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Beaux-Arts de Paris : l’artiste Jean-Marc Bustamante nommé directeur

Jéremy Billault 3 septembre 2015

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Deux mois après le départ forcé de Nicolas Bourriaud, l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris connait son nouveau directeur. Alors que le contexte politique faisait d’Eric de Chassey le grand favoris, c’est finalement Jean-Marc Bustamante qui a été choisi, marquant le retour d’un artiste à la tête de l’école des artistes.

Le feuilleton de l’été vient de connaître son ultime épisode : l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris sera finalement dirigée par l’artiste Jean-Marc Bustamante. Deux mois après l’éviction inattendue de Nicolas Bourriaud, à laquelle ont fait suite révélations et polémiques, le ministère de la Culture a décidé de recentrer la trajectoire de l’Ensba sur le projet d’un artiste et d’une école faite par les artistes et pour les artistes.

Enseignant depuis 1998 à l’école, Jean-Marc Bustamante peut-être considéré comme un grand nom. A 63 ans, celui que l’on pensait plutôt proche de la retraite a représenté  la France à la Biennale de Venise en 2003, fut directeur du Printemps de Septembre (désormais aux mains de Christian Bernard) en 2014 et 2015. L’idée de cette candidature n’est pas neuve, l’artiste avait déjà présenté son projet en 2011. Autre temps, autre ministre et autre contexte.

Seul nuage dans l’éclaircie artistique que représente la nomination de Jean-Marc Bustamante à l’Ensba : une réputation de misogyne colle à la peau de l’homme depuis un entretien de 2006 avec Xavier Veilhan et la conservatrice Christine Macel, publié dans le catalogue de l’exposition Dionysiac au Centre Pompidou. Dans l’entretien en question, quelques perles que l’artiste regrette aujourd’hui : « Oui, l’homme a besoin de conquérir des territoires, la femme trouve son territoire et elle y reste… Les femmes cherchent un homme, un homme veut toutes les femmes. La femme, dès qu’elle a trouvé son territoire, elle y reste… Les hommes sont toujours dans la recherche de territoires vierges »Tollé médiatique, chroniques assassines, espérons que cette triste anecdote lui aura servi de leçon.

Gala Evening Societe Des Amis Du Musee National D'Art Moderne (Friends Of The National Museum Of Modern Art) At The Centre Pompidou In Paris

Jean-Marc Bustamante en 2008 au Centre Pompidou. Photo : Bertrand Rindoff Petroff/Getty Images.

House of Cards

Si la légitimité de Jean-Marc Bustamante n’est pas à prouver, le choix de la rue de Valois reste tout de même une surprise. Seul candidat ignoré dans notre inventaire des candidatures (c’est dire), l’artiste a été nommé à un poste que l’on pensait réservé à un autre, en l’occurrence à Eric de Chassey.

Après le soudain renvoi de Nicolas Bourriaud en juillet dernier (lequel a été suivi d’un vaste mouvement de protestation, notamment de  la part des étudiants), le Canard Enchaîné a soupçonné des manœuvres politiques peu glorieuses. Peu argumentée, selon le directeur limogé, l’annonce aurait motivée par la volonté de Julie Gayet, compagne de François Hollande, de voir son ami Eric de Chassey, directeur sur le départ de la Villa Médicis, prendre le poste à l’Ensba. Pour contrer la rumeur, un appel à candidatures a été lancé, dans lequel figure évidemment celle d’Eric de Chassey. Dépassé par l’ampleur que pourrait prendre une nomination peu discrète ou, espérons-le, convaincu par Jean-Marc Bustamante, le jury a dévoilé sa décision à la surprise générale, même si elle n’a peut-être été motivée que par la volonté d’échapper à une tempête médiatique.

Mais la valse de la culture ne s’arrête pas là. Alors que du côté de la Villa Médicis on milite pour le maintien d’Eric de Chassey à la direction, c’est Muriel Mayette qui, dans l’incompréhension générale,le remplacera. Là encore, il ne s’agirait pas d’un hasard. « Au ministère, explique le Journal des arts, des responsables assurent que l’initiative vient du Premier Ministre, qui aurait voulu complaire à son ami, Gérard Holtz, lequel a épousé Muriel Mayette. » Le journaliste sportif a immédiatement démenti. Quelques heures à peine après l’annonce de la nomination de Jean-Marc Bustamante, l’arrivée de Muriel Mayette à Rome était officielle. Alors que le ministère de la Culture n’aurait pas assumé jusqu’au bout son choix orienté, Matignon n’a pas hésité.

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