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Vigée Le Brun : le défi d’une femme artiste au XVIIIe siècle

Marie-Charlotte Burat 23 septembre 2015

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Pour la première fois en France, la peintre Elisabeth Louise Vigée Le Brun fait l’objet d’une rétrospective dans son pays natal. Comme un prolongement de l’exposition Marie-Antoinette qu’il avait accueillie en 2008, le Grand Palais ouvre ses portes à la portraitiste de la reine de France. Portrait de l’artiste en six facettes.

MAIL_Varvara Ivanovna LadomirskaiaElisabeth Louise Vigée Le Brun, Varvara Ivanovna Ladomirskaïa, 1800 © Columbus Museum of Art.

Les cadres en bois majestueux se dressent fièrement devant nous et la scénographie, usant d’effets de perspective, nous plonge dans un salon du XVIIIe siècle. Chaque portrait nous fait remonter le fil de l’Histoire et de ceux qui l’ont écrite. Ce sont aussi les facettes de l’artiste qui se dévoilent à mesure que l’on traverse les couloirs de l’exposition. En multipliant les statuts, Elisabeth Louise Vigée Le Brun est parvenue à s’imposer comme l’une des portraitistes les plus influentes de son temps, chacune des postures adoptées lui ayant permis d’écrire un nouveau chapitre de sa vie et de sa carrière.

La femme

Être une femme artiste au XVIIIe siècle, c’est un défi de taille qu’a su relever Elisabeth Louise Vigée Le Brun. Tout en s’inscrivant dans la tradition galante des portraits, elle se permet des excentricités et se libère dès 1770, à l’âge de quinze ans, des pairs dont elle a tout appris. Sa technique fait sa renommée et elle réussit à s’imposer dans un milieu d’hommes. Vigée Le Brun a pour habitude d’embellir ses modèles sans pour autant rien perdre de la ressemblance. Les cheveux sont représentés poudrés et au naturel (du jamais vu), mais leur fait gagner en charme. Mais si ces portraits sont beaux, c’est aussi parce que Vigée Le Brun ne choisit que des femmes belles et jamais d’âge mur. Elle perçoit néanmoins davantage la psychologie des hommes et rend leur visage plus profond que ceux des femmes.

La fille de

Née en 1755 d’un père aquarelliste, Vigée Le Brun conserva cet héritage. Une technique qui lui permet d’être plus rapide, ce qui convient particulièrement à l’aristocratie pressée qu’on lui tire le portrait. L’aquarelle est chez elle une fin en soi dans son art, en jouant avec des nuances de couleurs dégradées et des effets de matière, mais peut également s’inscrire dans la construction d’un tableau à l’huile.

L’épouse

Vigée Le Brun se marie en 1776 avec l’un des marchands d’arts les plus célèbres de sa génération, Jean-Baptiste Pierre Le Brun. Cette union va contre le règlement de l’Académie royale de peinture et de sculpture qui refuse d’intégrer Vigée Le Brun dans ses rangs. La sélection y est en effet des plus strictes. Seules cinq femmes peuvent être admises, mais autant d’hommes qu’on le souhaite. Néanmoins, avoir un amant marchand d’art lorsqu’on est peintre a tout de même d’autres avantages… Vigée Le Brun baigne dans un flot de peintures flamandes que son mari vend et dont elle apprend les techniques. Rubens et Van Dyck déteignent alors sur elle et lui font toucher à une renommée qui va croissant.

La copine ?

A en croire Elisabeth Louise Vigée Le Brun, elle fut davantage que la portraitiste de Marie-Antoinette, mais aussi une amie et une confidente. Néanmoins, au regard de ses peintures, la question fait débat… Marie-Antoinette pose pour la première fois pour l’artiste en 1778, mais il faudra attendre 1783 pour que la reine daigne poser une nouvelle fois, puis quatre ans plus tard seulement pour le chef-d’œuvre de Vigée Le Brun, Marie-Antoinette et ses enfants. Les deux femmes se sont donc côtoyées trois fois en dix ans, de quoi remettre en cause leur grande amitié.

MAIL_Marie-Antoinette en chemiseElisabeth Louise Vigée Le Brun, Marie-Antoinette en gaulle, vers 1783 © Hessische Hausstiftung, Kronberg im Taunus.

La favorite

N’est pas portraitiste de la reine qui veut, et Vigée Le Brun, à défaut d’être la grande amie de Marie-Antoinette, bénéficie tout de même de certains privilèges. L’artiste fait un véritable pied-de-nez à l’Académie en étant soutenue par la couronne et en survolant les trois étapes pour candidater : elle est acceptée d’office après la présentation d’un seul tableau. Mais l’Académie ne manqua pas de se venger à sa manière en omettant volontairement d’attribuer une spécialité à Vigée Le Brun, qui aurait pourtant du être reconnue comme peintre d’histoire au vu de la toile présentée.

La mère

Elisabeth Louise Vigée Le Brun a parcouru la fin du XVIIIe siècle et a été le témoin de ses Lumières. L’Emile de Rousseau fut l’un des ouvrages les plus marquants de l’époque et imposa aux mères de choyer les citoyens de demain. La peintre fût alors reconnue pour ses thèmes de tendresse maternelle et ses toiles d’enfants. Une posture qu’elle mettra à profit pour le dernier portrait de Marie-Antoinette et de ses enfants, afin de redorer l’image de la reine. En vain.

MAIL_Portrait de l'artiste avec sa fille TElisabeth Louise Vigée Le Brun, Portrait de l’artiste avec sa fille, dit « La Tendresse maternelle », 1786 © Photo : RMN-Grand Palais (musée du Louvre)/Franck Raux.

 

ELISABETH LOUISE VIGÉE LE BRUN

23/09/2015 > 11/01/2016

Galeries nationales du Grand Palais

PARIS

Élisabeth Louise Vigée Le Brun est l’une des grandes portraitistes de son temps, à l’égal de Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Gre...

Exposition terminée
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