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L’Inca et le conquistador : l’histoire d’une rencontre en 7 objets

Magali Lesauvage 10 septembre 2015

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Au musée du quai Branly, l’exposition L’Inca et le conquistador (jusqu’au 20 septembre seulement) raconte l’histoire passionnante du choc de deux civilisations : l’empire inca, étendu le long de la cordillère des Andes, et l’Espagne de Charles Quint. L’occasion de revoir les trésors d’une civilisation mal connue en France. Récit en images.

Paul Coutan, Portrait de Francisco Pizarro, 1835, copie d’après un original du XVIIe siècle par Jean Mosnier, musée national des Châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles, France/Scala, Florence.

Figure emblématique du conquistador, Francisco Pizarro est avant tout un soldat. Il embarque pour l’Amérique en 1502, à l’âge de vingt-quatre ans, et participe notamment à la conquête de l’Amérique centrale, avant d’entamer vingt ans plus tard celle du Pérou, que l’on dit alors « gorgé d’or ». Pizarro s’est avant cela assuré l’appui de Charles Quint, impressionné par les objets incas qu’il lui rapporte. En 1532, il rencontre Atahualpa, le souverain inca, qui est immédiatement capturé. C’est le prélude à une invasion sans merci de l’empire. Pizarro amasse une immense fortune et devient gouverneur de la Nouvelle-Castille, et direct représentant du roi d’Espagne au Pérou. En 1541 il est assassiné par son ancien allié Diego de Almagro.

En 2004, la statue équestre de Francisco Pizarro est privée de son piédestal et déplacée de la grande place de Lima où elle siégeait depuis 1935. Signe d’une volonté politique de réécrire l’Histoire péruvienne, ou du moins d’atténuer l’importance d’un personnage devenu politiquement incorrect.

Anonyme, Portrait d’Atahualpa, Inca XIV, XIXe siècle, Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Perú, Lima.

Né autour de 1500 à Cuzco, Atahualpa participe dans sa jeunesse avec son père l’empereur Huayna Cápac à des campagnes militaires contre des rebelles, dans le nord de l’empire (l’actuel Equateur). Alors qu’il n’est pas le prince héritier, il parvient à prendre le pouvoir en écrasant les troupes de son frère. Malgré le paiement d’une rançon d’or monumentale, il sera fait prisonnier et tué par Pizarro en 1533.

Ce type de portrait de souverains incas, datant de la période coloniale et républicaine, était commandé par la noblesse indigène souhaitant renforcer leur statut en se plaçant dans la lignée des familles royales.

Quipu, Pérou, daté entre 1450 et 1532, Paris, musée du quai Branly, photo Patrick Gries, Bruno Descoings.

Parmi les objets au charme énigmatique exposés au Quai Branly, on retient ce quipu, assemblage de cordelettes de coton nouées et destinées à enregistrer des informations liées à la gestion quotidienne de l’empire inca. Nœuds, torsion des fils, couleurs constituent un véritable code, à ce jour pas totalement déchiffré.

Figurine masculine nue debout, Pérou, datée entre 1450 et 1532, Paris, musée du quai Branly, photo Patrick Gries, Valérie Torre.

Cette petite figurine masculine en argent et résines permet d’évoquer les orejones, surnom donné par les Espagnols aux « hommes à grandes oreilles », membres de l’élite inca. Ceux-ci se distinguaient par la déformation de leurs lobes d’oreilles, due au port de grands ornements (qu’on nommerait aujourd’hui « écarteurs »). Ces statuettes étaient déposées en offrande dans des sépultures ou des sites naturels sacrés (grottes, sources et montagnes).

Tunique masculine d’enfant uncu, Pérou, vers 1500, Museo Nacional de Arqueología, Antropología e Historia del Perú, Lima.

Autre signe distinctif des élites, le textile tient une place majeure dans la vie sociale des Andes. Symboles du statut social, les tissus sont portés, brûlés, sacrifiés comme des offrandes. Ainsi cette tunique d’enfant de haut rang, qui montre de manière stylisée têtes et bras coupés, évoque par ses motifs même la menace qui pèse sur quiconque contesterait le pouvoir royal.

Fronde, Pérou, vers 1450-1532, Paris, musée du quai Branly, photo Claude Germain.

Ce modeste mais élégant objet, une fronde en laine tissée, vient illustrer la défaite, hélas prévisible, des Incas face à la puissance de feu espagnole. Dans les années 1530, diverses rébellions contre les conquistadores prennent forme, notamment dans le nord de l’empire. Mais en 1537 l’empire inca est définitivement vaincu, cinq ans seulement après les premiers contacts avec les Espagnols de Pizarro.

Vase anthropomorphe, Paris, musée du quai Branly, photo Claude Germain.

Parmi les trésors présentés au musée du Quai Branly, ce vase anthropomorphe en terre cuite montre toute la saveur de l’art des anciens Incas, capables comme leurs prédécesseurs, les Mochicas du nord du Pérou, de synthétiser en peu de traits l’expression d’un visage et les rapports entre forme et fonction.

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