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Les musées ouverts 7 jours sur 7 : vraie ou fausse bonne idée ?

Marie-Charlotte Burat 10 septembre 2015

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Le président François Hollande a annoncé ce lundi 7 septembre que les musées du Louvre et d’Orsay, et le château de Versailles seraient ouverts 7 jours sur 7 à partir de cet automne, comme c’est le cas dans certains musées étrangers comme le British Museum à Londres ou le Metropolitan de New York. Leur jour de fermeture habituel sera désormais réservé aux groupes scolaires. On fait le point sur les aspects positifs et négatifs de cette initiative. 

77 T© Getty Image.

L’exposition Osiris, mystères engloutis d’Egypte a ouvert ses portes ce lundi 7 septembre, l’occasion pour le président de la République d’annoncer certaines nouvelles ambitions pour la culture dans les mois à venir. Il en avait fait le souhait déjà il y a plusieurs mois, lundi ce souhait est devenu réalité : trois grands musées nationaux d’Ile-de-France, le Louvre, Orsay et Versailles, resteront ouverts pendant leur jour habituel de fermeture pour accueillir des groupes scolaires. Une initiative pleine de promesse, directement ancrée dans la politique de démocratisation culturelle. Mais au-delà de la théorie, quelles sont les retombés d’un tel choix pour les visiteurs, les musées et leurs employés ?

Les pour

« Offrir à la jeunesse de France toutes les conditions pour apprendre, s’émerveiller et s’émouvoir ». Une déclaration du président qui a tout pour plaire. Loin d’être mirifique, la nouvelle mesure porte en elle les capacités de ses objectifs. Consacrer ces grands musées à l’éducation un jour par semaine donne une autre dimension aux visites scolaires habituelles. Pour les élèves, le fait d’être les maîtres des lieux pendant une journée devrait faire de cette visite un événement privilégié, plus qu’une sortie anecdotique au musée.

Finie la foule agglutinée devant la Joconde, les couloirs du Louvre s’ouvrent aux jeunes spectateurs comme une nouvelle aire de jeu culturelle. L’occasion d’admirer la Victoire de Samothrace, fraîchement rénovée et qui a repris place sur son trône de pierre. Une façon de rendre le jeune public plus attentif, plus concentré peut-être, grâce à l’absence de distraction environnante ou de bruits, et de faciliter la tâche du médiateur qui pourra plus aisément happer son auditoire, interagir avec lui.

Des avantages multiples qui vont permettre de décupler l’expérience esthétique des élèves. A la clé, on peut espérer voir s’accroître les sorties scolaires de ce type et familiariser les enfants comme les adolescents, publics particulièrement sévères, à l’univers muséal.

Du côté des autres visiteurs, on peut également espérer de meilleures conditions de visites dans la mesure où les groupes scolaires ne seront plus de la partie.

Les contre

Mais derrière ces belles paroles se cachent néanmoins quelques détails nébuleux. Pour les employés des musées et les syndicats, le constat est un peu moins enjoué. Dans leur ligne de mire, l’organisation et le rythme de travail. Ce changement de planning pourrait être en effet à l’origine d’un effet boule de neige. Le jour de fermeture est initialement le jour de « repos » pour un musée, comme pour une partie de ses employés. Un repos essentiel qui permet d’effectuer aussi bien des contrôles de routine, des examens pour les conservateurs, des déplacements d’œuvres ou des travaux de restauration. Sans ce congé hebdomadaire, les musées ne vont-ils pas se fatiguer plus vite ?

Une question qui n’a peut-être pas lieu d’être dans la mesure où ce jour n’est pas réellement vacant, mais permet aussi l’organisation d’événements privatisés (revenu non négligeable pour le musée comparé aux sorties scolaires) et d’opérations dédiées au mécénat. Les agents de surveillance et les médiateurs sont déjà amenés à travailler le jour de fermeture du musée. Mais si les événements liés au mécénat n’ont plus leur place la journée, vont-t-ils devoir avoir lieu le soir ? C’est là que l’organisation titube.

Plus de personnel nécessaire pour assurer ces tours de gardes, plus d’horaires à combler, et un budget, le nerf de la guerre, qui doit suivre. D’après le ministère de la Culture, l’opération devrait s’autofinancer grâce à l’augmentation attendue des recettes de ces musées − avec tout de même une réserve de la part de Fleur Pellerin qui appelle à la prudence sur ce détail. Si des meilleurs conditions pour les élèves sont souhaitables, il ne faudrait pas que cela se fasse aux dépens des conditions des salariés.

Notons par ailleurs que la fréquentation des musées hors période scolaire reste tout de même largement paisible à l’exception de quelques salles maîtresses, et que les groupes touristiques seront autant présents qu’auparavant.

Bilan

Si cette initiative étatique en faveur de la culture et de la jeunesse peut être accueillie de manière positive, espérons qu’elle ne défavorise pas le fonctionnement des musées et la vie de leurs personnels. Seule l’expérience des mois à venir permettra de savoir si cette mesure était justifiée.

 

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