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Picasso : un marchand d’art suisse a vendu deux tableaux volés au milliardaire Rybolovlev

Jéremy Billault 15 septembre 2015

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Yves Bouvier, personnage important du marché de l’art international, a été mis en examen à Paris. Accusé d’avoir vendu deux tableaux volés signés Pablo Picasso au milliardaire russe Dmitri Rybolovlev, le Suisse devra s’acquitter d’une caution équivalent au prix de vente des deux tableaux : 27 millions d’euros.

L’été aura été mouvementé pour Pablo Picasso. Du moins pour ses œuvres. Début août, Tête de jeune fille, tableau considéré comme trésor national espagnol, a été retrouvé en Corse, dans un bateau sans autorisation de sortie du territoire. N’en déplaise à son propriétaire, le tableau est aujourd’hui exposé au musée Reina Sofia de Madrid. Quelques jours plus tard, une toile disparue depuis dix-sept ans est interceptée dans un colis : un cadeau de noël vendu pour 30 dollars. Aujourd’hui, Yves Bouvier, figure incontournable du marché de l’art, a été mis en examen à Paris pour avoir vendu deux tableaux volés à Catherine Hutin-Blaye, fille de Jacqueline Picasso, belle-fille et héritière du peintre. L’homme devra verser une caution égale au prix de vente des tableaux : 27 millions d’euros.

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Espagnole à l’éventail de Pablo Picasso, l’un des deux tableaux vendus.

Yves Bouvier 2 – 0 AS Monaco

En mars dernier, alors qu’Yves Bouvier était déjà mis en examen pour escroquerie, l’héritière du peintre espagnol dépose une plainte, l’accusant de s’être porté acquéreur de deux tableaux volés, Espagnole à l’éventail et Tête de femme de profil, et de les avoir vendus sans son accord. L’acheteur, qui n’en est pas à son premier litige avec Yves Bouvier, n’est autre que Dmitri Rybolovlev, milliardaire russe connu en France pour être l’actionnaire majoritaire de l’AS Monaco.

C’est un restaurateur de tableaux brésilien qui a tiré la sonnette d’alarme. Il y a deux ans, au moment de l’acquisition des tableaux par Rybolovlev, il était intervenu pour restaurer deux toiles de Picasso à la demande d’un intermédiaire. Ces toiles, supposées être entreposées à Gennevilliers (c’est ce que pensait Catherine Hutin-Blay), auraient fini, une fois restaurées et marouflées (montées sur support), par rejoindre les locaux de l’une des sociétés d’Yves Bouvier afin d’être vendues au milliardaire russe, persuadé de la légalité de la vente. Selon le porte-parole de l’accusé, « si, à son corps défendant, alors qu’il s’est porté acquéreur d’œuvres d’art dont il connaissait la provenance et qui remplissaient tous les critères de « due diligence », il s’avérait qu’il a été trompé, Yves Bouvier se retournera contre ceux qui l’ont trompé et remboursera le lésé ».

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Un de dessins de Pablo Picasso provenant de la collection privée de la belle-fille du peintre © REUTERS/Ilya Naymushin.

La belle-fille de Pablo Picasso, qui se définit elle-même comme une collectionneuse de l’ombre, n’en est pas à son premier vol. Toujours en 2013, une galerie mettait en vente une œuvre dont elle était propriétaire. Après vérification, ce sont finalement 407 dessins du peintre espagnol qui avaient disparu.

 

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