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Syrie : quels sont les principaux monuments détruits par Daesh ?

Jéremy Billault 2 septembre 2015

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Le patrimoine syrien n’en finit pas de souffrir. Selon un rapport de l’ONU, près de 300 trésors archéologiques ont été touchés depuis l’arrivée dans le pays de l’organisation terroriste dite « Etat Islamique » (ou Daesh). Sous le prétexte d’une idolâtrie qu’ils jugent intolérable, les djihadistes détruisent, écrasent, anéantissent un patrimoine désormais universel. Retour en détails sur quelques-uns des trésors détruits par la bêtise et la cruauté.

Le temple de Baal, Palmyre

Consacré au dieu Baal, divinité que les diverses régions et religions se sont approprié de multiples façons, le temple était considéré comme le plus beau, le plus important et le mieux conservé des édifices de la cité antique de Palmyre sous domination romaine. Erigé au Ier siècle (32 ap. J.-C.), le monument, généralement désigné comme « le premier temple de Baal » se distingue par ses façades de style gréco-romain (influencées par l’arrivée récente de Pompée et son empire en 63 av. J.-C.) et par son plan, typique des temples du Moyen-Orient. Converti ensuite en lieu de culte chrétien, le temple de Baal a subi plusieurs légères modifications mais avait jusqu’alors conservé sa structure globale.

Syria - Palmyra. Ancient Palmyra. UNESCO World Heritage List, 1980. Temple of Bel, AD 1st-2nd century

Le temple de Baal avant sa destruction ©  C. Sappa/Getty Images

« Il allie de manière unique l’art oriental et l’art gréco-romain. Il possède encore tous les attributs du temple antique : l’autel, le bassin, les colonnes. Avec Baalbeck au Liban, c’est le plus beau temple du Moyen-Orient », note M. Abdulkarim, directeur des antiquités et du patrimoine en Syrie. Le 28 août dernier, Daesh a annoncé avoir détruit le temple à coups d’explosifs. Deux jours plus tard, des photos satellites prises par l’Institut des Nations unies pour la formation et la recherche (Unitar) confirment la rumeur tragique : la structure centrale a disparu, seule subsiste l’enceinte qui l’entourait. 

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A gauche, le temple de Baal avant sa destruction le 27 août. A droite, le temple détruit, le 31 août © Unitar-Unosat.

Le temple de Baalshamin, Palmyre

Parfois confondu avec son illustre voisin, le temple de Baalshamin, plus ancien de quelques années (construit en 23 ap. J.-C.) est lui aussi marqué par l’influence romaine (son sanctuaire et ses murs seront embellis par l’empereur Hadrien, apparemment coutumier du fait). C’est en 1751, grâce à une expédition menée par l’Anglais Robert Woods qui vise à définir avec précision la nature des vestiges de la ville antique de Palmyre, que le temple de Baalshamin a construit sa réputation. A cette occasion, Woods produit la première représentation du temple sur une gravure et permet de définir avec exactitude son emplacement au sein des vestiges.

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Le temple de Baalshamin avant d’être détruit par l’Etat Islamique © Bernard Gagnon/Wikipedia

Le 23 août 2015, soit une semaine avant le temple de Baal, Baalshamin est détruit par l’Etat Islamique. Via le même procédé, l’Unitar n’a pu que constater l’ampleur des dégâts et la destruction du bâtiment principal, même si les colonnes qui l’entourent semblent, elles, moins affectées.

Le monastère chrétien de Mar Elian,  Al-Qaryatayn

Situé dans le désert syrien, à équidistance entre Homs, Damas et Palmyre, le Deir Mar Elian el-Cheikh (ou monastère de Mar Elian, en français monastère de Saint-Julien l’Ancien) fut érigé au Vème siècle et sera presque totalement abandonné au XVIIIème. Pour les chrétiens comme pour les musulmans venus quérir l’intercession du saint en espérant une guérison miraculeuse, le monastère restera malgré tout un lieu de prières et de dévotion. Depuis 1991, le père Jacques Morand, prêtre du monastère, y accueille les réfugiés et coordonne les aides apportées sur place.

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Le monastère de Mar Elian © Assyrian International News Agency.

Le 21 août, l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) rapporte que le monastère a été rasé. Après avoir capturé le père Morand, Daesh s’est attaqué à l’établissement à grands coups de bulldozers dans une mise en scène filmée et publiée sur le web.

Le Lion de Palmyre

Plus de trois mètres de haut, quinze tonnes : à l’entrée du musée de Palmyre, le lion du temple d’Al-Lât était le symbole d’une ville dont les richesses tombent les unes après les autres. Protégée tant que possible lors de l’assaut de l’Etat Islamique en mai, la statue en calcaire finira par être détruite, victime d’un acharnement imprévisible. Mise en scène, encore, la destruction du Lion le montre pliant sous le choc des marteaux d’individus qui, dans la foulée, s’attaqueront à une dizaine d’autres statues, transportées vers Alep par un trafiquant.

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Le Lion de Palmyre © Marco Paolo Giuliano/Wikipedia.

Découverte en 1977 dans le temple d’Al-Lât, la statue du lion a pu être datée du premier siècle avant notre ère grâce à une dédicace. Attribué à la déesse Al-Lât, déesse préislamique assimilée quelques siècles plus tard par les Romains à Minerve, le lion protège entre ses pattes un oryx d’Arabie. Le culte de la déesse Al-Lât, protectrice des animaux et déesse de la fécondité, perdurera jusqu’à un affrontement avec Mahomet qui ordonna la destruction de son temple.

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