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Karl Waldmann : faux dadaïste ou véritable projet d’art contemporain ?

Marie-Charlotte Burat 1 septembre 2015

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L’artiste germano-russe Karl Waldmann reste un mystère entre mythe et réalité. L’histoire raconte que son œuvre fut découverte en 1989, révélant au monde entier un protagoniste du constructivisme et du dadaïsme. Mais aujourd’hui l’existence de Karl Waldmann est remise en question. Sous son identité, les hypothèses se bousculent : gang criminel ou projet fictionnel d’art contemporain ? Eléments de réponses en images.

Karl Waldmann T5Karl Waldmann © Musée Karl Waldmann.

Découverts par hasard par un journaliste français sur un marché aux puces berlinois, peu de temps après la chute du Mur, les collages et photomontages de Karl Waldmann firent sensation. L’artiste se retrouva très vite propulsé dans les musées, galeries et ventes aux enchères…

Un nouveau Dada

Et si Karl Waldmann n’avait jamais existé ? L’engouement qui entoure cette trouvaille artistique s’étiole rapidement. Les incohérences se multiplient et la littérature de l’histoire de l’art ne fait aucune mention de son nom. Il existe pourtant un musée Karl Waldmann, sous la forme d’une institution virtuelle qui n’a de substance que sur Internet. Ses membres défendent pourtant corps et âme l’œuvre de l’artiste, expliquant que leurs recherches leur permettent de définir plus clairement le profil du maître dada.

news_32712_0 T4Karl Waldmann © Musée Karl Waldmann.

Plus de 1200 œuvres auraient été réalisées par Karl Waldmann, entre 1930 et 1958, révélant plusieurs périodes de l’artiste. Plutôt abstrait dans sa jeunesse, puis constructiviste et dadaïste, l’artiste se serait découvert également des élans surréalistes à la fin de sa vie. D’après les membres du site qui lui est dédié, le fait que Karl Waldmann n’ait laissé aucune trace de son vivant s’explique par le contexte de la guerre et l’insécurité liée à l’occupation nazie puis la censure stalinienne. Des motifs personnels, existentiels ou politiques soutiennent également cette théorie.

kunstmarkt T2Karl Waldmann © Musée Karl Waldmann.

Faussaire de génie ou faux airs d’artiste ?

Cette histoire, beaucoup y ont cru, notamment la Kunsthaus de Dresde, ville où serait né Karl Waldmann, auquel le musée allemand a consacré une exposition. Si aujourd’hui ses responsables consentent à croire à un faux Karl Waldmann, cette démarche tant aboutie reste pour eux la marque d’un réel projet artistique. Un concept fictionnel d’art contemporain, à la manière d’un story telling, qui aurait alors dépassé toutes les espérances.

T 6Karl Waldmann © Musée Karl Waldmann.

Pour la police de Berlin, il est temps d’éclaircir cette affaire, aux dépens des Allemands qui se félicitaient de la découverte d’un artiste d’une telle envergure. D’après le site artnet.com, une enquête a été ouverte suite à une plainte pénale émise par un marchand d’art qui mettait en doute l’authenticité d’une œuvre de Karl Waldmann. A l’origine de cette réécriture de l’histoire de l’art se cacherait, d’après la police fédérale de Berlin, un gang criminel qui aurait tissé de toute pièce l’anecdote du marché aux puces et aurait directement envoyé les œuvres aux maisons de ventes aux enchères.

Une affaire digne d’un bon polar, donc. Polar, c’est aussi (par le plus incongru des hasards) le nom du galeriste belge qui représente l’œuvre de Karl Waldmann et participe également au musée virtuel. Ce dernier soutient désormais le fait qu’il s’agisse bien d’un faux dadaïste. Ce premier débat étant résolu, des questions demeurent : quel(s) individu(s) se cache(nt) derrière Karl Waldmann et quand son « œuvre » a-t-elle vu le jour ? Affaire à suivre.

 

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