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L’intensité cosmique de Katie Paterson au FRAC Franche-Comté

Jéremy Billault 10 septembre 2015

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A Besançon, le FRAC Franche-Comté accueille pour la première fois en France une exposition monographique de la jeune artiste écossaise Katie Paterson. Intitulée Field of the Sky (le champ du ciel), elle retrace la majorité des œuvres de l’artiste, à laquelle s’ajoute une installation inédite créée pour l’occasion. Immersion dans un espace cosmique où la science s’affaire à servir un sentiment profond d’universalité.

Une mélodie au loin, pas tout à fait inconnue. L’arrivée dans le monde cosmique de Katie Paterson se produit en douceur : on entend puis on voit. Un instrument banal, un piano, installé au milieu de la pièce et dont la seule particularité réside en ce qu’il joue seul, sans musicien. Derrière ce mécanisme intriguant, sans être d’une originalité folle, se cache une vérité astronomique monumentale. A plusieurs centaines de kilomètres de Besançon, une station de Southampton (Angleterre) expédie sur la lune une partition codée en morse (La Sonate au clair de lune de Beethoven). La lune réfléchit le code, il fait demi-tour et est réceptionné en Suède après avoir perdu quelques notes au passage, au détour d’un cratère. C’est la partition retranscrite que l’on entend au FRAC, inédite, renouvelée par les notes happées par la lune.

pianalKatie Paterson, Earth-Moon-Earth © photo : Blaise Adilon.

Ce piano, intitulé Earth-Moon-Earth, du nom de la technique de radiocommunication qu’il utilise, est précisément représentative du travail de Katie Paterson : un objet, une installation dont la profondeur surgit quand le spectateur découvre l’ampleur du travail en amont qui, monumental, devient œuvre d’art. Monumental, jamais littéralement. L’artiste prélève un grain de sable dans le Sahara, le fait ciseler jusqu’à 0.00005 mm (la plus petite dimension possible) pour, finalement, l’enfouir à nouveau dans le sable. Dans l’exposition ne restera qu’une photo pour immortaliser l’événement. Monumental, jamais littéralement.

La traversée de l’univers de Katie Paterson (l’exposition s’inscrit dans le thème légèrement réducteur de « l’exploration ») est déstabilisante par son déséquilibre permanent, par son jeu autour des échelles. Le visiteur est tour à tour perdu dans l’immensité et face à l’infiniment petit. L’exposition s’envisage comme une représentation esthétique de l’univers où tout donne le sentiment d’être en contact direct avec le cosmos.

C’est notamment le cas de Candle (from Earth into a black hole), l’installation créée spécialement pour l’exposition. Dans une pièce très vaste (le FRAC prend soin de son chef-d’œuvre), une bougie allumée brille. Issue d’un important travail de recherche, cette bougie parfumée créée par un biochimiste dégage l’odeur qui émane de l’espace et des planètes, jusqu’au trou noir. Vingt-trois couches successives, vingt-trois associations d’odeurs proches de celles que pourraient dégager les différentes planètes. La stratosphère s’approche du géranium, l’espace du rhum et de la framboise et, pour mettre fin à cette valse enjouée des odeurs familières, le trou noir sans odeur, le néant. Ludique, poignant.

17 Katie Paterson, Candle (from Earth into a Black Hole), 2015, durée de consumation : 24 heures © photo : Blaise Adilon

Field of the Sky est une expérience esthétique et sentimentale, pendant laquelle se crée un lien direct et émouvant avec l’intangible. Les étoiles disparues, décédées même, tour à tour référencées sur une carte et à travers une série de lettres postales exposées les unes après les autres (avis de décès d’une étoile envoyé par l’artiste à un ami scientifique) sont matérialisées, ce qui semble éternel est éphémère, ce qui dure finit par mourir, tout simplement.

11Katie Paterson, Field of the Sky. Le Champ du Ciel, 2013, météorite fondue et remoulée © photo : Blaise Adilon.

Mais Field of the Sky est une œuvre, avant d’être le titre de l’exposition. Plus exactement une météorite, installée comme si elle venait tout juste de s’écraser avec douceur au deuxième étage du FRAC de Besançon. Retrouvée en Argentine, elle a voyagé pendant quatre milliards d’années. Moulée, fondue puis reversée dans le moule, sa forme se veut fidèle celle d’origine, toujours imprégnée de son histoire (à travers ses matériaux) et de l’espace qu’elle a traversé pour arriver ici, aux yeux de tous, sans barrière ni protection, juste ici, sur le sol.

confKatie Paterson, 100 Billion Suns, 2011, vue d’installation, Venise © photo : MJC.

Hasard de la visite, une explosion retentit, l’espace est perturbé, le piano lancinant passe au second plan. Dans la première salle de l’exposition, un canon à confettis a surpris son monde, même s’il était prévu, comme chaque jour, à 15h30. Cent milliards de soleils, une œuvre et une simulation d’explosions de rayon gamma pour briser l’atmosphère onirique d’un univers accessible aux sens. On réfléchit, on apprend, on admire. On s’y croirait.

KATIE PATERSON : FIELD OF THE SKY. LE CHAMP DU CIEL.

07/06/2015 > 18/10/2015

Frac Franche-Comté

BESANÇON

Field of the Sky est la première exposition monographique en France de la britannique Katie Paterson. Elle regroupe la plupart des œuvres ...

Exposition terminée
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