises à bascule pour un voyage, cette fois-ci dans le temps de la littérature.

Pour l’artiste, le corps lui-même est un espace à investir, et donc un temps à retrouver. Ainsi s’engage-t-elle elle-même dans des Apparitions, résurgences fantomatiques de grandes figures de référence. Plus actrice que performeuse, DGF, nous dit-elle, relie ces métamorphoses à « la notion du vêtement comme costume et aux identités multiples ». Ainsi a-t-on pu la voir tour à tour en Edgar Allan Poe, en Emily Brontë, en Bob Dylan, en Fitzcarraldo… avant une prochaine apparition surprise en novembre au Centre Pompidou.

Autant de moyens pour l’artiste de brouiller les pistes d’une œuvre complexe à saisir, car difficilement réductible à l’objet. On parlera, au sujet des expositions de DGF, plutôt d’expérimentation d’espaces, que relie entre eux un fil temporel. Celui, en particulier, de la vie de l’artiste, et qui dans le temps qui est le nôtre aboutit aujourd’hui aux salles du Centre Pompidou, dans un retour cyclique aux origines : c’est au Centre Pompidou qu’elle a vu sa première exposition, sur Marcel Duchamp, en 1977, et c’est là qu’elle exposait en 2002 pour le prix Marcel Duchamp. « Cette exposition est dans la continuité d’une longue histoire commune », confie-t-elle enfin, dans l’attente de celles que le public viendra lui raconter.

 

DOMINIQUE GONZALEZ-FOERSTER

23/09/2015 > 01/02/2016

Centre Pompidou

PARIS

Artiste majeure de la scène française et internationale, Dominique Gonzalez-Foerster nourrit son oeuvre d'une mémoire vivante du cinéma,...

Exposition terminée
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