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À Paris, Dalì dans ses états Daum

exponaute 14 septembre 2015

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Au cœur de Montmartre, l’Espace Dalì accueille autour des œuvres du surréaliste celles d’artistes modernes et contemporains qui ont, grâce à la cristallerie Daum, pu traduire leur inspiration dans le verre ou le cristal. Retour sur une collaboration passionnée. 

Salvador Dalì, Antifleur © Gilbert Mangin, musée des Beaux-Arts de Nancy.

« La pâte de verre est un matériau dalinien. (…) Je suis enchanté de cette nouvelle matière, qui comporte l’élasticité moléculaire d’un escargot et, tout à la fois, la consistance de la gare de Perpignan ». C’est par cette phrase énigmatique que le surréaliste fou Salvador Dalì évoquait sa longue collaboration (vingt ans !) avec le cristallier Daum. Si les œuvres des dernières décennies de l’artiste catalan sont réputées pour leur esthétique kitsch, il aura fallu le talent et l’expérience des artisans de la compagnie nancéienne pour réaliser en dur ses rêves fumeux.

Fondée en 1878 à Nancy par les frères Daum, la cristallerie du même nom s’était déjà rendue célèbre avant cela grâce à d’illustres artistes, à la suite du grand Emile Gallé. Jacques Grüber, Henri Berger, Almaric Walter… ces noms ne nous disent peut-être plus grand chose, mais c’est à eux que l’on doit le style Daum. Quel style au juste ? En pleine Belle Epoque, il s’agit alors pour ces designers de génie de traduire dans le verre, matière par essence fragile, mais dont la technique est connue depuis des millénaires, les complexités du dessin Art Nouveau alors en vogue : herbes aquatiques, longues chevelures féminines et étranges insectes sont saisis dans la pâte de verre dans des coloris acides et des reflets mats.

César, Le Pouce, 1985, cristal © Daum.

Tombé en désuétude après guerre, le style Art Nouveau va entraîner dans sa chute l’esthétique Daum, avant que l’Art Déco ne prenne la relève, avec ses formes géométriques et sa rigueur chatoyante. Plus tard, ce seront des artistes comme Salvador Dalì, passant commande à la cristallerie, qui lui permettront de rester identifiée à une maison d’art. Dalì, qui trouve dans les années 1970-1980 auprès de Jacques Daum, héritier de la maison, assez d’ouverture d’esprit (et de « nez » commercial) pour faire réaliser en pâtes de cristal multicolores les délirantes images que saisissent son cerveau surchauffé. Ainsi, raconte son biographe Robert Descharnes, lorsqu’il trouve sur une plage une bouteille d’huile coincée entre deux rochers, qu’il présente telle quelle à Daum pour la livrer à la métamorphose en lui indiquant : « Vous verrez, c’est d’une grande beauté. Il faut seulement ajouter un escargot ». Avant de lui accoler le titre de L’Important, c’est la rose.

Parmi les artistes plus jeunes « embauchés » par Daum, on trouve notamment des représentants du Nouveau Réalisme ou de Fluxus comme Arman, et ses Vénus de Milos découpées et reproduites en pâte de cristal noir, argent ou or massif, César, avec son fameux Pouce décliné en cristal, ou Ben, et ses mots manuscrits transférés en trois dimensions. Plus récemment, Daum s’est adjoint la collaboration d’artistes contemporains comme Alain Séchas et sa Vénusienne verte, Jérôme Mesnager et ses Corps blancs sur plaque de cristal, Carlos Mata et son Cheval de Troie hellénisant, ou Richard Texier et son bestiaire cosmique.

 

DAUM VARIATIONS D'ARTISTES

11/09/2015 > 14/02/2016

Espace Dalí

PARIS

Qui peut rassembler dans une même exposition Arman, Ben, César, Paella Chimicos, Louis Derbré, Etienne, Carlos Mata, Hilton McConnico, J...

Exposition terminée
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