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D’Ajaccio à Bastia, itinéraire dans les musées corses

Marie-Charlotte Burat 24 septembre 2015

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La Corse, petite île mythique voir exotique dans l’imaginaire collectif des Français. Son odeur de maquis, ses plages, ses chants, son accent… Mais la Corse ce ne sont pas que ces clichés : l’île de beauté fait aussi la part belle aux musées ! De Bastia à Ajaccio en passant par Corte et Aléria, on quitte le continent pour un voyage express à travers les musées de Corse, une bouffée d’air frais et de culture.

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Ajaccio

Palais Fesch : A Ajaccio, la vedette de la ville c’est Napoléon. Il va donc de soi de commencer notre sortie culturelle par le Palais Fesch, du nom de l’oncle maternel de Bonaparte. Situé dans le quartier Saint-Roche en bord de mer, le musée est aussi voisin de la Chapelle impériale (où sont enterrés les membres de la famille napoléonienne) et de la bibliothèque municipale. Ce Palais Fesch regorge des trésors acquis par l’oncle de Napoléon tout au long de sa vie. Une richesse qui a fait de lui le plus grand collectionneur de tous les temps avec 17 767 objets d’art réunis durant 40 années de fouille. Aujourd’hui, c’est près d’un millier de tableaux (sur les 16 000 de la collection originelle) qui habitent les couloirs du musée.

Fesch troque sa robe de cardinal contre la tunique du collectionneur de 1798 à 1801 lorsqu’il suit Napoléon en Italie et découvre la peinture. De Paris à Rome, l’homme s’entoure de fidèles experts de l’art et réalise une véritable razzia de chef-d’œuvres sur son passage. Non seulement Fesch a les moyens financiers de ses ambitions de collectionneur, mais il sait négocier, ou plutôt faire chanter ses interlocuteurs. Lorsqu’une famille résiste à sa volonté, il menace en effet de décrédibiliser les œuvres d’art et de les faire passer pour des fausses, leur faisant perdre ainsi toute valeur… Ce n’est pas tableau par tableau, mais collection par collection que Fesch constitue son empire pictural. Il garde jalousement ses œuvres pour lui seul, les amassant de toute leur hauteur sur ses murs inondés de toiles. S’amoncellent des pièces de toutes les époques, notamment des Primitifs, dont il lance la mode.

Bien que très riche, la collection Fesch n’est pas l’unique ressource du Palais, on peut également y découvrir tout un département dédié aux peintres corses.

A noter : Ne pas oublier de visiter la Chapelle impériale avant de quitter les lieux et de faire un détour par la maison Bonaparte quelques rues plus loin.

Ajaccio - Maison BonaparteMaison Bonaparte © Musée National de la Maison Bonaparte, Ajaccio.

Corte

Musée de la Corse : En quittant les bords de mer et en s’engouffrant dans les terres, Corte nous apparaît ! C’est dans ses montagnes que se niche le musée de la Corse. Et parce qu’une île n’est pas forcément qu’un bout de continent (bien que ce soit la genèse de la Corse) comme nous l’explique la commissaire Anne Meistersheim, l’exposition Île(s) est dédiée à ce topos de l’imaginaire. De long en large le concept d’île est décrypté. Géologie, anthropologie, sociologie, arts, culture, économie… tout ce qui a trait aux îles est abordé, donnant à voir un large panorama (peut-être un peu trop large justement). Une exposition qui a le mérite de se placer du côté des insulaires et ainsi de nous ouvrir à un autre monde.

Une fois la visite finie… elle continue ! Direction la Citadelle de Corte, située en aval du musée où l’artiste Laetitia Carlotti et l’association ArterrA ont illustré le propre de l’île à travers leur installation éphémère, à savoir un labyrinthe. La mer offre autant de possibilités à une île de se faire envahir. Son seul moyen de défense est donc de créer un parcours labyrinthique pour y perdre ses ennemis. L’artiste revient ici aux sources de l’île avec une démarche éco-responsable et durable (le labyrinthe est composé d’épis de maïs qui serviront ensuite à faire de la farine).

FRAC CorseLa nuit les molécules l’horizon. C’est le titre onirique de l’exposition temporaire du FRAC Corse. Dans ce lieu au plafond cintré, l’écho rend l’ambiance solennelle, et on observe dans le silence les œuvres de Stephen Dean, Franc Scurti, Daniel Bosser, Gabriel Orozco… Le FRAC donne la parole à la jeune création et tout particulièrement aux artistes corses émergents. Environnement et dialogue entre les pays méditerranéens planent au-dessus des problématiques artistiques et coordonnent le choix des œuvres.

Aléria

Musée départemental d’archéologie : Les Romains aimaient jouer aux dés, détail insolite dissimulé dans l’impressionnante collection d’objets antiques du musée d’Aléria. Avec sept siècles d’occupation (de 250 av. J.C. au Ve siècle de notre ère) le peuple romain a laissé des traces à Aléria : vases antiques, statuettes et autres objets du quotidien forment une collection impressionnante qui puise sa source dans les fouilles réalisées sur le site archéologique d’Aléria, situé aux abords du musée.

C’est dans les années 1950-1960 que les recherches furent menées et que cette nécropole émergea. La majeure partie des objets provient des tombes des citoyens romains. Les fouilles sont suspendues depuis les années 1980 mais le site regorge encore très probablement de nombreux vestiges. Pour se faire une idée, un parcours sur le site archéologique est de mise.

ALÉRIA-Vue aérienne du site archéologiqe S. Aude Balloïde photo CTC 2012Aléria, Vue aérienne du site archéologique © S. Aude Balloïde, CTC 2012

Bastia

Musée de Bastia : Dans le Palais des Gouverneurs, c’est l’art qui préside. Au-delà de la collection permanente, c’est Jean-Paul Marcheschi qui trône en maître jusqu’au 4 octobre. Dans son exposition Abîmes Abysses,  l’artiste corse aborde une nouvelle façon de créer, par la destruction. A l’aide de bougies et de cire, il marque ses supports en papier par chaleur et joue sur les nuances de coloration. Son pinceau de feu lui permet de peindre en noir les abîmes et abysses, d’Héphaïstos à Dante.

Mais le noir se révèle par la lumière, et l’artiste doit apposer ses papiers charbonnés sur des sources lumineuses. Les reliefs de cire et de brûlures apparaissent en négatif et dévoilent des êtres vaporeux. Très vite, les feuilles de classeurs sur lesquelles il a débuté ne lui suffisent plus, et Jean-Paul Marcheschi s’attaque au grand format. Une forme de dripping de flamme où il fait s’élancer des coulures de cire sur le sol. A le voir travailler, on croit voir un rite chamanique, une transe onirique qui l’attire et l’investit. Pour cette exposition, le fond colle à la forme, car les œuvres sont exposées dans le sous-sol du musée, ancienne prison et réserve d’eau.

La terre (cl Stéfan Meyer)Stéfan Meyer, La terre, Musée de Bastia

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